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Festival d'Avignon

30 juin 2008 1 30 /06 /juin /2008 20:05
STURM UND DRANG A L’OPERA !

Depuis 2001, l’Opéra en Plein Air est devenu un des évènements incontournables de la saison grâce à l’initiative de mécènes et au choix judicieux porté sur des grands classiques du répertoire lyrique. Pour sa huitième édition, Les Contes d’Hoffmann ont été retenus. Beau challenge pour Julie Depardieu qui a collaboré à la mise en scène avec le chevronné Stephan Druet. Une version qui remet au goût du jour cette allégorie tourmentée sur l’Amour du génie Offenbach.

Inspiré de trois contes écrits par le précurseur du romantisme allemand Hoffmann, Offenbach réunit dans ces « Contes… » trois figures féminines, Olympia, Antonia et Guilietta, symbolisant un seul amour : Stella. Tout commence dans une taverne, où Hoffmann, encouragé par le bon vin et la poésie, jure de renoncer aux plaisirs terrestres pour se consacrer à cet art. Mais il tombe amoureux de Stella, la chanteuse d’opéra. Avant de se rendre à un rendez-vous galant avec la belle, il raconte trois histoires d’amours malheureuses à ses compagnons de boisson. Dès lors, Hoffmann, le déraisonnable, le soupirant, le rêveur, nous entraîne dans un triptyque mêlant ces trois figures féminines qui lui feront subir les affres de la passion. Trois histoires, trois rêves, où le Mal et la Mort rodent…

Embarquer dans l’univers d’Offenbach n’est pas chose aisée. Auteur de La vie Parisienne, une de ses œuvres les plus réussies, l’indétrônable adepte de songes farfelus, vacillant entre jovialité donnant envie de trinquer en criant « Prost ! » ou de s’enfoncer dans les brumeuses chimères de la mélancolie, nous donne du fil à retorde dans Les Contes d’Hoffmann à la symbolique forte. Il faut préciser qu’Offenbach, malgré ses airs débonnaires, plaçait l’Art au dessus de tout. Le choix ne se discutait pas. Telle est la philosophie qu’il nous démontre dans cet opéra en trois actes. Alors, il va falloir s’accrocher doublement. D’abord, si vous n’êtes pas en première catégorie, à vos jumelles, et aussi, à votre siège. Car, le spectacle en plein air réserve bien des surprises. Enlevés par une superbe mise en scène classique et foisonnante de couleurs féériques rappelant la grotte en carton-pâte de Louis II de Bavière, les Contes d’Hoffmann sont d’abord un régal pour les yeux, notamment grâce aux costumes époustouflants de Franck Sorbier que l’on aurait aimé apprécier à leur juste valeur, tant la distance spectateurs/scène est un obstacle à la beauté et à la compréhension de l’opéra.

L’Opéra en plein air, un pari sur la comète

Oh oui, ces contes, quelle aventure ! Une fois le soleil tombé, un vent à décorner tous les perruqués de la terre, s’abat dangereusement sur les gradins les plus exposés. Et les voix d’Agnès Amati, interprète des trois dulcinées, et de Niclas Oettermann, alias Hoffmann, sont malheureusement emportées par une brise aussi glaciale que malencontreuse. Face à tant de beauté, le public frissonne, tendant l’oreille vers la scène en contrebas, tentant de saisir les paroles. L’opéra en plein air n’a pas la qualité acoustique d’un théâtre clos. Mais le public s’accroche. Il faut dire que sur scène, la danse mécanique de la poupée Olympia est divine, la valse folle entre elle et Hoffmann l’illuminé est magnifique. Mais hélas, le temps passe et le zéphyr aussi. Et, au second tableau où le romantisme atteint son paroxysme, ce malin zéphyr qui fait tomber des éléments du décor. Et, le rire nerveux de l’assemblée, dû à une certaine hystérie causée par le froid et les problèmes d’acoustique, explose au moment où un airbus vient fendre le ciel d’un vrombissement impertinent. Imperturbable, Venise continue de chanter, tandis que le public se gondole. Et le calvaire d’Hoffman s’achève dans un écho cataclysmique : « On est grand par l'amour et plus grand par les pleurs. »

Et nous de pleurer ce chef-d’œuvre volé par un Eole par trop zélé ce soir-là.

                                      Marie-Pierre CREON (PARIS)

Les Contes d’Hoffmann. Le 5 juillet 2008 à la Cité de Carcassonne, 21h30. Les 5 et 6 Septembre 2008 au Château d’Haroué, 21h. Les 11, 12, 13 et 14 Septembre 2008 au Château de Vaux-le-Vicomte, 21h.
Tarifs : 79 à 46 euros selon la catégorie.
Renseignements ou au 0 892 707 920

Contes d’Hoffman de Jacques Offenbach (1881), livret de Jules Barbier
Interprétation: Avec en alternance Agnès Amati/ Mazuko Yasuda et Daniel Galvez Vallejo et Niclas Oetermann.
Direction musicale : Philippe Hui
Mise en scène : Julie Depardieu et Stephan Druet
Lumière: Emmanuel Wetischek
Costumes: Franck Sorbier
Décors : Guy-Claude François.

















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Published by Marie-Pierre CREON - dans À Paris 2007-08
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