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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

1 juillet 2008 2 01 /07 /juillet /2008 22:38
UN CAFÉ BIEN FRAPPÉ

Huis clos corsé de lendemain de fêtes qui prolonge la nuit blanche autour d’un café noir…

Philippe a décidé de réunir tous ses amis pour fêter ses trente ans dans une salle des fêtes. Les derniers courageux restent pour remettre de l’ordre dans le chaos d’une nuit agitée. Alex, un brin psycho-rigide  affiche son bouquet de névroses de l’organisation et de la discipline, et s'applique consciencieusement à sa compulsion de nettoyage pendant que sa belle-sœur Martha survole la poussière en toute insouciance. L'ambiance est électrique  entre ces deux caractères aux antipodes et ce n’est pas Vincent, le mari d’Alex et frère de Martha ou Antoine, un ami, qui risque de temporiser. Les tensions doublées de fatigue du petit matin poussent aux mots malheureux et aux accros d’ego.


Et l’arrivée d’une invitée surprise ne va pas arranger la donne. Louise va réveiller les vieilles douleurs du passé que tout le monde croyait enfouies et va bouleverser le canevas des vies bien ficelées. Une pause café s’impose pour apaiser les esprits et y voir plus clair. Et quand le café est corsé, les personnages sont remontés et les dialogues au taquet…

Avec trois sucres et un peu de lait

Cinq personnages se retrouvent bloqués dans une pièce redorant le vieil adage de « L'Enfer c'est les autres ». Chaque personnalité se révèle habilement au cours de l'intrigue et évolue dans le temps de l'action. Pas de portraits caricaturaux malgré l'utilisation de ressorts comiques du café théâtre. Le travail de la peinture psychologique a joué avec le pointillisme pour nous laisser entrevoir le prisme de la nature humaine. Les grosses ficelles du comique fonctionnent pour mettre un peu de sucre dans le café. Les tics de langage d'Alex sont des clins d'yeux au public qui se régale de ses manies de bourgeoise endimanchée.
La nonchalance un  tantinet baba cool de Martha partant au bout du monde, un sac à dos dans une main, l'espoir dans une autre, crée un contraste harmonieux qui équilibre les énergies.
Le personnage un peu falot de Vincent s'affirme au fil du jeu et se renforce grâce à la présence de Louise qui sert de contrepoids à la pièce.
Antoine apporte un regard naïf à la limite du benêt qui insuffle aux dialogues une bonne bouffée d'humour.

La mise en scène simple et précise laisse la place à chacun des personnages sans étouffer les autres. Le comique se mêle à un ton doux amer où le café devient philosophique, égrenant une réflexion sur le temps qui passe, les idéaux de la jeunesse qui se heurte à la réalité de la vie. Je m'occupe du café est une première pièce drôle et intelligente, un savant mélange de comédie pimenté de grains de gravité...

Ange LISE (Paris)

Je m’occupe du café
De Nathalie Albar et Florence Lavergne
Mise en scène par Nathalie Albar
Avec Louise Boudevin, Mallory Casas-Parramon, Jean-Sébastien Chevassu, Florence Lavergne, Emanuela Pacini
Au théâtre de l’Essaion, 6, rue Pierre-au-Lard,   75004  Paris
Du mardi au samedi à 21h30 jusqu’au 26 juillet
Réservations : 01 42 78 46 42


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Published by Ange LISE - dans À Paris 2007-08
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commentaires

sophie camache 16/07/2008 14:55

Ce qui trouble c'est qu'on sort du théatre avec le sentiment d'avoir oublié qu'on était rentré dans un théatre. Le réalisme est travaillé jusque dans les moindres détails. Tout est juste: chaque mimique, chaque geste, chaque regard, chaque réaction. Ces personnages, on les connait. Ils sont nous, comme nous.Sous un aspect fluide et simple qui creuse à l'endroit le plus simple de la vie, on devine un travail d'une infinie précision. Et il en va du théatre comme de tout autre forme d'art: on sait combien la simplicité, l'unité est une chose infiniment complexe à restituer. C'est ici, extrèmement bien réussi.Il y a une unité dans le jeu des comédiens. Justement dans ce travail de précision qui ne repose pas uniquement sur le charisme des uns ou des autres, comme c'est souvent le cas au théatre. Ici chaque personnage existe sans "bouffer" l'autre et participe d'un même univers.Bien sûr et c'est un des atouts majeurs de cette pièce: du texte. Un vrai texte d'une étonnante acuité mais qui loin d'être prétentieux se distille par petite touche d'humour et de sourire. Un texte qui parvient à nous emmener à notre insu vers une pensée évidente et profonde...mine de rien. Une grande cohérence dans le propos et la pensée. L'art du détail. Le tout servi par des comédiens chacun à leur exacte place dans leur personnage.Et puis du rire. Juste comme il faut. Juste ce qu'il faut. Du beau théatre.

Chronique Fraîche