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Festival d'Avignon

2 juillet 2008 3 02 /07 /juillet /2008 00:10
Spectacle vu dans la saison 2007/2008 par notre équipe de Bruxelles.

Pendant Avignon 2008 au Théâtre des Doms à 14h00.

UN TRIPTYQUE ASSASSIN

L’omniprésente violence dans nos sociétés prétendument civilisées pose de multiples questions. Comme Edward Bond, Neil LaBute est interpellé par le spectacle des meurtriers et des assassins que les médias ne cessent de mettre en images  avant de les donner en pâture aux téléphages, aux passionnés de jeux vidéo et autres boulimiques de cinéma d’action.


Il s’avère de plus en plus que les tueurs racontent leurs exploits avec une sorte d’indifférence, avec une presque bonne conscience d’avoir agi à cause d’un devoir conditionné à l’intérieur par une idéologie inculquée ou suite à la nécessité économique imposée de l’extérieur par les circonstances de la vie. Cet état d’esprit s’est largement développé depuis les massacres nazis et autres  tyrannies germées des fascismes de gauche ou de droite. Il s’étend désormais à tous les fanatismes issus de doctrines religieuses, sectaires ou non. Il règne chez la plupart des prédateurs en série.


Le triptyque de LaBute met sur scène des crimes mortels. « Iphigenia à Orem », c’est un infanticide commis par un père, missionnaire d’une quelconque Eglise évangéliste et   soucieux de conserver un poste salarié dans une multinationale qui dégraisse ses effectifs. « Une Harde de saints », c’est l’incident sanglant au cœur d’une fête amicale qui amène quelques jeunes gens à lyncher un homosexuel considéré comme un déviant moral. Enfin, « Medea Redux » explique de quelle manière, une fois devenue adulte, une jeune fille mise enceinte par un des ses profs et abandonnée par la suite, met fin à la bonne conscience du séducteur vivant dans la sérénité béate de n’avoir jamais été dénoncé par sa victime.

Une morale désincarnée

Après sa prestation dans « Délires »*, Fabrice Rodriguez distille, avec un détachement qui en renforce l’horreur, le monologue du jeune cadre se confessant pour expliquer que son geste était inéluctable vu le fonctionnement de l’économie. Edwige Baily est la fiancée insupportable engluée dans les clichés de la superficialité consommatrice de plaisirs tandis que Bruno Mullenaerts incarne le petit étudiant aseptisé et christianisé à outrance qui explose soudain de haine avec la bénédiction des ses croyances prosélytiques.  Quant à Lara Persain, elle donne un assaisonnement de pathétique à sa mère célibataire noyant un fils dont le père n’a d’amour que pour soi-même.

La mise en scène de René Georges (adaptateur du téléfilm de LaBute) parie essentiellement sur les interprètes. Il leur fait narrer l’insoutenable avec une distance effarante tandis qu’en guise de décor se projette les photos de Xavier Istasse, paysage de la banalité urbaine des USA. Il nous interpelle à propos de la conscience humaine, de la minceur des valeurs morales par défaut de foi personnelle ou de leur obscurcissement par manque d’esprit critique. Un constat qui recadre efficacement les effets spectaculaires des petit et grand écrans, où l’artifice efface la réflexion humaniste.

Michel VOITURIER  (Bruxelles)

Bash, latterday plays
Texte : Neil LaBute
Adaptation et mise en scène : René Georges
Distribution : Edwige Baily, Bruno Mulleneaerts, Lara Persain, Fabrice Rodriguez
Décor photographique : Xavier Istace
Musique : Billie Holiday

Production : XK Theater Group / ZUT Théâtre / Théâtre Jardin Passion

À la fabrique de Théâtre (La Bouverie) le 17 novembre.
Tournée estivale en France cet été (lieux et dates à déterminer) (voir http://xktheatergroup.be/ )

* Voir la chronique parue dans Rue du Théâtre le 1 novembre 2007

Photo © Pierre Bodson

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Published by Michel VOITURIER - dans Festival Off 2008
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