Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Retrouvez nos critiques théâtrales sur :
Les informations sur nos cours d'improvisation théâtrale à Paris :

Musarder



Inscrivez-vous
au Club des abonnés (gratuit)




Découvrez nos cours d'improvisation théâtrale

Tous niveaux - 7e année

Les inscriptions sont ouvertes pour les cours d'improvisation à Paris qui débutent en septembre. Au choix, en français ou en anglais.



Nouveau !

Rejoignez notre cours d'impro en anglais :



Coaching prise de parole

           

Mois Après Mois

Festival d'Avignon

2 juillet 2008 3 02 /07 /juillet /2008 00:14
Spectacle vu par notre équipe à Bruxelles dans la saison 2007/2008.
Avignon 2008 : au théâtre des Doms à 18h30.


DEVENIR SOI MALGRÉ TOUT

Lorsque Souffian El Boubsi entame son seul-en-scène, on se dit qu’il va nous parler de lui et de son enfance d’immigré. Comme Sam Touzani dans « Liberté, égalité, sexualité » ou comme Mohamed Barri dans « Lost cactus » dont les propos sont enracinés dans l’autobiographique. Contrairement aux apparences, le propos est tout autre.


Bien sûr, cela commence par le côté révolté de l’ado qui se voit maltraité et méprisé par un père autoritaire, rigoriste, violent, injuste ; écrasé par un frère préféré et considéré comme plus intelligent que lui. Bien sûr, cela se traduit par un comportement agressif, provocateur, intransigeant qui marque un repli sur soi et une sorte de haine latente d’autrui. Et, lorsque le monologue semble tracer un portrait acide de ceux qui apparaissent comme des représentants de l’intégrisme obtus, on se réjouit de l’audace du jeune comédien auteur.

monde-presque-parfait--c--Sara-Tant.JPG
Il n’est bien entendu pas commode pour un musulman de culture de prendre de front un obscurantisme dont les manipulations ont créé des extrémistes aveugles. Alors, Soufian prend le biais du conte initiatique traditionnel pour embarquer son public de jeunes vers les fantasmes de liberté, de réussite sociale et d’amour partagé qui animent chacun, tout en laissant en arrière-plan la présence malsaine des instigateurs terroristes.

Retour sur soi

Il déploie une verve intarissable. Il se livre à une véritable performance orale et corporelle qui tient davantage d’un marathon oral que d’une conférence didactique. Le recours au légendaire illustre sa démonstration qu’avant de parvenir à se connaître soi-même, à s’assumer et à être capable d’aller vers les autres, de les accepter afin qu’ils vous acceptent à leur tour, il faut dépasser la forfanterie de celui qui prétend ne jamais connaître la peur.

Sans doute le langage de l’interprète s’embarrasse-t-il un peu trop de redondances systématiques dans le domaine de ce que les linguistes appellent le phatique, constitué par des tics de langue ou des rappels incessants à l’écoute. Mais le ton direct convainc. Les ados auxquels s’adresse en priorité ce spectacle se retrouveront dans le phrasé, le timbre de voix, le déplacement des accents toniques, le vocabulaire. Ils trouveront peut-être aussi l’envie d’un retour sur soi en vue de dépasser les blocages superficiels mais tenaces, entretenus sciemment par la société, pour séparer les générations et les classes.

Michel VOITURIER

Présenté aux Rencontres du Théâtre Jeune Public de Huy le 20 août 2007

Texte et interprétation : Soufian El Boubsi 
Mise en scène : Hamadi

Production : Théâtre du Public (Écaussinnes)

Durée : 1h10
Public : 14-16 ans

Photo © Sara Tant

Partager cet article

Repost 0
Published by Michel VOITURIER - dans Festival Off 2008
commenter cet article

commentaires

Chronique Fraîche