Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Retrouvez nos critiques théâtrales sur :
Les informations sur nos cours d'improvisation théâtrale à Paris :

Musarder



Inscrivez-vous
au Club des abonnés (gratuit)




Découvrez nos cours d'improvisation théâtrale

Tous niveaux - 7e année

Les inscriptions sont ouvertes pour les cours d'improvisation à Paris qui débutent en septembre. Au choix, en français ou en anglais.



Nouveau !

Rejoignez notre cours d'impro en anglais :



Coaching prise de parole

           

Mois Après Mois

Festival d'Avignon

2 juillet 2008 3 02 /07 /juillet /2008 09:50
UNE HORRIBLE FAMILLE

En Russe, Semianyki désigne la famille et il faut reconnaître que certaines ont vraiment quelque chose de particulier. La troupe Teatr Licedei de Saint Petersbourg est venue au Printemps des Comédiens pour en dresser un tableau. 

Impossible de ne pas rire devant ce truculent contexte familial au combien porteur d’une esthétique singulière et de surcroît libéré de toute parole. Car c’est de mime, de mimiques, de roulement de croupe, de mouvements d’yeux dont il sera ici question. De ses clins d’œil intimes incarnés par une mère enceinte jusqu’au cou à cette indifférence maritale empreinte d’une invraisemblable lâcheté, c’est une famille de dingues qui nous a été présentée. Car là, il faut l’avouer le trait est quand même un peu forcé sur la caricature. 



Cette famille singulièrement rude, affublée de trois enfants, et d’un quatrième à naître, vit des moments chargés d’enjeux. La fuite et l’alcoolisme du père, la lutte de la mère pour donner au groupe sa cohésion, l’arrivée d’un nouveau né sont des moments porteurs de conflits. Plantés au milieu d’un décor pour le moins surréaliste, une pendule dont les aiguilles sont des jambes de poupées, des jouets mutilés posés ça et là sur le devant de la scène, soulignent l’incontestable cruauté de l’être à la façon d’un certain « Chien andalou » de Bunuel.

De situations de crises en atmosphères troublantes, c’est une lutte pour le pouvoir qui s’instaure finalement. L’existence a ceci de particulier qu’elle offre à chacun de saisir sa place dans l’ordre des choses. S’en suivent des moments qui conjuguent cocasserie, ironie, et trivialité avec un humour à décaper la bêtise du monde. Voilà qui brise la barrière entre les comédiens et le public seulement dans la modulation du mouvement avec un grotesque et un tragi-comique débordant de vitalité.

L’énergie se déploie ici à grandes enjambées pour s’approprier l’ensemble de l’espace théâtral. Elle le dépasse même pour traverser le public de sa dérision. L’imagination suit le même chemin pour rencontrer parfois de drôles de vampires des ténèbres tout droit issus de l’histoire de la filiation. Telles des poupées désarticulées, les figures clownesques que l’on peut tenter de rapprocher de l’univers du peintre Chagall, bondissent dans l’espace de l’observateur. Autant dire par là qu’elles traversent la scène.

Une joyeuse pantomime

Le jeu des acteurs ouvre la porte d’un monde sensible et insensé mais au combien intelligent. Et, comme une toile à plans multiples, la pièce séduit par son aspect hors des marges. La présence d’un piano défoncé comme lieu de passage des membres de la famille semble être une autre piste de lecture donnée aux personnages pour se faire comprendre.

Il faut reconnaître la marque de l’absurde, notamment dans les jeux avec le public qui ne semblent pas avoir de relations directes avec le contexte mais portent à rire. Un peu comme ses moments impromptus, ces quiproquos ou ses trahisons qui se vivent en famille. Dans cette fresque sociale sans dessus dessous se dessine un langage inimitable mais pourtant accessible à tous. Il est aussi simple qu’attachant. Un déconstruit qui désintègre et surplombe à la fois la réalité même.

Christelle ZAMORA (Montpellier)


Vu au Printemps des Comédiens
Les  24, 25, et 26 juin 2008

Création collective de la troupe du Teatr Licedei
Direction de l’académie de clown : Anna Orlova, Anvar Libabov
Directeur de la troupe et scénographie : Boris Petrushansky
Doyen de l’académie de clown : Victor Soloviev
Manager : Valery Mineev
Lumières : Valery Brusilovskiy
Son : Sergey Ivanov
Plateau : Nikolay Orlov et Murad Kutuev
Costumes : Anna Mamontova
Interprètes : Valery Hamidou et Raphaëlle Brui
Avec : Olga Eliseeva, Alexander Gusarov, Marina Makhaeva,
Yulia Sergeeva, Kasyan Ryvkin,
Elena Sadkova

Partager cet article

Repost 0
Published by Christelle ZAMORA - dans En Région 2007-08
commenter cet article

commentaires

Chronique Fraîche