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Festival d'Avignon

5 juillet 2008 6 05 /07 /juillet /2008 12:32
EPOPEE INTIMISTE

Petit bijou de poème épique écrit et interprété par David Lescot, La Commission centrale de l'enfance narre de singulières colonies de vacances aujourd'hui disparues. Une tranche d'histoire de l'internationale judaïque racontée sous la forme d'un cabaret intimiste, court et efficace.

La Commission centrale de l'enfance, spectacle accueilli à la Maison de la poésie a un intitulé n'ayant, en soi, rien de séduisant. Cette commission n'évoque d'ailleurs pour la plupart d'entre nous rien, si ce n'est une vague institution à visée éducative. Il s'agit pourtant de beaucoup plus que cela. L'organe, fondé par des juifs communistes à la libération en 1945 est une émanation de l'Union des Juifs pour la Résistance et l'Entraide (UJRE). Et cette commission a eu entre autres objectifs ceux de récupérer les enfants cachés durant la guerre, d'offrir un foyer aux orphelins et d'aider les familles juives démembrées à éduquer leurs enfants en dehors des périodes scolaires. Essayer, en gros, de retisser des liens au sein d'une communauté décimée et traumatisée. La commission va continuer ses activités jusqu'en 1988, et si la structure accueille à ses débuts essentiellement des communistes, les dernières années les participants sont plutôt non communistes. L'institution, subissant de plein fouet les évolutions politiques et la disparition des idéaux communistes resserrera ses activités au fil du délitement du militantisme.



David Lescot, comme son père avant lui, a participé aux colonies de vacances des juifs communistes. Mais, le jeune homme aujourd'hui âgé de 37 ans a fait partie des dernières générations à bénéficier de l'organisation. Il n'a pas vécu l'âge d'or, ayant, au contraire, assisté sans le vouloir aux ultimes opus d'une structure désuète, dont les idéaux obsolètes n'étaient plus en phase avec la société contemporaine. C'est cette histoire nécessairement fragmentaire que le jeune auteur, metteur en scène et musicien choisit de raconter. Simplement, avec humilité, David Lescot parle,  chante parfois, mêlant souvenirs personnels, bribes d'histoires et – colonies de vacances obligent !– chansons partisanes. Comme il l'explique, à défaut d'avoir été l'un des héros de cette histoire, David Lescot choisit d'en conter l'épopée. Ce ménestrel des temps modernes a donc pour rythmer son poème une guitare électrique rouge yougoslave, objet de collection, symbole lui aussi d'un temps révolu.

Force du propos

Dans le petit caveau de la maison de la poésie, dès le début du spectacle une surprenante intimité se noue entre le public et le jeune homme. La trentaine de spectateurs réunis écoute avec une attention religieuse le récit qui lui est fait. Ici tout est dit avec une touchante simplicité. Sans prétention. L'absence d'artifices et la simplicité formelle dominante donnent toute sa justesse au propos. Les ritournelles permettent de ponctuer et porter le récit dans un équilibre rigoureux, alternance de dialogues, d'anecdotes et chansons. Le comédien a, on le sent de suite, une tendresse visible pour son sujet. Il nous le raconte sans nostalgie ni sentimentalisme exacerbés, mais avec une modestie et un humour permettant la plus juste transmission. Le récit trouve ainsi un écho particulier auprès du public et on surprend parfois son ou ses voisins – un ancien de la CCE ?– à reprendre à mi-voix certaines chansons. Et si cette Commission appartient désormais à un temps bel et bien révolu, on prend un véritable plaisir à partager son histoire, le temps du spectacle. 

Caroline CHATELET (Paris)
 
La Commission centrale de l'enfance
De David Lescot
Mise en scène et interprétation David Lescot
Du 14 mai au 22 juin
Maison de la Poésie de Paris, Passage Molière, 157, rue Saint Martin, 75003 Paris
Tél : 01.44.54.53.00., www.maisondelapoesieparis.com
Les pièces de David Lescot sont publiées aux éditions Actes Sud-Papiers
Le texte du spectacle a fait l'objet d'une commande de la SACD et a été enregistré par France Culture pour le festival Nîmes Culture 2005.

Photo © DR



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Published by Caroline CHATELET - dans À Paris 2007-08
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