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Festival d'Avignon

6 juillet 2008 7 06 /07 /juillet /2008 22:22

ENTREPRISE COLLECTIVE

L’union fait la force. C’est en substance la stratégie adoptée par cinq jeunes metteurs en scène
bordelais issus de la promotion 2006 de la Licence Arts et Spectacles de l’Université Michel de Montaigne, qui ont décidé de proposer leurs projets de concert au sein de deux soirées sous forme de parcours. Des univers encore bancals mais inspirés, qui donnent envie de voir la suite.

Ca commence par la ballade dans la nef, avec une proposition très iconoclaste : une déclaration d’amour à l’huître, sous le titre Organik in Cathodhuitre. La séquence d’introduction en vidéo est une perle de non-sens et de poésie : le mollusque y est décliné sous tous les registres (biologique, amoureux, philosophique), avant de se matérialiser sur scène – une actrice dans un costume bien encombrant. « Jouer une huître m’a permis de me faire un nom », nous dit-elle, « mais maintenant j’aimerais bien faire autre chose ». Rires de la salle, mérités. Et puis lentement, le spectacle glisse sur un autre registre, plus grave, plus introspectif. Chacun des cinq interprètes dévoile ses petits plaisirs coupables ou innocents, ses failles. Quel rapport avec l’huître ? Aucun en fait, si ce n’est la comédienne qui intervient régulièrement en fil rouge au cours de cette entreprise confessionnelle, tour à tour en huître, ciré et finalement dans ses habits quotidiens. Les autres figures – la boxeuse, la patineuse, l’équilibriste, l’anorexique – nous ramènent à autant d’états du corps et de l’esprit : la colère, le rejet de soi, la foi, le combat permanent. Un crescendo bien mené, qui s’achève sur un « je ne peux pas… » repris en cœur par les protagonistes, pour mieux exprimer l’espoir dans l’empêchement. Le travail de Marianne Stenger véhicule une énergie communicative, pas toujours canalisée, parfois maladroite, mais empreinte d’une maîtrise palpable.

Ambition et rigueur mais aussi exercice de forme

Autre idée stimulante du Projectif : investir les espaces non dédiés au jeu, à l’image de la maison du TNT, habituellement utilisée pour loger les artistes. Camille Adam met ainsi en scène ces espaces de vie comme autant de niches intimes où l’on découvre, dans la position de voyeurs malgré nous, les micro-univers du couple dans l’incommunicabilité, de l’artiste en panne d’inspiration, de la beauté à l’épreuve de la vieillesse… L’idée est bonne, l’exécution séduisante mais le propos trop court – le choix de réunir des scènes de vie privée dans le cadre tout indiqué d’une « maison » ne se substitue pas à l’écriture d’une trame globale pour les relier entre elles et à une réflexion plus appuyée sur la circulation du public, assez anarchique. Lorsqu’on arrive sur le perron du jardin, l’excitation retombe quelque peu devant l’exposition de plasticiens au travail qui s’avère rapidement fastidieuse. Ce segment du Projectif n’évite malheureusement pas l’écueil du concept pour le concept.

En troisième partie, place à Elise Simonet et son Exutoire. Sur un texte de Gianni Fornet, les interprètes nous rejouent le créateur face aux affres de la création – et à l’insatisfaction de ses créatures en rébellion. De cette mise en abyme assez classique, la jeune metteur en scène tire un spectacle emballant, joute verbale à cinq, voire quatre contre un où le « créateur » se trouve peu à peu dépossédé de son objet par ses « créatures » qui réclament plus d’humanité et de concret dans ses élucubrations sur le couple, l’amour, le sexe. Ici, le phrasé chasse sur les terres du slam avec tact, et la scénographie se construit comme une géométrie des corps, délimitée par les pieds de micros et les fragments de lumière. On pense très fort aux travaux de la compagnie Fractions et de Galin Stoev (Oxygène, Genèse 1 & 2), ce qui est une référence dont il n’y a pas à rougir. Tout comme l’ensemble de cette première sortie publique officielle du Projectif, qui empreinte à ses aînés avec respect, sans oublier d’affirmer son indépendance artistique. Vivement la suite.

Xavier QUERON (Bordeaux)

Le Projectif Organik in cathodhuitre de Marianne Stenger
Et puis les artisans de Camille Adam
Exutoire d’Elise Simonet



27 & 28 juin 2008, TNT-Manufacture de Chaussures, Bordeaux.

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Published by Xavier QUERON - dans En Région 2007-08
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commentaires

simonet elise 14/11/2008 18:19

RECTIFICATIF: le spectacle d'Elise Simonet s'appelle "JE PENSE AU JOUR ARTIFICIEL- Medley" et non "EXUTOIRE"merci pour cet articleLe Projectif

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