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Festival d'Avignon

6 juillet 2008 7 06 /07 /juillet /2008 22:53

INSOMNIES

Un tableau, une cage à oiseaux et une commode aux gros tiroirs dans la pénombre. Ils sont recouverts par des draps blancs, comme s’ils appartenaient à une maison abandonnée. Un autre meuble se trouve à côté d’eux. Le drap glisse et le meuble se révèle être un homme. Il commence à enlever les draps, à sortir des objets – une chaussure de femme, un marteau, un œuf, un coquetier etc :-, et à ouvrir et à fermer le tableau qui devient une fenêtre. Des voix off narrent une histoire surréaliste. L’homme dessine des espaces dans un continuel ordre et désordre. Il se dispute contre le temps, qu’il mesure avec un réveil. Il sème des coquilles d’œufs, des pancartes avec des noms de choses et de qualités.

Philipp Boё joue un cérémonial d’objets. Il mêle la réalité et le songe. Il s’essuie la tête avec une serviette blanche mais qui se tâche de rouge même s’il n’existe pas de blessures. Dans la pénombre et dans une lumière stroboscopique, le comédien danse, tremble et frémit, accompagné par des sons électroniques. A la fin, il disparaît dans l’un des tiroirs.




Surréalisme et prestidigitation

Mémoire de la nuit a été créé et interprété par Philipp Boё, artiste hétéroclite suisse, formé au cirque, au théâtre et à la danse en Angleterre et en France. La dramaturgie évolue comme un collage de rebus de mots et d’images qui rappellent l’univers surréaliste français et qui figure et anime plusieurs œuvres de Magritte. Boё emploie des techniques de prestidigitation pour faire apparaître et disparaître les objets, pour les bouger. Le spectacle raconte l’histoire d’un homme qui pendant un petit-déjeuner ne réussit pas à manger un œuf, interrompu par un appel qui l’avertit que la femme qu’il aime est morte. Par la chorégraphie d’objets et de danses, il cherchera l’assassin, jusqu’à comprendre que c’est lui-même. Il pourra finir son repas, manger son œuf et disparaître dans les ombres de la maison abandonnée. Les fragments poétiques, représentés dans une tension continuelle, suggèrent un monde entre la vie et la mort.

Beppe Navello, directeur du festival Teatro a corte 08, semble s’intéresser aux sujets de la mémoire et de la fantaisie ambiguë. De Nadj à Cottet Moine, de Boё au Cirko Vertigo, par des styles et des techniques différents, les univers représentés sont un collage d’images et de symboles que les spectateurs sont libres d’interpréter. Ces spectacles mélangent l’art contemporain à différentes traces de cultures et traditions, manifestant l’envie de dire aux publics d’apprendre le désir de construire sa culture intime et personnelle au sein des traditions. 

Mattia SCARPULLA (Turin)


Mémoire de la nuit
Conception et interprétation, Philipp Boë
Musique, Markus Gfeller
Mise en scène, Matthia Rüttiman
Chorégraphie, Maya Weller
Voix off, Sophie Kummer et Markus Wolff
Durée 60 minutes

Jeudi 3 juillet à 21h30
Teatro Gobetti, via Rossini n. 8  - 10124 Torino
Renseignements : www.teatroacorte.it
Sur place : Unione Culturale Franco Antonicelli
Via Cesare Battisti n.4 bis, Torino  tel. 0039 011 45 46 007 ou 0039 011 56 21 776

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Published by Mattia SCARPULLA - dans En Europe 2007-08
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