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Festival d'Avignon

8 juillet 2008 2 08 /07 /juillet /2008 10:29

COMBLER L’ABÎME DE SA SOLITUDE

De quelles manières la fiction peut-elle devenir le moteur de la réalité ? Comment une fable traduit-elle le réel ? Portrait de femme ordinaire, naïve victime attitrée, être disparu dont seul subsiste le prénom, « Sonia » esquisse de probantes réponses.

Comme dans un de ses précédents spectacles ( voir « Long Life » sur Rue du Théâtre 12/12/2006),  Alvis Hermanis  propose d’entrée un décor totalement vrai, avec ses objets hétéroclites récupérés çà et là, son accumulation de vieilleries, de bibelots, de souvenirs entassés. C’est en ce lieu reconstitué que débarque une première réalité aux apparences de fiction : un duo de cambrioleurs improbables surgit dans cet univers un peu sordide. Les deux bonshommes, après quelques farfouilles, se transforment assez vite par une sorte de fondu enchaîné burlesque dépourvu de toute virtuosité ostentatoire : l’un en narrateur, après avoir manipulé l’autre pour le déguiser en Sonia.

S’ensuit le cheminement d’un être dépouillé de toute parole, jouant le quotidien nourri de banalité, jouet de la machination de correspondants lui faisant accroire un amour romantique mystique et véritablement impossible. Les lettres de cet imaginaire amoureux invisible ont éclairé la vie de Sonia tandis qu’autour d’elle les membres de la famille mouraient, que la guerre apportait souffrances et restrictions. Et la vie s’étire, se racornit, tend vers sa fin alors que les illusions persistent, même un peu effritées.

Gundars Abolins est une Sonia émouvante, hors du besoin de mimer quelque féminité artificielle. Il devient cette femme sans avenir, sans autre espérance que l’illusoire. Il nous touche dans la mesure où il retrouve un naturel presque instinctif, même si c’est l’aboutissement d’un profond travail de comédien. Jevgenijs Isajevs raconte en témoin objectif, en acteur possible, sans élever une voix cantonnée dans le registre terrible d’une confidence qui s’interdit le moindre sentimentalisme.

Le metteur en scène profite de la lumière pour susciter le mystère, l’intériorité, la petitesse. Il met en espace des éléments qui prennent des valeurs symboliques fortes : collection de poupées, bijoux de pacotille dont l’un reste figé sur une table, en guise d’image finale dérisoire et pathétique d’une existence vouée à un certain vide entretenu par une société dépourvue d’âme.


Michel VOITURIER (Avignon)
Sonia
Texte : Tatania Tolstaia
Mise en scène : Alvis Hermanis
Distribution :  Gundars Abolins, Jevgenijs Isajevs
Décor et costumes : Kristnine Jurjane
Lumières : Krisjanis Strazdits
Son : Andris Jarans

Production : Festival d’Avignon, Jaunais Rigas Teatris

Salle Benoît XII à 15 h du 5 au 9 juillet


Photo © ……………………………………

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Published by Michel VOITURIER - dans Festival In 2008
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