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Festival d'Avignon

8 juillet 2008 2 08 /07 /juillet /2008 10:38
BLACK OUT COMPLET (OU PRESQUE)

Que peuvent bien se raconter deux inconnus dans une maison plongée dans le noir un soir de bourrasque dans un coin paumé de la Bretagne ? Beaucoup de banalités dont est faite l’existence des gens normaux. Dominique Marny et Jean-Paul Gourevitch adaptent leur propre roman pour la scène. Un résultat mitigé, plombé par une interprétation très inégale.

La radio diffuse un avis de tempête. Claire, fleuriste à Paris, s’est réfugiée dans une maison isolée d’un village breton. Elle reçoit un appel de son ex qui lui envoie un messager pour une commande. En lieu et place du visiteur qui ne viendra jamais débarque le nouveau voisin, trempé de la tête aux pieds, quelques minutes après qu’une panne de courant a plongé la maisonnée dans le noir total. Un canevas de confidences sur fond de jeu de la séduction va se mettre en place entre les deux inconnus.



La mise en situation et le titre du spectacle laissaient présager du meilleur. L’obscurité qui force les personnages à se toucher sans se voir, traduction métaphorique du tâtonnement avec lequel on se hasarde face à un(e) inconnu(e) ; l’orage qui se déchaîne à l’extérieur, faisant entendre ses lointains grondements dans ce logis aux fragiles cloisons, et qui semble sourdre dans l’exiguïté de ce lieu sans lumière au fur et à mesure que se dévoilent les âmes : autant d’éléments qui imprègnent le propos d’un halo de mystère, d’un écheveau de confusions et de malentendus, apanage de tout discours, amoureux ou pas.

Une mer étale

Hélas les promesses ne sont guère tenues. Si la mise en scène, que soulignent des éclairages astucieux pour traduire les différents états de luminosité des lieux, remplit honorablement son office en terme de gestion du décor et des bruitages, force est de déplorer la direction artistique qui flanche pour la moitié des effectifs. Si Marion Dubos parvient donner à son personnage une belle impulsion dramatique, son partenaire demeure inexistant. Sa voix totalement monocorde et une totale absence de jeu ne peuvent que banaliser encore davantage un texte déjà souvent dépourvu de relief. L’écriture, sans être totalement désastreuse, ne recèle guère ces éléments de dramaturgie qui font les grands textes. L’anecdotique règne de bout en bout et, sans être toutefois totalement ennuyeux, ce spectacle privé d’une interprétation enlevée n’enflamme guère les spectateurs. Car au fond, parler de banalités telles qu’un passé douloureux où pêle-mêle remontent à la surface lassitude conjugale, mort du père et alcoolisme mondain d’une mère fréquentant les cocktails diplomatiques nécessite au minimum une énergie. Or, si la bourrasque gronde derrière les cloisons, sur la scène ce n’est qu’une mer étale qui joue de son clapotis. Pas ennuyeux mais bien monotone.

Franck BORTELLE (Paris)

Ne disons pas le jour les secrets de la nuit
De Dominique Marny et Jean-Paul Gourevitch d’après leur roman
Mise en scène : Jean Pierre Nortel
Avec Mario Dubos et Olivier Galfione
Théâtre de Nesle, 8 rue de Nesle, 75006 Paris (Métro : Odéon)
Réservations : 01 46 34 61 04 et points de vente habituels
Jusqu’au 12 juilllet  du mercredi au samedi à 21 heures.
Tournée : prendre contact à l’adresse suivante : pmkl@aliceadsl.fr

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Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2007-08
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