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Festival d'Avignon

8 juillet 2008 2 08 /07 /juillet /2008 10:57

ENTREZ DANS LA DANSE !

La douloureuse histoire de l’exploitation des noirs par les blancs dans les années 50 en Afrique du Sud vue à travers trois personnages trop étroitement liés pour l’époque. L’amitié peut-elle dépasser les rapports ancillaires ? C’est sur cette question que s’interroge ce joli spectacle, hélas alourdi par une interprétation assez inégale…

Sam et Willies sont noirs. Hally est blanc. Eux sont les domestiques, lui le fils du propriétaire d’un salon de thé. Le gamin, les deux « boys » l’ont vu grandir, il est un peu comme leur fils adoptif. Rapports ancillaires faussés puisque s’immisce une amitié faite de confidences, de celles qu’on ne fait même pas (surtout pas !) à ses propres parents. Comment une telle relation dans les années 50 en Afrique du Sud peut-elle perdurer sans que l’autorité détenue par celui qui devrait se faire appeler « Maître Harold » ne fiche tout par terre ?



C’est une belle page d’histoire que propose ce spectacle écrit avec finesse et à propos.  La progression dramatique, très astucieuse car ne laissant rien sourdre à l’avance, permet de profiter pleinement de l’instant présent, de ce que ces personnages (les deux blacks au départ) ont à dire. Comme deux larrons en foire, ils se balancent quelques vannes sous le vernis desquelles pointe toujours un message à peine sibyllin. De belles envolées lyriques et poétiques viennent souligner également ce propos fatalement très concret. A ce titre, l’épisode du cerf-volant, belle métaphore de la fierté d’être car il fait « lever la tête », est une trouvaille aussi simple que touchante.

Une valse à deux temps

De ce sujet fort et pédagogique, Hassane Kassi Kouyate signe une mise en scène plutôt énergique qui laisse la part belle à quelques numéros de danse (cette discipline qui donne du bonheur) qui insufflent au drame quelques bouffées salvatrices d’air frais et de pétillance. Et même si un décor unique est le témoin de cet affrontement, l’atmosphère n’y est jamais lourde. L’occupation de la scène par les deux comédiens noirs tout autant que leur jeu convainquent sans coup férir. Ils apportent la distanciation nécessaire et la dérision voulues par leur personnage, ce qui ne les empêche pas de vivre intensément les rodomontades parfois cinglantes du blanc bec qui n’a pour lui que la chance d’être né avec la bonne pigmentation de peau. Malgré quelques légers bafouillages, Hassane Kassi Kouyate et Beno Sanvee campent leur rôle avec panache. Il n’en est hélas pas de même de Julien Favart, abominablement récitatif. Jouant à peu près aussi mal qu’Edouard Colin, avec les mêmes tics et cette même fausse conviction dans une diction monocorde, il déstabilise considérablement ce spectacle qu’offre cette belle scène du LMP sur laquelle il n’a de toute évidence rien à faire. Dommage…

Franck BORTELLE (Paris)

Maître Harold (Paris)
Mise en scène et scénographie
Hassane Kassi Kouyate
avec Julien Favart, Hassane Kassi Kouyate, Beno Sanvee
Durée : 1h15
Assistante à la mise en scène : Anuncia Blas
Lumières : Nicolas Barbieri
Univers sonores : Stéphane Gombert
Chorégraphie : Wanjiru Kamuyu
Réalisation du décor : Sergiu Zancu
Costumes : Anuncia Blas
Administration : Anuncia Blas et compagnie Graines de Soleil
Une production de la Compagnie Deux Temps Trois Mouvements
Théâtre du Lavoir Moderne Parisien, 35 rue Léon, 75018 Paris
Réservations : 01 42 52 09 14
Jusqu’au 12 juillet


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Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2007-08
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