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Festival d'Avignon

11 mars 2006 6 11 /03 /mars /2006 12:01
AUTOPSIE D'UN CRI

Un couple banal, un petit village, une maison, une cousine sourde et muette, un jardin, une cave, des membres d’un corps humain retrouvés dans un train, un meurtre, une tête introuvable, des rêves, des actes, une femme coupable … Tout cela c’est l’Amante anglaise, pièce que Marguerite Duras a écrite en s’inspirant d’un fait divers. Marguerite Duras s’est appliquée à reconstituer cette histoire en en faisant une enquête sur la psychologie du personnage de Claire Lannes, la meurtrière. Pour avancer dans cette connaissance du personnage on trouve Pierre Lannes, le mari et un intervenant, complètement inventé par Duras, l’interrogateur. L’interrogateur est une sorte d’entité abstraite qui confère à la pièce une profondeur des plus troublante, il n’est ni juge, ni policier, ni psychologue et pourtant il interroge, il insiste et veut comprendre. C’est d’ailleurs sur l’ambiguïté de l’interrogateur que repose toute la scénographie qui joue habilement avec les spectateurs en les incluant dans la pièce, puisque des gradins sont installés sur le plateau de la scène et que les personnages. Claire et Pierre, sont interrogés sur un espace restreint du plateau. Ceux-ci sont encerclés par des spectateurs placés dans une position de voyeurisme malsain, ou de juges illégitimes comme dans M le maudit de Fritz Lang. De plus, la voix off de l’interrogateur, qui ne s’incarnera que dans les dernières minutes, forcé de constater son échec, fait s’accroître la dimension inquiétante de la pièce. Pierre et Claire sont comme pris au piège au milieu d’une arène.

Claire, la meurtrière, interprétée par Marief Guittier oscille sans cesse entre la grandeur tragique et la folie. La mise en scène de Michel Raskine transcende le texte de Duras en exploitant sa théâtralité pour donner lieu à une réflexion qui dépasse celle du simple fait divers en amenant le spectateur à réfléchir sur la solitude des êtres, la folie, le silence ainsi que sur les notions de culpabilité et d’innocence qui sont bien plus opaques qu’elles ne paraissent.

Audrey HADORN (Lyon)

L'Amante anglaise - Mise en scène : Michel Raskine.
Avec Marief Guittier, Guy Naigeon, Michel Raskine.
Théâtre du Point du Jour, jusqu'au 12 avril 2006.

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Published by Audrey Hadorn - dans Chroniques 2005-06
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