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Festival d'Avignon

12 juillet 2008 6 12 /07 /juillet /2008 00:54

INFERNAL HUIS CLOS

Le «qu'en dira-t-on»,  la rumeur, sont des entraves, aliénant l'humanité, la plongeant dans la peur de l'autre. La Compagnie Jean Thomas propose, avec talent, de faire revivre ce texte fort de Frederico Garcia Lorca qui, malgré le passage du temps, semble hélas, toujours d'actualité.

L'Espagne, à la veille de la Guerre civile, sous un soleil de plomb. Des cloches sonnent la mort d'un homme. Le destin de sa femme et de ses cinq filles est désormais scellé : pour respecter le deuil du disparu, elles doivent rester enfermées huit ans dans leur propre demeure. Commence alors un huis clos étouffant.



Chronique de femmes en cage

«L'Enfer, c'est les autres» disait Garcin dans le Huis Clos de Sartre. L'Enfer, c'est le regard de l'autre, la remise en question continue de soi par rapport à autrui. La ressemblance entre les deux pièces est étonnante. Ces femmes, emmurées vivantes, plongent dans la rancœur, l'amertume, la colère. L'amour fraternel se transforme en haine fratricide. Sous le regard de leur mère, la tyrannique Bernarda, brillamment interprétée par Nadia Salle, les sœurs célibataires se déchirent pour un homme, ou plutôt pour l’image qu’elles s’en font, hors des murs de leur prison. 

La compagnie Jean Thomas a su établir et maintenir avec justesse ce terrible sentiment
de frustration où la seule issue, symbolisée par le personnage de la grand-mère, reste la folie.

Colère et frustration sous un soleil espagnol

Face à faces, cris et violence, sous une lumière orangée, celle du soleil espagnol : le choix de mise en scène de Michel Paume est simple et efficace. On suffoque de chaleur et de colère, on vibre à la vue du désarmement de ces femmes condamnées par des forces qui les dépassent : la société et la religion.
La puissance de ce sublime texte de Lorca et la conviction dans le jeu des comédiens finissent par gommer tous les menus défauts qui sont les aléas d'une production au budget modeste. Le pari lancé par la troupe est remporté avec brio, le petit théâtre villeneuvois nous offre un spectacle de choix pour son ultime aventure avignonnaise.

Sébastien COTTE (Avignon)

La Maison de Bernarda Alba de Frederico Garcia Lorca
Mise en scène: Michel Paume
Interprétation: les comédiens de la Compagnie Jean Thomas
Théâtre du Garage
76, rue de la République 30400 Villeneuve les Avignon
Téléphone: 04 90 15 03 01
Les 8, 10, 16, 18, 22 et 24 juillet à 20h30

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Published by Sébastien COTTE - dans Festival Off 2008
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