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Festival d'Avignon

12 juillet 2008 6 12 /07 /juillet /2008 01:04

SOMBRE DESTIN POUR BARBE BLEUE

Gilles de Rais, compagnon de Jeanne d’Arc, fut aussi un personnage accusé de pédophilie, de crimes en série. Hugo Claus en a fait un monologue sombre et tragique à propos des facettes contradictoires de l’être humain.

Devant un drapeau fleurdelisé taché de sang et un immense crucifix amputé, derrière les barreaux de sa cellule, le maréchal de France répond aux accusations, aux questions posées par ses juges, devenus public du théâtre. Arrogant, sûr de lui, il attaque, vitupère, exige. Il est d’abord homme de guerre. Il a combattu pour son pays. Il a aidé à mettre sur le trône un nouveau roi, fort pâlot aux yeux de cette force de la nature qu’il incarne avec sa carrure d’athlète.

Face à ses détracteurs, il contre-attaque. Il use d’une rhétorique qui le défend, lui accorde des circonstances atténuantes. Au fil des jours, il perdra de sa morgue. Finira par concéder quelques méfaits. Le tout entrecoupé d’apartés adressés à un être mystérieux qui s’avère assez vite un des diables de l’enfer.

Ses uniques états d’âme vont à Jeanne, condamnée au bûcher, trahie par les siens, y compris par lui. De plus en plus se révèle la différence existant entre ce qu’il dit aux prélats de l’inquisition, ce qu’il pense au fond de lui, ce qu’il a réellement accompli.

Olivier Massart personnifie cette légende historique, en s’accaparant la langue riche  et colorée de l’écrivain flamand. Il y apporte sans doute davantage de technique que de nuances sensibles. Mais le mécanisme manipulateur du tueur se révèle en contrepoint avant l’apparition des flammes de l’enfer. Ainsi se dessine un portrait dans lequel apparaissent les tensions qui tiraillent les hommes désireux de se révolter contre la norme non pour changer le monde mais bien pour compenser leur étouffement sous l’hypocrisie, le rejet, l’humiliation. Leur orgueil les oppose sans mesure à Dieu, à leurs semblables. Ce sont des Sisyphe qu’il est impossible d’imaginer heureux. 

Michel VOITURIER (Avignon)
Gilles et la nuit
Texte : Hugo Claus (traduction : Jean-Claude Carrière)
Mise en scène : Alexis Goslain
Interprétation : Olivier Massart
Scénographie : Philippe Doutrelepont
Costumes : Corinne De Laveleye
Décor sonore : Nicolas Vandooren
Maquilllages : Jean-Pierre Finotto
Lumières : Quentin Romelaere

Production : Théâtre Le Public (Bruxelles)

Au théâtre des Halles (Chapelle Sainte Claire), à 17h du 5 au 31 juillet (relâche le 20) (0490 85 52 57)


Photo © ………………………………… ;

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Published by Michel VOITURIER - dans Festival Off 2008
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