Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Retrouvez nos critiques théâtrales sur :
Les informations sur nos cours d'improvisation théâtrale à Paris :

Musarder



Inscrivez-vous
au Club des abonnés (gratuit)




Découvrez nos cours d'improvisation théâtrale

Tous niveaux - 7e année

Les inscriptions sont ouvertes pour les cours d'improvisation à Paris qui débutent en septembre. Au choix, en français ou en anglais.



Nouveau !

Rejoignez notre cours d'impro en anglais :



Coaching prise de parole

           

Mois Après Mois

Festival d'Avignon

12 juillet 2008 6 12 /07 /juillet /2008 01:09

POQUELIN LE JAPONAIS

Molière était un auteur engagé : contre le fanatisme, le fondamentalisme et toute autre forme de bêtise ou d'abus. Alors que ferait-il si des comédiens idolâtres tentaient avec violence d'arrêter la diffusion d'un film tournant sa vie en dérision ? «Une pièce!» répond Michel Vinaver. Une pièce montée avec le talent, le lyrisme, et la beauté qui accompagnent toute pièce de la Compagnie des Lucioles.

Tout commence avec quelques scènes du « Misanthrope ». Bien que n'étant pas le cœur même de la pièce, elles sont montées avec élégance et mettent le public en position de comprendre l'enjeu du texte de Vinaver et distillent l'ambiance globale de la production. A travers l'affrontement d'Oronte et d'Alceste pour l'amour de Célimène s'affrontent, ou plutôt se rencontrent, deux cultures : la douceur de la préciosité française et le charme strict et sévère du Japon.



Farce moliéresque ou plaidoyer pour la liberté de l'Art

La représentation du Misanthrope s'arrête brusquement à la scène II de l'acte IV : Célimène repousse Alceste et sa vision d'un bonheur loin des affres de la Cour. Un générique défile sur scène, le décor se transforme. Arrivent bondissante et grognante une horde de comédiens. La nouvelle vient de tomber tel un couperet : des Américains auraient tourné un film dans lequel Molière sur son lit de mort se serait imaginé sous les traits d'Alceste étreignant amoureusement Célimène. Comment ont-ils pu oser trahir ainsi le Maître, son art, et sa personne? S'ouvre alors un grand débat à la façon d'une farce du grand Poquelin drôle et intelligemment menée sur la liberté de l'artiste.

Une beauté cosmopolite

La compagnie des Lucioles est réputée pour son talent à mélanger les genres.  Ici, le remplacement d'un ballet de Lully par un ballet Nô pour conclure une pièce de Molière n'a rien d'incongru. Il est au contraire porteur de sens, comme bon nombre de détails de la mise en scène. Du combat d'éventails mené par les courtisans à la transformation d'une poésie d'Alceste en chant Nô, tout prêche pour l'universalité de l'art et la nécessaire ouverture des peuples aux autres cultures. La scénographie, ingénieuse et esthétique, sait s'adapter à l'évolution narrative. Monsieur Wacquiez et ses comédiens de talent, nous livrent deux ans après « Camélia », présenté au OFF 2006, une nouvelle production merveilleuse : sophistiquée sans tomber dans l'exagération et belle dans sa simplicité. Bravo.

Sébastien COTTE (Avignon)

Les réactions du public :

«C'est une production sensible et créative. Cette volonté de projeter l'œuvre de Molière dans un contexte actuel est très intelligente. La pièce est bien construite, l'idée est bonne tout comme le jeu des comédiens.»
Danielle, 57 ans, psychologue du travail


Le Misanthrope de Molière, Le Dernier sursaut de Michel Vinaver
Mise en scène : Jérôme Wacquiez
Avec : Julien Ancelet, Justine Barthélémy, Christophe Brocheret, Flora Brunier,
Hugues Chabalier, Emmanuel Gayet, Grégory Ghezzi, Mélanie Mary, Hermine Rigot,
Guillaume Tagnati.
Scénographie : Anne Guénand
Costumes : José Gomez
Créateurs lumière et régisseurs généraux : Nicolas Barraud - Marine Berthomé
Collaboration artistique : Masato Matsuura
Assistante mise en scène : Carole Got
Illustration : Yannis Kokkos
Espace Alya, 31 bis, rue Guillaume Puy 84000 Avignon
Réservation : 04 90 27 38 23

Du 10 juillet au 2 août à 12h30

Photo ©: Jean-Pierre Gilson




Partager cet article

Repost 0
Published by Sébastien COTTE - dans Festival Off 2008
commenter cet article

commentaires

Chronique Fraîche