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Festival d'Avignon

13 juillet 2008 7 13 /07 /juillet /2008 09:52

ÉLOGE DE LA CHAIR ET DE L’ESPRIT

Comme l’histoire légendaire de Tristan et Yseut, celle bien réelle d’Héloïse et Abélard est une image mythique très occidentale de l’amour passion.  Christiane Singer lui a consacré un roman. La comédienne Carmela Locantore en a tiré une convaincante adaptation scénique.

La salle intimiste du Verbe fou se prête aisément à un tête à tête entre le public actuel et l’Héloïse du XIIe siècle, dame d’exception, annonciatrice des femmes instruites, cultivées, ouvertes au monde de l’esprit, indépendantes, assumant leur sexualité et leur sensualité. Elle se présente libérée, en dépit de la morale judéo-chrétienne rigide imposée à l’époque. Elle choisit d’aimer un homme plus âgé et de se laisser aimer par lui. Elle assume la plénitude des relations physiques et la maternité clandestine. Elle se nourrit de philosophie, de sciences et d’art puisqu’elle écrit, chante et peint. Elle brave l’autoritarisme ecclésiastique. Elle subit la séparation, la claustration monacale, la castration infligée à son amant entre-temps devenu mari.

Carmela Locantore s’incarne en ce personnage. Elle narre le côté plénier de l’amour partagé, celui qui se lit dans le comportement même du couple en train de le vivre, d’explorer ce qui a fait basculer son existence. Elle explique en quoi le corps qu’on habite s’atteste par la tendresse et les sens. Bien que présenté comme une sorte de fatalité voulue par Dieu, l’amour vécu par cette assoiffée d’exister ne se cantonne pas dans un mysticisme de béatitude. Il parvient à une complémentarité entre le charnel et le spirituel. Il se cristallise dans la durée, même après une séparation imposée par l’hypocrisie des autorités.

La leçon est qu’on n’arrive vraiment à l’autre que si on s’aime soi-même, si on assume ses désirs personnels avant d’accepter de donner et de recevoir. Alors l’apport du partenaire amoureux amène à changer le regard porté sur le monde. La fusion suscite un sentiment de sécurité, celui d’être bien pour et par l’autre. L’opposition à la logique normative née des pressions du monde engendre une lucidité clairvoyante qu’il faut conserver car l’amour se vit au-delà des lois édictées par les humains.

L’écriture de Singer est sensuelle. Elle épouse les replis des émotions et des sensations. Elle se nourrit de la beauté des choses naturelles ou confectionnées. Elle est ce soulagement d’avoir dit, exprimé, partagé. Ce en quoi Carmela Locantore se trouve à l’aise, comme si, elle aussi, tenait, grâce à la qualité de sa diction et de ses nuances, à faire communier son public à sa propre expérience vitale primordiale.

Michel VOITURIER
(Avignon)

 

Au Verbe fou, 95 rue des Infirmières, à 10h jusqu’au 2 août. (0490 85 29 90)

Une passion
Texte : Catherine Singer (éd. Albin Michel)
Adapation, interprétation : Carmela Locantore
Mise en scène : Delphine Hertogs, Carmela Locantore

Production : Las Plumas


Photo © ………………………………………..


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Published by Michel VOITURIER - dans Festival Off 2008
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