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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

15 juillet 2008 2 15 /07 /juillet /2008 18:18
COUP DE COEUR RUEDUTHEATRE

FRISSONNANT

Dans ce second volet du diptyque débuté en 2007 avec Macondo, la compagnie Premier Acte revient avec un spectacle envoûtant et à la puissance évocatrice. Un univers visuel, chorégraphique et sonore captivant qui entraîne les spectateurs dans « L’incroyable et triste histoire de la candide Erendira et de sa grand-mère diabolique ».

C’est dans une atmosphère sombre et brumeuse, que se dessinent les silhouettes des deux conteuses qui vont nous transmettre le récit. Allures de gitanes aux couleurs bariolées et aux voix rauques, elles parlent mi-français mi-espagnol dans une langue ensorcelante, pour nous conter l’histoire de Erendira, jeune fille naïve et orpheline qui vit sous le joug de sa grand-mère. Un soir, épuisée par les travaux barbares qu’elle a dû accomplir pour cette dernière, elle tombe de fatigue et oublie d’éteindre sa bougie. L’incendie fait alors rage, magnifiquement mis en scène dans un tourbillon de fumée et de draps blanc qui s’agitent au vent. Ayant perdu toute sa fortune, la grand-mère démoniaque décide de vendre la virginité de sa petite fille, avant de la prostituer. Six mois après l’incendie elle lui déclare «  Si les choses continuent de cette manière, tu m’auras payé ta dette dans huit ans, sept mois et onze jours, à raison de soixante-dix hommes par jour ».
C’est la peinture tragique de leur épopée dans le désert, à la recherche d’hommes pouvant monnayer les services de Erendira qui va être dépeinte.



Une grande fresque visuelle

A mesure que les  deux bohémiennes racontent, les scènes se dessinent sous nos yeux et les personnages, tels des pantins désarticulés, entament la danse funèbre qui les mènera au dénouement.
L’univers décalé du spectacle, à la fois magique et dramatique, est merveilleusement porté par l’ambiance sonore et visuelle : le ressac de la mer comme un répit, le hululement annonciateur de la chouette, le bruit des cieux qui se déchirent, laissent les spectateurs frissonnants. Les gestes chorégraphiés et les somptueux masques et costumes bigarrés, font de la pièce une fresque vivante et symbolique. La mise en scène signée  Sarkis Tcheumlekdjian, orchestrée au millimètre, est d’une profonde beauté.
Du côté des acteurs, Magali Albespy donne à Erendira des airs de poupée facétieuse. Aude Pellizzoni  incarne une intraitable et cruelle maquerelle au vieux corps meurtri et fier. Quant aux deux conteuses, Déborah Lamy et Catherine Vial, elles apportent de la chaleur au récit.
Une expérience de théâtre dont on ressort habité de sons et d’images obsédants.

Anne CLAUSSE

Photo © David Anémian / Déclics et des Claps

Erendira - Gabriel Garcia Marquez
LE CHIEN QUI FUME, 75 rue des Teinturiers, 11H - du 10 juillet au 2 août - durée : 01h05
Interprètes : Magali Albespy, Déborah Lamy, Catherine Vial, Aude Pellizzoni, Pierre-Marie Baudoin, Aurélien Portehaut, Azad Goujouni
Adaptation et Mise en scène : Sarkis Tcheumlekdjian
Costumes : Marie-Pierre Morel-Lab
Musique : Gilbert Gandil
Univers sonore : Bertrand Neyret
Lumieres : Antonin Liege
Vidéo : Catherine Demeure
Régie : Stephen Vernay, Eric Dupré, Matthieu Lacroix, José Ventricci Prioli

Téléphone réservation : 0490852587

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Published by Anne CLAUSSE - dans Festival Off 2008
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