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Festival d'Avignon

15 juillet 2008 2 15 /07 /juillet /2008 18:24

DES ETRES DISSEQUES


La pièce de l’auteur américain Tennessee William écrite en 1944, initialement destinée au cinéma, a connu de nombreuses adaptations au théâtre. Actea en propose ici une version épurée qui met en perspective les mécanismes au cœur des personnages.

Tom, le narrateur, véritable voix off de la pièce, joue aussi le rôle du fils. Il commence en nous présentant les personnages et une analyse détaillée du contexte historique de l’Amérique d’après-guerre, pour asseoir la pièce dans son contexte.
La ménagerie de verre dresse le portrait intime d’une famille dont chaque membre vit dans un monde imaginaire. Laura, la fille, rendue d’une timidité maladive par une petite infirmité, passe sont temps à s’occuper, seule, de ses sujets de verre. Amanda, la mère, possessive et directive, se complait dans la mémoire de sa beauté passée et des riches galants qui se pressaient au pas de sa porte. Malheureusement, celui qu’elle choisit l’abandonna. Il  plane sur la pièce en filigrane, comme un spectre dont on ne voit que la photographie en noir et blanc. Dernier personnage de la toile, Tom, le fils qui travaille dans une usine pour subvenir aux besoins de sa famille, mais rêve de suivre la trace de son père : partir à la découverte de grands horizons pour ne jamais  revenir.
L’espace d’une soirée tout ce petit monde est bouleversé par l’arrivée de Jim, galant invité par le frère, qui va offrir à Laura sa part de rêve éveillé.



Entrer dans l’intime

A mesure que la pièce avance, on perce au cœur de chaque personnage pour en découvrir ses fêlures, ses rêves, ses peurs et ses joies aussi.
Les êtres, au centre du dispositif, sont vus dans leur quotidien et l’on observe leurs mécanismes de pensée et d’action. Pour accentuer ce focus, la mise en scène d’Olivier Lopez s’appuie sur un décor sobre mais porteur de symboles. Les personnages sont enfermés dans un long couloir étroit. Ils s’assoient sur des fauteuils trop petits pour eux et on a l’impression de voir des hommes mal à l’aise dans une maison de poupée.
La scène, délimitée par un cadre noir, donne un caractère cinématographique au spectacle.
Quelques images d’époque projetées et le son du gramophone viennent parfaire la mise en époque.
Quant aux quatre acteurs, ils apportent de la matière à leurs rôles. Notamment Virginie Boucher qui campe une mère tout droit sortie du passé et Marie-Laure Baudain qui nous offre la composition d’une Laura enfantine et désemparée très attendrissante.

Anne CLAUSSE

Photo ©  Philippe Pierre

La Ménagerie de verre - De Tennessee Williams - durée : 01h50

L’ENTREPOT, 1 ter bd Champfleury, 10h45 du 10 au 31 juillet
Avec :  Marie-Laure Baudain, Virginie Boucher, Rodolphe Dekowski, Jean-Pierre Dupuy
Mise en scène : Olivier Lopez
Costumes : Angela Seraline


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Published by Anne CLAUSSE - dans Festival Off 2008
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commentaires

Novalis 22/07/2008 11:31

Un Tenesse William revisité avec un parti pris qui fait revivre la pièce.
Une bonne occasion de voir cette pièce autrement !

Boireau 19/07/2008 13:43

La prise de risque au théâtre est toujours payante lorsqu'elle est aussi bien assumée : cueillir le public là où il s'y attend le moins, au plus profond de son être, en laissant le livre ouvert et le spectateur face au miroir de son âme. Un véritable défi aux lois de la pesanteur théâtrale habituellement rencontrée, La Ménagerie de Verre est un pur délice. La mise en scène est bien ciselée. Virginie Boucher nous offre une Amanda surprenante et juste, personnage d'une mère de famille dont les fonctionnements nous sont dévoilés avec, en permanence, ELEGANCEFINESSEPRECISIONRYTHMERETENUESINCERITEMAITRISEEMOTIONCe chef œuvre, servi par des comédiens incroyables, d'une technique de jeu sans faille servent avec humilité une pièce dont la version d'Olivier Lopez résonnera longtemps. N'hésitons plus alors à passer les remparts du centre-ville car pour une minute de perdue, 1h40 d'envoûtement nous attendent.Elsa Boireau

Chronique Fraîche