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Festival d'Avignon

16 juillet 2008 3 16 /07 /juillet /2008 18:56
 
TERREUR OU JUSTICE ?

« Les Justes » nous invite à une réflexion sur les notions de terreur et de justice. En effet,  la haine, le crime, l’amour et la justice s’entremêlent dans ce drame politique sombre qu’a tissé Albert Camus et c’est à chacun d’en démêler les fils à la lumière de sa conscience. La mise en scène très recherchée qu’en propose Antoine de Staël permet une lecture universelle de cette pièce dont le propos est toujours si tristement actuel.

Dans une pièce sombre, les membres d’une organisation clandestine s’activent à la préparation de l’assassinat d’une figure de « l’oppression et de l’injustice ». Tout a été soigneusement préparé. Dora a confectionné les bombes. Voinov a repéré le trajet du Grand-Duc. Il ne reste qu’à attendre le moment propice. L’excitation monte, exacerbée par le retour de Stepan, un « frère» fraîchement échappé du bagne et plus que jamais déterminé à agir.




Pourtant, c’est à, Yaneck, un idéaliste romantique qu’est confiée la mission de lancer la bombe. Echec car Yaneck n’a pu se résoudre à sacrifier des enfants au nom de la cause qu’il défend. Une seconde chance sera finalement laissée au «meurtrier délicat»… 

Mélange des genres

Fruit d’un fertile processus de création, les Justes que nous propose Human Kosmoz Company est une petite révolution théâtrale. Pleine de symbolisme, la mise en scène d’Antoine de Staël met avant tout l’accent sur l’énergie et la sensibilité des comédiens. En témoignent ces costumes noirs et blancs qui empruntent à la philosophie du yin et du yang son code de couleurs (entre autres). Mais l’innovation majeure réside sans doute dans la distribution des rôles.



Comme les anges, les mots n’auraient pas de sexe. Les personnages masculins sont interprétés avec virilité par de talentueuses comédiennes. Inversement, le personnage de Dora, est interprété par Luc Reboullet qui, sans se travestir, fait bien ressortir la « délicatesse » de la seule femme du groupe de terroristes. Cette inversion des genres voulue par le metteur est scène est au départ quelque peu déroutante mais elle permet de souligner le caractère universel de la détresse pouvant conduire à cautionner la terreur et le meurtre pour servir une cause que l’on croit juste. Toutefois, l’histoire d’amour entre Dora et son « martyr » y perd un peu de son réalisme, et de sa force. Mais c’est pourtant l’interprétation magnifique d’Alexandra Sollogoub qui confère au personnage de Yaneck tout son superbe. C’est donc finalement une innovation concluante qui fait de ces Justes une pièce marquante tant au niveau du fond que de la forme.


Idrissa SIBAILLY (Paris)

Les Justes
Texte :  Albert Camus
Mise en scène : Antoine de Staël
Avec Audrey Boulanger, Anne Janvoine,  Valérie Maryane,  Luc Reboullet,  Alexandra Sollogoub,  Antoine de Staël,  Natalia Wolkowinski.
Lumières : Chloé Decaux
Costumes :  Hélène Monnier
Durée : 1h05
LUCERNAIRE
53 rue Notre Dame des Champs
75006 paris
 Réservations : 01 45 44 57 34




Photos : Anne Rehbinder





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Published by Idrissa SIBAILLY - dans À Paris 2007-08
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