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Festival d'Avignon

17 juillet 2008 4 17 /07 /juillet /2008 17:13
UN LABORIEUX PATCHWORK

Dans la salle Benoît XII, Das System enchaîne des pièces de l’Allemand Falk Richter, mises en scène par Stanislas Nordet. Un tissu de bonnes intentions dans lequel on se perd un peu… parfois, beaucoup !

Si, comme le disait Gide, on ne fait pas de bonne littérature avec de bons sentiments, on peut se demander si on fait du bon théâtre avec de bonnes intentions. Pendant plus de cinq heures, en effet, le spectacle nous assène ses vérités et nous inflige ses révoltes. Saines vérités, au demeurant, et légitimes indignations. Mais il ne suffit pas d’avoir raison et de le crier pour avoir raison de ce « système », honni, voire vomi, pendant des heures par les acteurs.

Certes, Nordey et Richter ne négligent aucun moyen pour nous convaincre. Alternent ainsi monologues, adresses au public, expression chorale, pièces mettant en œuvre des personnages de fiction. On ne boudera pas le plaisir que procurent quelques moments de grâce, notamment lorsque ce couple d’ahuris, sur le schéma de Tout va très bien Madame la Marquise, nous dit son  bonheur de vivre dans ce Meilleur des mondes où tout s’arrange, si on prend les choses du bon côté.


Certes, Richter use à l’occasion de formules simples et qui font mouche : « Il y a des gens qui ne servent à rien, des pays qui ne servent à rien, des continents entiers qui ne servent à rien. L’Afrique, par exemple. » Pour le reste, on peut douter que l’enculage de la famille Bush et d’Angela Merkel, en prime, permette d’en finir avec un Occident arrogant qui bombarde tous azimuts, pourrit la planète et affame le reste du monde.

Un texte cru sur un plateau nu


À la façon d’un Copeau, Nordey a renoncé à tout décor, à tout autre artifice. Et il faut rendre hommage aux comédiens qui, jouant de divers registres, donnent souvent force et vie à un propos tournant à la litanie. Leur jeu permet d’éviter les naïvetés d’un mauvais théâtre d’agit-prop et les excès d’un didactisme que récusent aussi l’auteur et le metteur en scène.

On s’interroge pourtant sur la pertinence de ce théâtre qui se dit politique, face à des tenants du système qui ont lu et retourné Gramsci et qui se flattent d’avoir gagné la bataille des idées. L’important aujourd’hui n’est peut-être pas de hurler contre une propagande omniprésente et multiforme mais d’en discerner les multiples visages ; de comprendre les mécanismes d’endoctrinement et leur redoutable force de persuasion ; de pénétrer les secrets des discours dominants et leur subtile prégnance idéologique. Ceci, dira-t-on, est trop austère pour le théâtre. Rien n’est moins sûr, en vérité, si l’on entreprend de s’y coller, sur les traces d’un Michel Vinaver, par exemple.

Yoland SIMON

Photo © Christophe Raynaud de Lage/Festival d'Avignon
Das System  De Falk Richter Traduction Anne Monfort
Salle Benoît XII, du 13 au 20 juillet, 15 heures
Mise en scène et scénographie Stanislas Nordey
Collaboration artistique Claire Ingrid Cottanceau
avec Mohand Azzoug, Moanda Daddy Kamono, Olivier Dupuy, Vanille Fiaux, Damien Gabriac, Frédéric Leidgens, Julie Moreau, Véronique Nordey, Laurent Sauvage, Margot Segreto, Anne-Sophie Sterck, et, en alternance, Félicien Girault, Adrien Sauvage
Lumières Philippe Berthomé
Son Michel Zurcher
Régie générale Antoine Guilloux
Régie lumière Stéphane Colin
Régie son Michel Zurcher
avec l’aide de toute l’équipe du TNB
Production déléguée Théâtre National de Bretagne-Rennes
Du 11 au 22 novembre 2008 au Théâtre National de Bretagne-Rennes dans le cadre de Mettre en scène

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Published by Yoland SIMON
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