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Festival d'Avignon

18 juillet 2008 5 18 /07 /juillet /2008 21:06
SANS ISSUE

Pour une compagnie nippone, monter un auteur roumain (et pas n’importe lequel) dans le OFF avignonnais, en version surtitrée, relève du coup de dés audacieux ; pour un peu, on se croirait dans le IN.  Les dimensions poétique et esthétique sont indéniables mais l'ensemble, trop lisse et hermétique, peine à capter l’attention.

Un homme et une femme se retrouvent dans un même lit au petit matin ; qu’ont-ils fait pour en arriver là ? Mystère. Le personnage féminin, énigmatique allégorie sujette à l’interprétation très personnelle du spectateur va accorder neuf nuits au personnage masculin. On n’en saura pas plus, si ce n’est le crescendo vers un onirisme très kagemushien (on pense à « Rêves ») qui part d’une réalité banale pour nous faire échafauder des hypothèses métaphysiques sur ce qui a rassemblé ou va désunir les tourtereaux. Neufs nuits comme neufs tableaux d’une décomposition puisque l’homme semble s’acheminer vers l’irréversible, comme sous l’empire de la femme. Est-ce la dernière rêverie d’un homme survitaminé en « paradis artificiels » qui aime à réciter du Baudelaire ? Est-ce la mort douce figurée en femme qui distille son fatal venin en neufs doses pour favoriser l’accoutumance et faire passer de l’autre côté en douceur, sans un bruit de trop ? Sont-ce les bouffées délirantes d’un désespoir amoureux qui conduira au suicide ?


Décidément Mattéi Visniec ne cesse de surprendre par la diversité de ses qualités de plume et de style théâtral et cette pièce ne ressemble pas à ce qu'on connaît habituellement de lui ; ici, la vacuité du langage est dénoncée (l'exercice des "A"), aussi le jeu des Japonais pourrait-il s'entendre sans lire même le texte surtitré, tout en restant signifiant en soi sur l'intention de l'auteur ; ici encore, l'indifférence que se montrent les humains est brocardée ; ici enfin, l'ultime liberté qu'on semble pouvoir s'accorder ici-bas, l'issue unique et prédéterminée étant connue de tous, semble être celle de décider de sa fin (il faudra aller voir le "Cioran" joué dans le OFF pour créer des ponts sur cette thématique).

Très certainement, les Japonais ont l’art de la lenteur dramatique et de l’onirique singulier propres à susciter le trouble ; mais l’unité de lieu, le lit, agit comme un soporifique, l’ambiance glauque de la chambrée refroidit, la difficulté à se concentrer sur le surtitrage agace, difficile enfin d'apprécier l’expressivité des comédiens ; malgré une mise en scène joliment fluide et esthétisante, l’émotion se cherche durant une heure et ne se déclenche pas. Et si c’était un rêve, et si durant une heure nous avions été dans le IN ?

Stephen BUNARD

Les réactions du public :


"On se disait que c'était a priori une pièce écrite en français par un auteur d'origine polonaire [ndlr : Visniec est roumain]. Mais ça faisait très japonais, est-ce que c'est à cause du jeu. On avait l'impression que c'était une écriture japonaise à l'origine, sans savoir à quoi ça tient. C'est bizarre."
Laura, 36 ans, instituteur

"Moi je n'ai pas aimé, je connais la culture japonaise, j'étais au Japon l'année dernière, j'aime beaucoup le théâtre traditionnel japonais, là c'était vraiment du surjeu, pour moi, ça collait pas, le rapport entre le jeu et le texte ne collait pas, j'avais l'impression de voir une série américaine."
Elsa, 30 ans, chargée de mission cinéma

L'Histoire des Ours Pandas racontée par un Saxophoniste qui a une petite Amie à Francfort (Avignon OFF)
Auteur : Mateï Visniec
Création 2008
Compagnie Repertory Theatre Kaze / Japon
Spectacle surtitré en français

Interprétation : Shigeru NAKAMURA et Ali SHIBUYA
Directeur artistique : Yoshinari ASANO
Mise en scène : Fuminari NAGUMO
Création lumières : François CHAFFIN
Musique : Shigeru YAWATA
Décors et costumes : Zuzanna PIATKOWSKA
Traduction : Satoko KAWAGUCHI
Régie générale : Sayaka EHARA
Régie lumières : Shun YASUNAGA
Régie son : Sôkô SHA
Interprétariat, communication et régie surtitrage : Ioana SINCU

Une production du Repertory Theatre KAZE de Tokyo, en partenariat avec l’Ambassade du Japon en France et avec le soutien de EU JAPAN Fest. KAZE est une des rares compagnies japonaises à diriger son propre théâtre. La troupe a été récompensée en 2004 par le Prix du grand quotidien Yomiuri, le Prix Yuasa Yoshiko, le Prix Kurabayashi Seiichiro et en 2007 par le Grand Prix Gala Star du Festival de Bacau (Roumanie).

du 10 juillet au 2 août 2008 à 16h durée 1h15
relâche les mardis 22 et 29 juillet
Théâtre du Bourg Neuf

Tarifs d'entrée :
14 € ( plein tarif )
11 € ( tarif adhérent )



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Published by Stephen BUNARD - dans Festival Off 2008
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