Air du temps

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Samedi 19 juillet 2008 6 19 /07 /Juil /2008 01:04

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Un paranoïaque a décidé de se débarrasser d’un de ses voisins parce que celui-ci dépose ses sacs poubelles sur son palier. Pourquoi pas ? Comme point de départ d’une comédie, on a connu pire.

L’ennui, c’est qu’à l’arrivée, on se dit qu’on aurait aimé que ledit voisin ait commencé par liquider le parano. Ce qui aurait dispensé le public d’écouter pendant une heure un monologue inconsistant. L’écriture d’Alain Visenthal est sans intérêt. La pub prétend que c’est drôle déjà à la lecture. En fait, cela ne provoque pas le moindre rire au sein d’un public qui subit cette logorrhée sans y trouver le moindre piment. Il est vrai qu’une des répliques affirme : « Je ne supporte plus le silence ».

Marc Gooris a beau grimacer, en rajouter, rien n’est convaincant. Le décor lui-même donne des indices sur l’incohérence de la chose : il arbore une horloge dont le rôle en tant que signe scénique est inexistant ; elle reste bloquée à 10h et le restera jusqu’au bout, comme si le temps n’existait pas. Pourtant, une heure, quand on se demande si cela va bientôt finir, c’est long.

Le bonhomme revient sans cesse sur sa rupture avec une Hélène, ressasse le dépôt des sacs poubelles, n’arrête pas de téléphoner à sa concierge, se targue de collectionner des poils humains d’origines anatomiques diverses, se prend pour Don Camillo dialoguant avec Dieu comme le fit autrefois Fernandel, ressasse des passages de la Bible… Il envisage même de se suicider, au point d’aller chercher en coulisses une corde pour se pendre. Hélas ! il ne le fait pas. 

L’apparition, à deux reprises, d’un travesti se ressent à la façon d’un cheveu dans une soupe. C’est le "deus ex machina" (merci, Seigneur !) censé relancer la caricature et le déroulement d’un scénario dans lequel il ne se passe strictement rien. La question, posée à un moment de la représentation par le personnage de Vincent Martinet (à qui il a dû manquer au cours de sa jeunesse quelques fessées), réclame sans nul doute une réponse affirmative : « Serais-je un artiste incompris ? »

Michel VOITURIER

Au théâtre des Corps Saints, 76 place des Corps Saints à 16h15 jusqu‘au 2 août (0490 16 07 50)

Le Plan
Texte : Alain Visenthal
Mise en scène : Marc Gooris
Distribution : Marc Gooris,  Armand  Richelet
Musique : Armand Richelet

Production : Cie de la Grande Ourse – La Posterie, Centre culturel de Courcelles

Photo © ………………………………




Par Michel VOITURIER - Voir les 6 commentaires - Ecrire un commentaire
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