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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

13 mars 2006 1 13 /03 /mars /2006 10:03
On est surpris de constater que - vraiment - des erreurs humaines, nous ne tirons pas de leçon. Facile d'avoir des grandes idées, de belles idéologies. Mais les pires crimes restent ceux commis dans l'indifférence générale, noyés par un quotidien qui brouille les pistes, sert d'alibi à nos faiblesses... Comment ne pas s'identifier à ces personnages - attachants, oui, il faut le dire - qui deviennent peu à peu répugnants d'indifférence. Ils ont des projets de vie dans un contexte mortuaire : deux univers parallèles se côtoient, dans une logique implacable : ils enfantent et tuent, ils mangent et affament, ils aiment et violent. Et tout ceci avec une légèreté, une gaieté, une insouciance qui décontenancent. Les actes gravent sont annulés. Rien n'est imprimé sur le disque dur, pas moyen de faire entendre une vérité, ces êtres humains sont imperméables, pitoyables, et impitoyables, grotesques. Ils sont humains et jusqu'au bout ira leur folie et leur don d'ignorance. Ils sont devenus des bourreaux ordinaires.

Un siècle d'industrie, de Marc Dugowson, est mis en scène par Paul Golub au Théâtre Firmin Gémier à Antony (92). Cet auteur et ce metteur en scène ont su avec honnêteté et simplicité raconter cette période déroutante de l'histoire : la guerre 39-45 et l'extermination des Juifs. Avec beaucoup de pudeur, les comédiens jouent vrai et juste. Le texte est remarquablement bien écrit, l'histoire est clairement sombre... Une rencontre entre le public et l'équipe artistique confirme ce souci d'honnêteté et de respect pour aborder un sujet encore brûlant. Un point reste en suspend cependant.
Sans mettre en question la gravité du sujet, le théâtre doit-il être "porteur de missions" ? Quand le metteur en scène et les comédiens s'investissent d'une mission, le spectacle n'en perd-il pas en intensité, en vérité ? La situation n'est-elle pas amoindrie ? On aurait aimé que le metteur en scène - ou l'auteur - fasse davantage confiance au public et n'évoque que plus subrepticement les échanges commerciaux entre le constructeur de crématorium de la Firme Kolb et le directeur du camp nazi et appuie ainsi davantage sur la gaieté et la légèreté des personnages : le contraste entre les deux univers en aurait été encore plus saisissant. En ce sens, La Vie est belle de Roberto Benigni en est un exemple probant. La gaieté des personnages et du moment vécu n'enlève rien à une situation dramatique : au contraire, elle l'intensifie.


Jusqu'au 12 mars 2006 au Théâtre Firmin Gémier - Place Firmin Gémier
92160 Antony
Location : 01 46 66 02 74 18
Puis jusqu'au 19 mars 2006 au Théâtre Jean Vilar - Théâtrales Charles Dullin. 1, place Jean Vilar - 94400 Vitry-sur-Seine
Location : 01 55 53 10 60

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Published by Marie-Pierre Ferré - dans Chroniques 2005-06
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