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Festival d'Avignon

19 juillet 2008 6 19 /07 /juillet /2008 23:45
COUP DE CŒUR RUEDUTHEATRE

L’UNE CONTRE L’AUTRE… TOUT CONTRE…


Servi par deux comédiennes splendides qui font un sans faute, le texte magnifique de Christian Rullier prend une dimension fassbinderienne dans un décor minimal et presque inutile. Un affrontement titanesque.

La scène est plongée dans le noir lorsque les projecteurs éclairent deux visages. Deux femmes se font face. Annabelle et Zina. Deux êtres que tout semble opposer. Deux femmes aussi éloignées que les initiales de leur prénom dans l’alphabet. Quoi que… Le A et le Z peuvent aussi se toucher. Si l’on forme un cercle. « Caressez un cercle, il deviendra vicieux » disait Guitry…


La situation de départ de ce texte admirable peut paraître retorse, en effet. Cinq ans après avoir brisé le destin d’Annabelle qu’elle a privée, par un mauvais coup de volant, de son mari et de son fils, Zina rencontre celle qui a réchappé à l’accident et a tout perdu. Un duel semble inévitable. Mais progressivement, c’est un jeu cruel mêlé tant de haine que d’attirance, d’incertitudes et de contradictions qui se tisse, avec le désir qui laisse poindre sa flèche insidieuse. Les masques tombent, les évidences éclairent d’un jour nouveau les existences des deux femmes enfermées dans un carcan social aux dents d’un acier bien pire que celui des véhicules à l’origine du drame. Et le tout, pour Annabelle et Zina est de sortir, de se désincarcérer de cet amas de tôles froissées, de renaître.

Mais qui est qui et inversement ?

Avec une mise en scène minimaliste où même un étrange décor composé de chaises semble inutile, Jean-Charles Mouveaux mise sur ses comédiennes. Leur performance est indéniable. Le texte ne leur résiste pas, malgré sa rudesse, ses longues phrases, ses chausses-trappes verbales et les registres de jeu qu’il impose. Anna Moret et Anne-Lise Roland, la blonde et la brune, que l’on verrait bien dans « Les Larmes amères de Petra von Kant » de Fassbinder (le texte de Rullier nous y renvoie indéniablement) se livrent avec force, sensibilité, pugnacité à ce jeu de miroirs, de renaissance, chrysalides s’éveillant sous nos yeux à une réalité qu’elles ignoraient parce qu’enfouie dans les carcans de la respectabilité. D’un phrasé exigeant, elles offrent un duel qui finit presque en duo, avec ses phases laissant au spectateur le libre arbitre de l’interprétation (rêve ou réalité ?). Elles sont le corps et l’âme de cette pièce et même si le propos est rude, leur plaisir de jouer nous est renvoyé avec une lumineuse évidence. A tel point qu’elles se sont lancées le défi d’intervertir leur rôle une fois sur deux. Une manière de plus de rapprocher ces deux personnages qui décidément ne sont pas si éloignées que ça l’un de l’autre. En tout cas, une raison pour aller les voir et une de plus pour y retourner…

Franck BORTELLE (Paris)

Annabelle et Zina
De Christian Rullier
Mise en scène : Jean-Charles Mouveaux
Assistant mise en scène : Florent Oullié
Avec Anna Moret et Anne-Lise Roland
Tous les jours sauf le dimanche, du 7 juillet au 2 août 2008 à 20h (relâche les 25 et 26 juillet)
Aktéon Théâtre, 11 rue du Général Blaise, 75011 Paris
Métro : Rue St Maur ou St Ambroise
Réservations : 01 43 38 74 62
www.akteon.com
Le 3 août au Théâtre Pixel (dans le cadre du festival été), 18 rue Championnet, 75018 Paris
A Besançon les 26 et 27 septembre au Théâtre de l’Etoile. 26 rue de la Basilique

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Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2007-08
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