Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Retrouvez nos critiques théâtrales sur :
Les informations sur nos cours d'improvisation théâtrale à Paris :

Musarder



Inscrivez-vous
au Club des abonnés (gratuit)




Découvrez nos cours d'improvisation théâtrale

Tous niveaux - 7e année

Les inscriptions sont ouvertes pour les cours d'improvisation à Paris qui débutent en septembre. Au choix, en français ou en anglais.



Nouveau !

Rejoignez notre cours d'impro en anglais :



Coaching prise de parole

           

Mois Après Mois

Festival d'Avignon

20 juillet 2008 7 20 /07 /juillet /2008 02:22

UNE TRAGEDIE MODERNE

Le choc de cultures, l'incompréhension de l'autre. Quand la peur mène la danse, la rencontre peut se transformer en confrontation et la confrontation en drame. La compagnie Ilot-théâtre nous propose une interprétation magistrale d'un des grands classiques de Koltès.

Un chantier en Afrique. Enfermés dans leur enclos de béton et d'acier, une poignée de Français sont confrontés à la venue d'un étranger : un Noir que l'argent ne peut corrompre, que l'alcool ne peut saouler. Il est venu chercher le corps de son frère, mort sur le chantier, assassiné par le contremaître. La rencontre entre cet autochtone, guidé par des valeurs « archaïques », et ces colons français brandissant l'étendard de la culture occidentale, préconisant l'alcool comme remède à la peine et l'argent comme panacée universelle, va tourner à l'affrontement.



Un terrible ouragan

La violence stupide et aveugle de la modernité, le sacrifice des valeurs humaines et humanistes sur l'autel de l'argent, l'impossible compréhension entre les hommes sont des thèmes récurrents dans l'œuvre de Bernard-Marie Koltès.  Serge Irlinger a choisi de les traiter d'une façon aussi intelligente qu'efficace. Le chantier devient une cage, un ring. La violence est exaltée par la promiscuité des protagonistes et la musique rythmant l'action : un ensemble de percutions graves et tonitruantes.

Les spectateurs, habilement disposés autours de ce ring, deviennent à la fois complices et voyeurs de ces déchirements. Mêlés à l'espace scénique, ils ne peuvent plus ignorer cette brutalité, ils la vivent, la ressentent, elle les emplit. Rares sont les pièces plongeant le public dans un tel trouble. Désœuvré, désarmé, il est contraint à l'introspection et à la prise de position. Ne sommes-nous pas quelque part ce jeune contremaître paumé dévoré par la peur et la colère, ou ce vieux fou de chef de chantier croyant que l'amour peut être acheté, que la mort et le chagrin peuvent être balayés par une poignée de dollars?  C'est vibrant, prenant, insoutenable ! La troupe a su suspendre le temps et emporter le public dans sa folie.

Sébastien COTTE

Les réactions du public:

« Un travail intéressant sur le rapport entre le spectateur et la scène. Le texte de Koltès est magnifié par la mise en scène. La musique, la demi-obscurité sur la scène, la proximité avec les comédiens plongent le public dans l'action. C'est fantastique. »
Claude et Nicole, 65 ans, retraités de l'enseignement

Combat de nègre et de chiens de Bernard-Marie Koltès
Fabrik' Théâtre à 10h15
Réservation: 04 90 86 47 81
Mise en scène:  Serge Irlinger
Avec: Joël Fréminet, Grégory Henno, Laure Huselstein, Jean-François Rousseau, Serge Irlinger, Sébastien Tardon
Musique: Pierre-Jules Billon
Scénographie: Danièle Dragunsky

Partager cet article

Repost 0
Published by Sébastien COTTE - dans Festival Off 2008
commenter cet article

commentaires

Chronique Fraîche