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Festival d'Avignon

20 juillet 2008 7 20 /07 /juillet /2008 10:37
COUP DE COEUR RUEDUTHEATRE

UN APPEL DECHIRANT

Sans le moindre artifice, à la seule force du mot et de la puissance évocatrice du jeu des comédiens, la compagnie Kick Théâtre met en vie les mots de Yasmina Khadra. Un spectacle puissant qui résonne fort dans l’actualité, ricoche sur nos vies. Et donne à réfléchir. Longtemps…

Irak. Dans son village, un jeune Bédouin suit une vie tranquille, fuyant des conflits qui le dépassent, se sentant plus à même de « subir mille ans de violence que de l’infliger une heure ». Une vie qui aurait du se poursuivre sans heurt et qui va pourtant basculer. Parce que la bêtise humaine est parfois plus grande que l’humanité. Parce que les gens peuvent se côtoyer sans se comprendre. Ni dans la langue, ni dans la culture, ni dans les valeurs. Et la méconnaissance de l’autre entraine trop souvent la peur, laquelle confine au drame.



Rencontre percutante entre des mots et une mise en scène

Déjà, le texte est superbe. Et la beauté d’écriture de Yasmina Khadra rencontre ici une mise en vie qui lui donne une résonnance plus forte encore. Les choix de mise en scène, qui s’annoncent encore en chantier, semblent pourtant permettre de dégager un maximum de force. De l’insouciance enfantine d’un chat perché jusqu’au dénouement du drame annoncé, les comédiens font évoluer le récit avec une rare intensité, la présence féminine du trio permettant par ailleurs une mise en abyme salutaire. D’autant plus salutaire que les comédiens évoluent au grand jour, sans artifice de lumière et que les spectateurs ne peuvent se retrancher derrière le traditionnel - et parfois confortable - quatrième mur.

Alors, une chape de plomb se pose sur la salle. Le public, qui devient parfois acteur plus ou moins volontaire (mais jamais contraint), ne peut se détacher de cet opus sans musique, de ce chœur de tragédiens qui déroule son drame. L’absurdité de la violence, le non-sens de la terreur et l’insanité du terrorisme sont mis en exergue, sans pour autant poser un jugement manichéen sur la chose. Les perspectives prennent alors une nouvelle dimension. Les certitudes, de tout bord, s’étiolent. Et l’empathie affleure, comme un ultime espoir d’un lendemain plus humain. Troublant et sublime.

Karine PROST

Les Sirènes de Bagdad, à l’Association Repère (10 rue Rateau)  04 90 16 08 55
Jusqu’au 22 juillet, à 19 heures
Avec : Rachid Benbouchta, Farid Bentoumi, Catherine Le Hénan
Mise en scène : René Chéneaux

photo@DR

Réactions du public:

« Jamais plus je ne verrai les actualités sur l’Irak de la même manière ! »
« C’est fort, c’est tellement fort, que l’on peut difficilement en parler immédiatement. Mais il faut voir ce spectacle, absolument ! »
Laure, étudiante.

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Published by Karine PROST - dans Festival Off 2008
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commentaires

Vanillabricot 21/07/2008 16:17

J'ai aussi beaucoup aimé. C'est noir et très fort. C'est un beau moment de théâtre, qui bouscule, qui fait réfléchir, qui assomme aussi un peu. Bravo a tous!!

Chronique Fraîche