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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

22 juillet 2008 2 22 /07 /juillet /2008 01:49
Jean-Yves Picq, auteur, metteur en scène et comédien, a collaboré avec de nombreux théâtres et de nombreuses compagnies de la décentralisation tels que le TNP à Villeurbanne, Les Ateliers, L'Attroupement, Les Trois-Huit, l'Équipe de Création théâtrale de Chantal Morel.
Depuis 1985, il se consacre presque exclusivement à l'écriture théâtrale. Plusieurs de ses pièces ont été publiées, traduites, jouées à l'étranger et sont régulièrement reprises en France.
Jean-Yves Picq a été plusieurs fois résident à la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon, ainsi que boursier du Centre national du livre, de la Fondation Beaumarchais et du ministère de la Culture, direction du Théâtre et du Spectacle.

« Avant mon arrivée en septembre dernier, Pascal Papini, mon prédécesseur et ami, a beaucoup développé le conservatoire, notamment les rencontres interconservatoires, l’accès aux spectacles pendant le festival, et notamment les aspects pédagogiques, qui font que ce département théâtre est considéré comme pilote par le ministère, essaimant à partir des initiatives nées à Avignon. (…) Mon objectif va être de réaffirmer l’orientation sur le théâtre contemporain, d’accentuer le travail de plateau dans le cycle d’enseignement initial ; nous sommes trop perçus comme généralistes aujourd’hui, pas nécessairement orientés sur l’acteur, je voudrais remettre de l’artistique pour que la pédagogie tourne, plutôt que mettre en avant la pédagogie en pensant que l’artistique suive. C’est là une évolution naturelle du conservatoire à ce stade de son développement. (…) Je prends un exemple, en 2008/2009, nous travaillerons avec les étudiants sur Michel Vinaver, l’idée est de travailler un auteur contemporain pour renvoyer vers l’ensemble du théâtre contemporain, le mettre en lumière et en contradiction avec d’autres auteurs de son époque, ce qu’on pourrait appeler des ‘navettes mythiques’. »

« Je me demande si nous ne sommes pas en train d’assister dans le Off à un baroud d’honneur du théâtre, avec un millier de spectacles… Le paquebot avance encore mais les moteurs sont éteints, un jour il va s’arrêter. Et je crois que ce jour là, le désert sera arrivé. Ce n’est pas la mort du théâtre, attention, il continuera à s’inventer, mais avec aussi ‘l’étrange silence’ que l’on vit depuis trois ans autour du statut des intermittents, notamment, cela aura des conséquences économiques désastreuses. Forcément. »

« J’ai beaucoup écrit moi-même sur le rapport à l’économique, en m’interrogeant : par quel type de fable peut-on raconter, alerter et nommer le monde ; l’économique étant devenue une métaphysique et une sorte de fatalité. J’avais lu un rapport de l’OCDE en 1993 qui prévoyait de façon presque fasciste ce qui allait se dérouler dans les 15 prochaines années. »

« Quelqu’un qui m’impressionne beaucoup, c’est Hanock Levin ; dans le théâtre contemporain israélien notamment, il y a une capacité à attaquer de front des problématiques schizophréniques ; nous sommes devenus en Europe beaucoup moins critiques et virulents, on fait beaucoup d’autofiction. »

« On peut dire encore des choses aujourd’hui bien sûr. Dans les spectacles qui dénoncent la merchandisation du monde et de la culture, si on en ressort confirmés comme victimes, je ne suis plus d’accord. Nommer le monde, c’est pouvoir s’en emparer, il est devenu complexe de le nommer c’est vrai, mais plutôt que mettre l’affect au centre du plateau comme ce que je le vois désormais trop souvent sur scène, remettons de l’intelligence et revenons au ludique, au distancié brechtien. Il ne suffit plus de vomir que l’homme est craquelé, mais de prendre conscience du processus à défaut d’agir, et réfléchir dessus. Par exemple sur le Kosovo, j’ai écris ‘Donc’ , un groupe qui s’interroge sur un homme qui ne parle pas. C’est ludique ; tandis qu’on évoque la difficulté à parler quand on sort de tels événements et qu’on devient un bouc émissaire épouvantable pour les autres. »

« Si j’étais un personnage de théâtre ? Peut-être Prospero dans La Tempête. »

Quelques pièces de JY Picq :
Le Cas Gaspard Meyer, Ailleurs toutes, Donc, Le Contrat des Attachements
OFF 2008 :
Ailleurs toutes, Chapelle du Verbe Incarné, 20h45
Le Contrat des Attachements, Arts en Scène, à 13h45

Propos recueillis par Stephen BUNARD


Il y a presque 10 ans déjà, Jean-Yves PICQ publiait cette tribune et y criait son amour du théâtre et son optimisme à toute épreuve:

Théâtre public et mondialisation  (1999)

"Résolument pessimiste, comme nous tous sans doute, sur la conduite actuelle de nos so-ciétés et les conséquences de la pensée dominante (plus exactement, de l’absence dominante de toute pensée), considérant que le propre d’une pensée unique ou globalitaire, comme on voudra, est de faire en sorte que même quand on lutte contre elle, on ne fait que la confirmer, on ne de-vrait voir aucun avenir pour les structures dites culturelles en place, si nos plus grandes scènes institutionnelles - à quelques exceptions près, bien sûr ! - continuent de suivre leur gentil train-train, faisant de l’acte théâtral un acte académique, mondain et le pire de tout sans doute, un acte  “ vain”.

Brutalement et grossièrement dit,  il est difficile de voir, dans l’état actuel des choses, quelle force sera capable de s’opposer au démantèlement d’un Ministère de la Culture, par exem-ple, (qui ne date que de cinquante ans et qu’on a un peu trop tendance à considérer comme im-mortel) et certainement pas le Théâtre Public lui-même, dont les représentants sont pour la plu-part dramatiquement  muets sur tous les conflits actuels, y compris sur ceux qui concernent leur propre profession.

Que ce démantèlement ait été annoncé, il fut un temps,  par un Le Pen dans ses vindictes coutumières , nous permet peut être de hausser abusivement les épaules et de ne pas y croire. Ça n’occulte en rien le fait qu’il soit déjà en oeuvre, et que tout gouvernement futur, de quelque bord qu’il soit, y sera contraint, d’une manière ou d’une autre, car  pourquoi un Ministère de la Culture , selon la pensée en cours ? Si la Culture est ce qui reste quand on a tout oublié, oublions la Culture et son Ministère et voyons ce qu’il en reste.

Résumons et passons : oui, il est à craindre qu’il n’y ait pas grand monde dans les rues pour protester, aucun mouvement public d’envergure pour peser sur une telle décision. Pourquoi y en aurait-il  ? Plus peut-être que par une baisse de la fréquentation des salles (traditionnelles), ou que par le vieillissement de son public (les militants culturels des années 70 sont fatigués, eh oui !) c’est à cela , cette improbable mobilisation, ce désert, que l’on peut dire qu’il s’est passé quelque chose de grave au théâtre ces 20 dernières années.

Mais, quoi ? Qu’est-ce qu’il s’est passé au juste ?

Eh bien rien, justement, ou pas grand chose, du moins pour ce qui concerne le question-nement du Monde ! Juste du retard ! Un retard coupable. Dangereux. (Peut-être le verrons-nous trop vite !) Mais en quoi consiste ce “retard-là“ et est-ce dire que nos ténors en sont seuls et per-sonnellement responsables ?  Bien sûr que non. Ils ne font que suivre, après tout, cette conception bien française du théâtre : un théâtre culturel d’État. 
   
On nous rabâche que beaucoup de pays nous envient justement nos subventions actuelles, nos aides, nos bourses, nos régimes sociaux (pour combien de temps ?), bref, notre exception culturelle, et qu’il ne s’agirait pas de jeter le bébé avec l’eau du bain ni de cracher dans la soupe. Si c’est à la condition de la « mondainisation », de la notabilisation, de l’académisme cités plus haut, il convient de s’interroger. Nous savons depuis Godard qu’il est dans la nature de la culture de vouloir la mort de l’art. La preuve : les nouvelles lois de décentralisation et les politiques me-nées depuis par l’ensemble des Drac (repli général et frileux sur les institutions et concentration massive des subventions sur elles, fin des projets dits d’émergence, retrait des soutiens aux jeunes compagnies, alignement général sur les lois du marché pour les arts plastiques, demande de plus en plus explicite aux peintres, danseurs, sculpteurs, chanteurs, acteurs, écrivains d’intervenir sur le front social - ce qu’ils faisaient de toute façon avant - sous forme d’animations-prétextes ou d’interventions-alibis - (qu’ils servent au moins de contre-feux  à d’éventuels remous sociaux, ceux-là, puisque de toute façon on ne lit pas ce qu’ils écrivent, on n’écoute pas ce qu’ils chantent, on ne va pas voir ce qu’ils peignent, jouent ou sculptent, etc.. etc.), tout cela donne raison à Go-dard.
   
Accordons-nous, à nous tous, cette excuse: “ On ne peut pas sortir de sa culture. On est né dans sa culture, à sa culture, on a ainsi une certaine vision du monde qui est la seule possible. La culture est une sorte de biais. C’est une forme de préjugé sur la façon dont nous voyons le monde, dont nous nous voyons.” ( Edgar Morin et Christoph Wulf, Planète: l’aventure inconnue, ed. Mille et une Nuits) . C’est donc bien de notre culture en effet, de cette fichue Culture d’État, que les Drac et les Institutions sont dépositaires, officiellement. Que cette culture puisse être “un préjugé” et un enfermement ne semble troubler personne. La version officielle est que la culture est une ouverture. Une ouverture à quoi ?

Dérisoire et injuste présentation ? Je l’admets, mais elle a  pour  fonction de mettre en avant une chose plus profonde : l’acte artistique ne peut être consensuel. Il est, de part sa nature, une remise en cause radicale et permanente de tout effet de réalité, il la démasque, comme dirait Jean Baudrillard. Le retard pris est là : dans cette absence de remise en cause de la réalité. Nous allons payer très cher la politique culturelle consensuelle qu’a suivi depuis vingt ans le Théâtre public, installant sur nos scènes un drôle de silence,  prudent d’abord sur ce qui se passait dans le monde (c’est difficile, vous comprenez, d’y voir clair ) ce silence étant devenu désormais un si-lence coupable (ce n’est pas à l’Art d’intervenir, or, nous, on fait de l’Art, on est intemporel et on sauve ce qui peut l’être). Le risque de voir les jeunes générations montantes s’installer dans le silence de leurs aînés, n’ayant pour tout repère de carrière que cette pratique de l’aphasie esthéti-sante en lieu et place d’un véritable discours artistique et de prises de position autre que gestion-naire, n’est pas moindre.

Le lieu inné de la parole publique serait ainsi devenu insensiblement le lieu de sa confis-cation, en tout cas de son absence.

Si ce n’était qu’un défaut de courage politique ou civique de ceux qui font le Théâtre offi-ciel, ce serait  déjà suffisamment grave. Mais le plus grave est ailleurs. Il est dans le retard, en-core une fois, que l’on fait prendre collectivement à l’émergence de toute oeuvre nouvelle, et par voie de conséquence à la circulation de toute pensée nouvelle sur notre univers, tel qu’il se pro-pose aujourd’hui. Tel qu’il s’offre aujourd’hui (au plein sens du terme), à notre stupéfaction.

Notre époque semble presque jumelle de celle de la Renaissance. Hier, un pouvoir théo-cratique monstrueusement inculte, arc-bouté à une fausse mais bien arrangeante représentation de l’univers, quand dans le même temps les Copernic, Galilée, Kepler disaient et prouvaient qu’il en était autrement, et, aujourd’hui, un pouvoir économique tout aussi monstrueusement inculte, et tout aussi arc-bouté à une conception frauduleuse du monde , alors que la mécanique quantique, l’astrophysique, la génétique appellent à le penser de façon radicalement différente.

Ces deux pouvoirs, à quelques quatre siècles de distance, agissent  semblablement pour conserver leur monopole, l’un par la grillade généralisée des corps, les odorants bûchers, l’autre par la grillade tout aussi généralisée  mais mentale  celle-là, qu’est le chômage massif, cette élec-trocution des neurones. (On ne dira jamais assez que la guerre économique en cours fait plus de millions de morts que la deuxième guerre mondiale). La désespérance de la pensée économique selon le FMI, l’OCDE, l’OMC et tutti quanti  (l’être humain n’est pas le but ) conduit naturelle-ment à une crise de la représentation de la démocratie, censée  exprimer les buts, justement,  de  ce même être humain.  Cette crise de la représentation à tous les niveaux de notre humanité ( économique, politique, social, culturel, etc...) est la porte ouverte  à tous les démons de notre in-humanité. Et c’est l’origine de la grande colère que l’on peut éprouver pour le Théâtre public que d’être tout simplement absent de ce débat.

Ainsi, chaque fois qu’on nous fait croire que ce qui nous préoccupe aujourd’hui est mieux dit ailleurs, chez tel auteur d’un siècle précédent (qui n’en a cure et serait sans doute bien intrigué par une telle exploitation de ses oeuvres, se demandant pourquoi notre temps ne parle pas de lui-même et sur lui-même comme un grand), on confisque tout débat, on détourne attention et ré-flexion au nom d’une  permanence universelle des dominantes humaines bougrement suspecte. On prend ce risque inouï de ne plus savoir comment et avec quels outils nommer notre propre réalité,  et n’y parvenant plus, ayant perdu cet “ usage “,  de tout bonnement ne plus en avoir, de réalité. Que l’avidité et la barbarie soient des permanences humaines rend encore plus urgente la nécessité de dénoncer les formes particulières qu’elles prennent à chaque époque.

Faire croire (Drac et institutions) que Molière,  Marivaux, Hugo, Labiche nous permettent de mieux saisir ce qui fait l’essentiel de notre réalité actuelle (la globalisation et la sacro-sainte  guerre économique par exemple,  puisqu’on nous en assène  tous les matins les principes), est d’une lâcheté sans nom. Cela permet d’éviter de nommer ce qu’il y a dans ce concept de globali-sation et de guerre économique: une économie de guerre, à l’échelle de la planète,  entretenue et dirigée du haut de leurs corbeilles par les seuls stratèges d’aujourd’hui, les stratèges financiers. Dans ce type d’économie, et sans les moyens de la dénoncer, la question fondamentale qui risque bientôt de se poser  à nous tous  sera la question de notre réelle participation  à notre propre exis-tence plus que de sa dérisoire amélioration, culturelle ou pas.
Il ne manque pourtant pas de livres, d’articles, de réflexions, de cris d’alarmes, d’enquêtes, de témoignages de la part de gens courageux, lucides, instruits et déterminés pour oser affronter de face nos viandards du monde, nos charogniers de la Planète. Par contre, il man-que singulièrement un théâtre.

Qu’on ne nous leurre pas sur la prétendue complexité de l’économie contemporaine et la difficulté d’en rendre compte au théâtre. L’amour humain est pour le moins  tout aussi complexe et il semble que le théâtre parvienne parfois à en rendre compte. Qu’on ne nous dise pas non plus que ce n’est pas là l’objet du Théâtre. Quand l’économique est devenu le champ de bataille de l’humanité, un champ quasi métaphysique, shakespearien, c’est le devoir du théâtre de le prendre comme objet de questionnement. C’est une vieille technique de troubler les eaux pour qu’elles paraissent profondes et de dire que c’est compliqué quand ce n’est que complexe. (C’est autre-ment plus complexe  d’inventer la Sécurité Sociale, par exemple, que de simplement la défaire en disant que c’est devenu trop compliqué). Quand l’économie se situe comme une fin et rompt avec son statut de simple moyen, ça dit qu’il n’y a plus de pensée active sur l’homme et son destin, ni de projets pour lui et sur lui, bref, qu’il n’y a plus d’ambitions de société. Donc, qu’il n’y a plus, non plus, de désir d’art. Ne serait-ce que cela nous oblige à dénoncer cet état de fait. Pas de l’entériner !

Mais pourquoi, après tout,  accorder une telle importance au fait théâtral, si minoritaire dans notre pays, si marginal ? Pourquoi le charger tel un baudet de tous les manquements actuels, comme s’il devait être à lui seul responsable  de la qualité et de la profondeur du débat public ?

Il y a une très belle scène dans “ Le Regard d’Ulysse  “  d’Angelopoulos qui en dit long là-dessus. Parce que le brouillard s’est installé sur Sarajevo, empêchant ainsi les tireurs isolés de “s’exprimer “ ,  on voit la population civile, pâle, délabrée, affamée, sortir des ruines et des caves où elle se terrait et... faire  quoi ? Du théâtre et de la musique !  Première nécessité, première ur-gence pour sortir de la seule pensée de guerre dans laquelle on voudrait la tenir.

Cela me permet d’énoncer enfin, très concrètement, la légitimité fondamentale de l’acte théâtral selon moi, une légitimité toute simple, presque dérisoirement pratique : quand du fait d’une panne prolongée d’électricité pour cause de grève, de catastrophe naturelle, de guerre ci-vile, d’apocalypse, radio, télévision, cinéma, Internet se trouveront mis hors d’usage, donc inca-pables d’assurer leur dite “mission de représentation du monde” (alors qu’ils sont plus souvent les instruments même de sa confiscation),  eh bien, une bougie et trois cailloux suffiront au théâ-tre pour assumer la sienne, de mission, et continuer à le questionner, ce monde catastrophé, en grève, en guerre civile ou autre.

Je ne suis pas pour ce type de scénario catastrophe, bien entendu, ni pour ce minimalisme de moyens, je dis seulement que c’est ce qui fonde finalement l’authenticité de l’acte théâtral et que c’est ce qui me le rend précieux. Mais c’est ce qui, du même coup, me rend très colère  par rapport au retard pris par lui  - qu’on lui fait prendre - pour cause de raison culturelle, notable, esthétisante, et autre raison gestionnaire de bon aloi.
 
Que la flamme d’une bougie et le choc de trois cailloux puissent être un jour d’un grand recours, pour au moins chanter, envers et contre tout, la joie ou la douleur d’exister, donc de questionner, peut bien sûr prêter à rire. Mais ce n’est pas être passéiste, je crois, que de rappeler à tout navigateur entreprenant la traversée de l’Atlantique, avec à son bord la plus haute technolo-gie et la navigation par satellite, que ces merveilles de la technologie ne le dispensent pas de sa-voir faire le point au sextant, sous peine de se trouver complètement perdu et à l’abandon sur la mer immense en cas de défaillance, même minime, de ses batteries.

L’acte théâtral, dans l’immensité du nouveau siècle, aura quelque chose à voir, il me semble, avec la pratique du sextant.

De là vient, dans le pessimisme ambiant, mon optimisme radical dans la nécessité de théâ-tre. Et  donc d’un possible retour du public vers lui."

                                     Jean-Yves Picq







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Published by Stephen BUNARD - dans Festival Off 2008
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