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Festival d'Avignon

23 juillet 2008 3 23 /07 /juillet /2008 22:41
QUAND OSTERMEIER INTERROGE LE POUVOIR

Si le festival d’Avignon In donne cette année une place particulièrement importante aux acteurs, l’adaptation de l’allemand Thomas Ostermeier ne trahit pas cette tendance. Le metteur en scène berlinois s’est associé à l’auteur Marius Von Mayenburg pour traduire et adapter le texte de Shakespeare. Théâtre engagé ou politique s’il en est, ce Hamlet réunit une production de six comédiens seulement pour une vingtaine de rôles. Voilà qui a pu ouvrir un champ des possibles ou donner une impression troublante au public.

Le metteur en scène allemand dont la création était très attendue a cependant été précédé de l’impressionnant « Inferno » de Roméo Castellucci. Et l’occupation des lieux, en l’occurrence la Cour d’honneur du Palais des Papes, pousse à l’inévitable comparaison. Mais celle-ci était-elle possible ? « Il se trouve qu’il ne tire pas grand parti du lieu » a-t-on pu entendre dans la critique et  le public. Mais outre la beauté esthétique ou plastique d’un spectacle, on peut encore y voir quelques splendeurs narratives pour combler cette faiblesse et inversement.

« L’attente n’est ni clairement déçue, ni vraiment comblée » relève Fabienne Darge dans Le Monde (édition du  17.07) car explique-t-elle, « la première a laissé un sentiment partagé (…) sans excès. » Une réaction mitigée donc qui ne semble faire ni chaud, ni froid alors que l’été, lui aussi, se fait attendre.
Il semblerait, consent-elle à dire que : « Ostermeier ait manqué de temps pour dessiner avec netteté « son » Hamlet. »  Cet avis ne tient pas à la scénographie de Jan Pappelbaum, mais davantage dans un « coté abrupt, de manque de transition, une certaine rudesse » qui a beaucoup dérangé une partie de la critique, tandis qu’une autre partie semble avoir clairement apprécié ce parti pris.
Ce n’est pas semble-t-il non plus la faute des comédiens dont le jeu a été « d’une rare intensité. » Et Fabienne Darge désigne un seul responsable : « la fluidité et l’efficacité scéniques » sont bien là mais « ce Hamlet ne prend pas vraiment. Comme si le metteur en scène n’avait pas encore parfaitement ajusté sa focale. »

Fabienne Pascaud dans Télérama (édition électronique du 19.07) estime que « la pièce, excessivement chahutée par l’adaptation très spectaculaire et cinématographique de Marius von Mayenburg, vieux complice de Thomas Ostermeier. » Pour elle, la création pose une question d’accessibilité : « certes le spectateur peu familier de l’œuvre-maitresse de Shakespeare (…) aura du mal à se retrouver dans cette représentation destroy et survoltée où six acteurs seulement se partagent une vingtaine de rôles (...) » Mais Fabienne Pacsaud nuancera son propos en faveur d’Ostermeier : « comme toujours (…) son formidable appétit de comprendre et de partager le théâtre au plus urgent, au plus violent, emporte le morceau. Et si cet Hamlet-là n’est pas forcément des plus subtils, il entraîne superbement le public au royaume de la folie. »

Une constante est de dire que le spectateur a eu du mal à suivre une création qui n’a pas atteint son apogée. Un manque de finition, qui conduit la critique Marie Baudet à évaluer dans La Libre Belgique (édition du 18.07) qu’il s’agit là, d’un « précis de dégringolade dans la Cour d’honneur » même si au final, elle aime cette version « nerveuse, originale, contemporaine sans excès, consciente de la portée politique sans oublier l’humain derrière les pantins. »

Pourtant, c’est dans un article paru pour le quotidien suisse Le Temps (édition du 19.07) que Marie-Pierre Genecand juge que ce Hamlet a littéralement séduit son public. « Cet Hamlet a quelque chose de colossal » reconnaît-elle. Notamment « dans la folie triviale » ; et elle ne voit rien de mal à « cette manière de se partager à six les vingt rôles de la tragédie Shakespearienne. » Dans son analyse, ce détail campe dans l’excès en raison d’une fable où tout est corrompu ! Elle offre une autre piste de lecture. Elle n’en oubli pas pour autant la mesure d’une soirée où « l’excès lasse parfois, quand il devrait affoler. » Elle trouve que le public avignonnais a largement salué cette particularité de la mise en scène du berlinois.

Dans le quotidien belge Le Soir (édition du 18.07), Jean-Marie Wynants lève pareillement un voile positif sur l’analyse de ce Hamlet contemporain. Pour lui, cette version « dynamite la pièce de Shakespeare ».  Et il ajoute : « en s’attaquant à ce monument du théâtre, Ostermeier prend la pièce à bras-le-corps et la secoue dans tous les sens. Non pas pour la malmener mais pour en faire surgir des vérités, des questions, des émotions d’une brûlante actualité. » C’est sans compter encore que « la folie sera creusée jusqu’à l’os », mesure-t-il. Et dans ce théâtre de réflexion sur le pouvoir, il y avait encore Carla Bruni et Nicolas Sarkozy dans l’air. Quelqu'un vous l'a dit ?
Christelle ZAMORA

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Published by Christelle ZAMORA - dans Festival In 2008
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