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Festival d'Avignon

24 juillet 2008 4 24 /07 /juillet /2008 12:03
ENTRE CAUCHEMAR ET MÉLANCOLIE

Stephen et Thimoty Quay ont investi la très étrange demeure qu’est l’Hôtel de Forbin de la Barben avec ses pièces en enfilades, ses recoins biscornus, ses escaliers qui se croisent. Il y ont installé des maquettes mystérieuses et y projettent des films énigmatiques.

Pénétrer dans la pénombre de cet immeuble, c’est accomplir un voyage à travers l’imaginaire. Dès le hall, le visiteur est intrigué par des images venues du carrelage. Cela grouille, se déforme, se reforme. Cela évoque des insectes, des bactéries, des virus. Cela se déplace à la manière des fantômes. Cela fascine.



Bien que se revendiquant, entre autres, de Kafka et des surréalistes belges, leur univers s’apparente davantage à celui d’écrivains fantastiques comme Jean Ray, Thomas Owen, Michel de Ghelderode. Chaque maquette se présente de manière théâtrale. C’est un décor avec ses personnages présents, ses personnages en attente de venir s’insérer parmi les objets hétéroclites qui en composent l’atmosphère.

Pour le visiteur, la promenade le mène dans des greniers où sont entassés des souvenirs palpables sous la poussière, des caveaux de quelque ziggourat exhumé par des archéologues chanceux, des brocantes où s’étalent des héritages de sorcières, des laboratoires de délires oniriques. Ils hypnotisent les regards, donnent envie d’en connaître davantage sous le piment d’une curiosité aiguillonnée par la peur.

Baroque et sensuel

Oscillant entre provocation iconoclaste, ambiance apocalyptique, ésotérisme insidieux, dérision complice, les créatures hybrides, les végétations mutantes et les assemblages grotesques forment un baroque qui ne laisse pas indifférent. Les matières apportent une sensualité particulière, patinée par un temps sans âge. Les combinaisons  du brut et du fabriqué créent des rencontres stimulantes pour l’imaginaire.

Les films d’animation que les salons désertés, les paliers élimés, les chambres hantées hébergent emmènent vers des cauchemars feutrés mais peuplés de cris, de gémissements, de tremblements, de mouvements subreptices autant qu’inquiétants. La mort côtoie les manifestations sourdes de la vie ; elle s’allie aux forces maléfiques perçues comme des ondes issues de puissants aimants.  

Michel VOITURIER


En l’Hôtel de Forbin de la Barben, 7 place Théodore Aubanel, de 12 à 19h jusqu’au 26 juillet.

Réalisation : Stephen et Timothy Quay


Photo © S. et T. Quay




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Published by Michel VOITURIER - dans Festival In 2008
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