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Festival d'Avignon

24 juillet 2008 4 24 /07 /juillet /2008 18:30
Spectacle vu pendant Avignon 2006

FANTINE RÉENFANTÉE


Laissez-vous emporter par la grâce de cet apologue tragique qui se joue hors du temps… Fantine, ce nom nous est aussi familier que celui de Cosette, de Monsieur Madeleine ou de Javert mais qui se souvient vraiment d’elle ? Que représente-t-elle aujourd’hui ? C’est ce que montrent deux comédiens qui par leurs jeux troublants raniment la figure oubliée de cette mater dolorosa.

Photo © Bérénice Fantini

Vous entrerez d’abord dans l’intimité d’une salle feutrée de noir, assis sur des petits bancs, vous ferez face à cette scène autour de laquelle va se mettre en branle l’impitoyable machinerie du destin. Qui pense encore que la marionnette est un jeu d’enfants ? Mélanie Depuiset semble jouer à la poupée mais s’efface pour lui insuffler la subtilité des sentiments. Sa Fantine serait fantoche sans la grâce de son maniement délicat. Fantine est un prolongement d’elle-même, portée, accompagnée avec tendresse ; la voix de la comédienne se nimbe de nuances enfantines qui animent une héroïne fragile et vulnérable prête à entrer dans le jeu des manipulations dont elle sera l’infortunée victime. Victime offerte à une société qui broie son lot de miséreux à la demande. Victime des hommes incarnés par le virtuose Jérôme Soufflet qui en revêt tous les masques : « Je joue tous les personnages masculins tout en restant moi-même, c’est normal, ils me ressemblent : ce sont tous des salauds. » Narrateur, amant, bourreau, patron, client, maquereau, poivrot, menteur, il est sincère mais « change souvent de sincérité ». Ainsi c’est ironiquement sous les traits de l’arracheur de dents qu’il essaie de dénoncer le mensonge dans lequel l’entretiennent les Thénardier. Peu à peu réduite à ses loques, au dénuement, Fantine devient l’objet d’une méchanceté sans conscience absoute par la résignation dont elle fait preuve. Pantin démembré, jouet impuissant de la fatalité, elle est livrée à la fosse commune, « celle qui ressemble au lit des filles publiques ». Les comédiens tamisent « les lumières du siècle du même nom » pour mieux mettre en lumière l’atemporalité de ce drame de la misère dont on fait aujourd’hui des comédies musicales.

Victime d’une société corruptrice qui se nourrit de la détresse, Fantine est cette allégorie troublante, éternelle, de l’innocence sacrifiée qui s’éteint dans la dignité des humbles et des anonymes.

Bérenice FANTINI
www.ruedutheatre.info

Fantine ou le désir coupable
D’Alain Blanchard, Victor Hugo - Cie FABRIQUE DES ARTS… D’À COTÉ
Mise en scène : Alain Blanchard
Poupée FANTINE : Einat Landais
Interprétation : Mélanie Depuiset, Jérôme Soufflet

Festival Off Avignon – Collège de La Salle – Place Pasteur Réservation : 04 90 82 47 60 Du 7 au 28 juillet à 18h30, Relâche les dimanches - Durée : 1h10

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Published by Bérénice FANTINI - dans Festival Off 2008
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