Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Retrouvez nos critiques théâtrales sur :
Les informations sur nos cours d'improvisation théâtrale à Paris :

Musarder



Inscrivez-vous
au Club des abonnés (gratuit)




Découvrez nos cours d'improvisation théâtrale

Tous niveaux - 7e année

Les inscriptions sont ouvertes pour les cours d'improvisation à Paris qui débutent en septembre. Au choix, en français ou en anglais.



Nouveau !

Rejoignez notre cours d'impro en anglais :



Coaching prise de parole

           

Mois Après Mois

Festival d'Avignon

26 juillet 2008 6 26 /07 /juillet /2008 02:48
TROP INACCESSIBLE ÉTOILE

La 62e édition du festival touche à sa fin. Les critiques se font rares, cédant le pas aux bilans. Cette édition aura été perçue dans toute sa dimension créative. Les trois volets de La Divine Comédie de Dante librement interprétés par Roméo Castellucci participent amplement à ce succès.  Paradiso ne fait pas exception même si les échos sont exceptionnels dans la presse nationale française. Quant à la presse francophone, elle semble déjà enfuie vers d’autres contrées. Plus paradisiaques ?

La question peut en effet être posée car il faut bien reconnaître comme le souligne justement Didier Mereuze dans La Croix (édition du 24.07) que « la question du sens a dominé en permanence » parmi les grandes thématiques de ce festival qu’elles soient politique, historique ou spirituelle. 

Dans Paradiso, Roméo Castellucci fait encore le pari de présenter ce volet de La Divine Comédie sans laisser son auteur placer un mot. Ce n’est pas sans tourmenter d’abord René Solis dans le quotidien Libération ( édition du 17.07) lorsqu’il analyse : « Non seulement l’artiste prétend mettre ses pas dans ceux de Dante sans faire entendre un mot de La Divine Comédie », mais encore il se permet de réduire les trente-trois chants du dernier livre à une seule image » et s’interroge : « en vaut-elle seulement la peine ? »

Quant au public, il a lui aussi observé cette vision du paradis de Castellucci dans un lieu saint : l’église des Célestins. Il l’a regardée comme l’artiste le lui a dicté : d’un œil pour mieux en saisir la lumière. Pourtant, pour René Solis, « l’inhumaine beauté de ce que l’on perçoit n’incite pas à y aller. L’image (…) est déjà un foudroyant souvenir. » S’il a raison de le dire, c’est sans compter ici sur la tentation.

Une vision qui pourrait presque rejoindre au moins techniquement celle de Salvador Dali présentée au Théâtre Musée de Figueres. Dans la salle Mae West, le visiteur peut examiner des mise en scènes à travers une lentille de réduction. L’une d’elles se nomme d’ailleurs Le Paradis. Si la comparaison est tentante, la critique n’y fait pas allusion. Une lecture attentionnée de cette dernière permet tout de même de dire qu’à contrario, Castellucci ne place pas l’éden au bout d’une lentille mais bien dans « un large hublot ». C’est un détail livré sous la plume de Fabienne Pascaud dans Télérama (édition électronique du 15.07).

Par-dessus tout, la vision offerte par Castellucci est inoubliable, indélébile, désormais inscrite à jamais dans le souvenir de ceux qui l’ont vue. « Comme un paradis hypnotique » commente encore Fabienne Pascaud où règne « un silence abyssal. »
Lorsque Dali a construit son « musée absolument théâtral », il entendait lui aussi saisir les sens du spectateur. « Les visiteurs en sortiront avec la sensation d’avoir eu un rêve théâtral » commentait-il lors de sa création.

Peut-être cette vision cohabite-t-elle dans l’œuvre de ces deux artistes. Mais celle de Castellucci n’en est pas pour autant figée et peut encore être perçue comme une menace théâtrale parce qu’elle exclue le texte du champ créatif. Cette forme de théâtre contemporain, un peu menaçante, Castellucci reconnaît la représenter  dans une interview donnée à Laurence Liban dans L’express (édition électronique du 7.07)

Enfin, dans le quotidien La Tribune, Jean-Pierre Bricoure rejoint ce constat commun à tous : « ce festival est placé sous l’empire des sens ». Il estime « ce Paradiso plus infernal que jamais », et cette création fait de Roméo Castellucci un artiste « qui frappe une nouvelle fois d’un revers ravageur » écrit-il.

Mais de cette image reste un sentiment d’inaccessibilité parfois perçu comme une « frustration » semble regretter René Solis. Une illusion impossible à atteindre. Voilà pour l’éden selon Castellucci, celui qui en venant neuf fois au festival d’Avignon sur les dix dernières années, lui a déjà donné son empreinte contemporaine. On ne peut pas se souvenir de tout mais on se souviendra sans aucun doute de Lui. Vous disiez l’artiste mis au défi ?

Christelle ZAMORA


Partager cet article

Repost 0
Published by Christelle ZAMORA - dans Festival In 2008
commenter cet article

commentaires

Chronique Fraîche