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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

8 août 2008 5 08 /08 /août /2008 23:47
COUP DE CŒUR RUEDUTHEATRE

ANNA QUOI ?

Attention, révélation ! C’est un tempérament doublé d’une artiste complète, un brin féministe et franchement féminine qui électrise la scène du « Bout » pendant ce mois d’août. C’est en ce moment LE spectacle à voir. Un vrai coup de cœur !

En quelques secondes, le public est conquis. Et ça va durer plus d’une heure. Trop courte, bien sûr. Mais quel exploit ! Devant 40 spectateurs (salle comble) elle réussit à provoquer des rires en moyenne toutes les dix secondes. Chapeau !



Comme beaucoup, elle va bien sûr se raconter. Mais contrairement à nombre de ses collègues qui pataugent dans le souvenir plan-plan « couche-culotte, premiers émois sexuels, acné, varicelle », Annadrey va dynamiter son vécu avec trois mots d’ordre : drôlerie, férocité, dérision.
Déjà, ce prénom ! Anna quoi ? D’un patronyme original, parfois seul signe distinctif chez certains pseudo artistes snobinards, elle nous fait un sketch. Annadrey c’est… Elle l’explique elle-même, sans ambages avant de développer ce thème et de fustiger notamment cette fâcheuse propension des parents à gratiner leur progéniture de patronymes aussi débiles que peuvent l’être les effets de mode, les institutions ou les comportements à la con…

Tous les contes sont à refaire

Et là, elle va dégainer sec. Et régler quelques comptes. Voire même refaire ses contes. Perrault version Annadrey, ça vaut son pesant de pierres précieuses sur le diadème de ces truffes de Cendrillon, la Belle au Bois dormant et Blanche-Neige réunies, ces parangons de niaiseries pour fillettes sages…

Bon, disons le quand même : ce spectacle est un poil féministe. Entre Dufresne et Arletty avec un zest de Foly (Liane bien sûr). Les mecs vont gentiment s’en prendre plein le museau, qu’ils soient « plus collants qu’une bande de cire sur une jambe de portugaise », chanteurs qui ne peuvent s’empêcher de dénoncer ou se baladant avec un « sac à main qui fume » (comprenez : le curé et son encensoir insensé). Mais c’est à mourir de rire et plus encore parce que la comédienne n’hésite pas à retourner cette arme de l’humour contre soi. De l’autodérision, Annadrey en a plein les replis de sa robe de flamenco de chez Gautier (« Mouloud Gautier, de Barbès ») et ne se prive pas d’en distiller, notamment dans les chansons dont elle ponctue son spectacle.

Eh oui ! Car en plus elle chante ! Et bougrement bien. Le delta de tessitures vocales est impressionnant. Chaque titre, qu’elle a écrit elle-même bien sûr, se love avec pertinence au milieu des sketches, assurant rythme et continuité parfaite à l’ensemble du  spectacle.  Un peu comme Céline Caussimon, elle secoue le cocotier des conventions tout en prêtant le flanc à quelques harangues potentielles quand elle joue les ménagères parfaites pour dompter le mâle (« Viens dans ma cuisine » : un sommet !). Maniant le mot juste, le calembour et l’ambivalence sémantique, s’aidant d’accessoires délirants (un éventail à faire pâlir les danseuses de flamenco bonnes cuisinières…), cette Carmencita  livre un show magistral qui n’a aucun mal à sortir du lot. C’est intelligent, précis, travaillé. Mais surtout ça va plus loin que tous les spectacles que l’on peut voir en ce moment. Et c’est peut-être parce qu’elle emprunte des sentiers si rarement piétinés qu’Annadrey surprend et séduit autant.
Danse, chant, jeu, écriture, guitare : que lui manque-t-il donc ? Une vraie grande scène parisienne pour vraiment cartonner…

Franck BORTELLE (Paris)

Réactions du public :

« Cette fille a du génie. On en reparlera, je pense. Elle me rappelle plein de monde tout en ayant une vraie personnalité »
Gérard, médecin, 42 ans.

« Elle a tout pour devenir une très grande du spectacle comme Muriel Robin »
Elodie, 27 ans, esthéticienne.
« J’ai rarement autant ri au cours d’un spectacle. J’aime cette dérision. Elle joue les moches alors qu’elle est superbe. Elle joue : c’est ça l’essentiel… » Philippe, Fonctionnaire 44 ans.

J’cartonne
Ecrit et mise en scène par Annadrey et Trinidad
Le Bout, 62bis rue Pigalle, 75009 Paris (M° Pigalle)
Réservations : 01 42 85 11 88
Jusqu’au 30 août les vendredis et samedis à 21h45
A Antibes « La scène sur mer » du 4 au 10 octobre
Le CD d’Annadrey qui contient 8 titres dont certains inédits par rapport au spectacle est en vente au théâtre du Bout.

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Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2007-08
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commentaires

Florence 03/09/2008 22:36

Spectacle innoubliable ! Du rire, de la légèreté, un talent immense, et une voix superbe. J'ai adoré ce moment passé en compagnie d'Annadrey et je serai à ses prochains rendez-vous sans hésitations. Une artiste sensible et que de charme !!!!

Chronique Fraîche