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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

13 août 2008 3 13 /08 /août /2008 10:23
JE VOUS FAIS UNE PIECE, QUE VOUS VERREZ PEUT-ETRE…

C’est une habile réflexion sur le pouvoir que présente l’excellent Théâtre de la Manufacture des Abbesses grâce à la pièce d’un jeune auteur qui manie le verbe et la verve avec panache. C’est souvent très drôle et les comédiens campent avec brio cette farce d’une intelligente absurdité.

« S’élever par l’effort », dit la devise. Mais une fois lesdits efforts fournis et l’élévation achevée, une fois atteints les sommets où éternité rime avec immortalité, que reste-t-il ? La convoitise n’est-elle pas plus grisante que sa finalité ? Lorsque s’ouvrent devant soi les portes du pouvoir absolu, quand résonnent les clairons de la victoire, celle dont rêvent à en crever ceux qui ne franchiront jamais la dernière marche du podium, ne risque-t-on pas la dégringolade et son cortège de désillusions ?



C’est ce qui arrive à William Hautcoeur, qu’interprète avec un subtil mélange d’autorité et de fragilité Walter Hotton. Il vient de décrocher LE job. Et au lieu de jouer les « M’as-tu vu avec ma jolie montre à 12.000 euros », il déchante. Ca commence, le soir de la victoire, par l’hymne national que va s’époumoner à lui brailler in extenso et la main sur le cœur son plus servile serviteur (excellent Geoffroy Rondeau), toutou accourant au coup de sifflet bref, le genre de type prêt à manger du cirage pour briller en société, comme aurait dit un ex-présidentiable, Michel Colucci… A partir de cette entrée en matière (drôlissime), ce brave chef de l’Etat confie à son gouvernement la lourde tâche de le rendre le plus impopulaire possible, quitte à modifier la Constitution et changer les paroles de l’hymne.

Réaliste ou absurde ?

Ce sont des phrases devenues quasi-proverbiales de Charles de G., Lionel J., Jacques C. Nicolas S. ou encore Edouard B. qui nous accueillent dans la salle et qui nous guideront vers la sortie une fois le rideau baissé. Entre les deux, une situation tout aussi réaliste que ces paroles. Ou tout aussi absurde ? La frontière est ténue et même le propos demeure très éloigné de ce que nous connaissons (surtout aujourd’hui…) dans notre pays, cette pièce nous offre matière à réflexion sans jamais pourtant se départir d’un engagement : nous faire rire. En effet, la popularité d’un tel personnage qui fait tout pour se rendre impopulaire, les mesures qu’il prend, grotesques à force d’être débiles, nous renvoie bel et bien à notre quotidien et nous appelle à repenser un peu en citoyen responsable lorsque, seuls dans notre isoloir, nous accomplissons notre devoir civique.

Mais pour ceux qui n’auront d’autre envie que de passer un moment de pure déconnade (mais de qualité), on aurait envie de leur dire « Votez Hautcoeur ! ». Car les situations à se tordre de rire sont légion, de l’épisode de la « Marseillaise » à celui d’un ambassadeur paumé dans les couloirs de l’Elysée, du code de la bombe atomique détenu par le majordome « qui n’a jamais voulu le donner » à la décision de donner son indépendance à l’Ardèche (car c’est « mieux qu’un incident diplomatique, c’est une décision stupide »). Le processus d’ « impopularisation » du personnage passe par des étapes tellement énormes et toujours crescendo dans leur stupidité que jamais la tension ne retombe. Et cela jusqu'à un final proprement ubesque !

Enfin un président qui tient ses promesses !

Franck BORTELLE (Paris)


Monsieur le Président
Ecrit et mis en scène par Yann Rezeau
Avec Walter Hotton, Alain Dion, Blanche Veisberg, Renaud Castel, Geoffroy Rondeau
Assistante à la mise en scène : Leïla Moguez
Décors, costumes et lumières : Nyna Allié
Photo : Fred Goudon
Manufacture des Abbesses, 7 rue Véron, 75018 Paris (M° Blanche ou Abbesses)
Locations au 01 42 33 42 03 ou www.manufacturedesabbesses.com
Jusqu’au 13 août et reprise du 8 septembre au 8 octobre du lundi au mercredi à 21 heures.

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Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2007-08
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commentaires

marco21 21/08/2008 16:44


"Dans un quartier parisien vivant, entre troquets et brasseries un petit théâtre bien agréable et une salle confortable.
Nous avons passé une excellente soirée. Autour de gags originaux, de clins d’œil à l’actualité et de quelques délires loufoques, rien ne manque pour le plaisir du spectateur. C’est dans une vision « Month Pythonesque » que les acteurs, nous proposent de découvrir la fonction de président de la République. Ils sont excellents et méritent votre voix.
A voter.

Pardon, à voir ou à revoir des la reprise le 8 septembre ….

"

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