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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

13 août 2008 3 13 /08 /août /2008 10:29
COUP DE CŒUR RUE DU THEATRE

UNE VIE

André Nerman remonte l’horloge du temps et nous invite à passer une heure et demie en compagnie de Brel qu’il incarne et chante, de son « Enfance » à son « Dernier repas ». Un récital bouleversant à trois voix. On en sort « les larmes aux paupières » et « le cœur dans les étoiles ». Magistral.

Chanter Brel, la belle affaire. Mais l’incarner… Loin des hurleurs qui ne peuvent s’empêcher de rendre un hommage souvent massacrant  au grand Jacques pour conférer une once de plus-value qualitative à leur triste tour de chant aux nombrilistes mélopées, André Nerman va habiter pendant 90 trop courtes minutes avec son modèle. Ce n’est donc pas d’un simple hommage de plus qu’il s’agit, mais bien de faire (re)découvrir au public celui qui nous a quittés il y a 30 ans déjà.



Les chansons, on les connaît toutes. Mais de là à parler d’un best of en live, non ! Résumer une telle existence en une heure et demie, là où Olivier Todd dans son ouvrage référence « Brel, une vie » avait noirci plus de 600 pages, induit forcément des choix. Ils sont ici pleinement assumés. Alors, oui « Madeleine » sera au rendez-vous et « Les Flamandes » danseront. Oui nous quitterons Paris pour « Vesoul », « Bruxelles » et « Amsterdam » en passant par « Orly » où se déchirent les amoureux qui se quittent et ne chanteront donc jamais « La chanson des vieux amants », pourtant bien présente elle aussi. Evidemment Jojo, l’ami, le frère, l’homme auquel il dit « Je t’aime ».

Du « Far West » aux Marquises

Mais au milieu des chansons… Brel n’a pas fait que chanter. Du festival de Cannes où il présente « Far West » aux Marquises qu’il choisit comme thébaïde pour vivre libre et où on sait qu’il s’appelle Jacques Brel sans savoir qui il est, de l’enfance dans l’usine de cartons paternelle à l’Olympia où il fait ses adieux, s’étonnant qu’à ses débuts on ne voulait pas qu’il commence alors que désormais on ne veut plus qu’il s’arrête… Et le cinéma, l’aviation, les femmes, la maladie…

André Nerman incarne à la perfection cet éternel débutant, faisant bouger cette carcasse dégingandée aux bras trop longs. L’exercice relève du défi, de l’équilibrisme. Pourtant jamais on ne songe à hurler à l’imposture. Car Nerman sait qu’il n’est pas Brel. Il le joue. Il le vit. Mais il n’est pas lui. C’est un homme de défi qui en incarne un autre. Avec l’intelligence de rester lui-même. A l’inverse de Laurent Viel, autre immense interprète de Brel, Nerman se calque sur son modèle. Même s’il choisit de réciter « Ces gens-là » (énorme !), même s’il laisse à sa partenaire les partitions de « Quand on a que l’amour » (tétanisant) ou de la « Valse à mille temps » (presque plus « brélienne » que l’original).

Sa partenaire, parlons-en. Elle a bien sûr la tâche moins ardue. Tantôt alter ego de l’interprète dans les duos où elle se fond dans le personnage féminin de la chanson, tantôt simple figurante ou silhouette, elle hante la scène comme le beau sexe hantait l’esprit de celui qui « n’a jamais rien compris aux femmes », ses « tendres ennemies » comme il se plaisait à les appeler.

A cette valse à trois temps, ajoutons bien sûr le pianiste-narrateur qui, deux titres durant, vient interpréter Brel, comme l’ont interprété tant d’autres, Gréco, Aubret, Barbara notamment.

Brel et ses femmes. Brel et ses interprètes. Nous y voilà. Ajoutons Brel raconté. En chansons ou par des extraits de ses propres textes durant les interludes.

Mais surtout Brel magnifié par ces trois artistes, de rouge et de noir vêtus et éclairés. Ces deux couleurs ne s’épousent-elles pas ? Mieux : elles fusionnent dans le talent. Elles resplendissent dans le partage. Elles habillent les mots et font chanter les douleurs. Elles rendent les timides moins timides. Elles redonnent, juste un instant seulement, vie à ce troubadour. Car oui, même six pieds sous terre, il n’est pas mort.

Un récital infiniment Brel…

Franck BORTELLE (Paris)


Brel ou l’impossible rêve
Mise en scène et adaptation : André Nerman
Avec André Nerman, Laurent Clergeau et (en alternance) Manon Landowski, Nelly Anne Rabas, Hélène Arden
Durée : 1h30
Espace la Comédia, 6 impasse Lamier (angle du 8 rue Mont-Louis), 75011 Paris  (M° Philippe-Auguste)
Tel : 01 43 67 20 47
Jusqu’au 21 août du mercredi au samedi à 21h30
Tournée 2008 : Casino de Bourbon l'Archambault (Allier) le 20 septembre 2008, Espace culturel Jean Monnet d'Etrechy (Essonne) le 15 novembre 2008, Centre culturel de Saint Souplets (Seine et Marne) le 22 novembre 2008.

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Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2007-08
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commentaires

Franck Bortelle 22/02/2009 14:42

Ce magnifique spectacle reprend au Théâtre Marsoulan (20 rue Marsoulan, 75020 Paris, Métro Nation ou Picpus) à partir du 4 mars, les mercredis à 21h30, samedi à 19h15 et dimanche à 17h15. Location 01 43 41 54 92, www.theatremarsoulan.com et points de vente habituels.

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