Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Retrouvez nos critiques théâtrales sur :
Les informations sur nos cours d'improvisation théâtrale à Paris :

Musarder



Inscrivez-vous
au Club des abonnés (gratuit)




Découvrez nos cours d'improvisation théâtrale

Tous niveaux - 7e année

Les inscriptions sont ouvertes pour les cours d'improvisation à Paris qui débutent en septembre. Au choix, en français ou en anglais.



Nouveau !

Rejoignez notre cours d'impro en anglais :



Coaching prise de parole

           

Mois Après Mois

Festival d'Avignon

15 août 2008 5 15 /08 /août /2008 14:19
NOS AMIS, NOS AMOURS, NOS…

Les rapports de couple au bord de l’implosion vus par le prisme de la rigolade et partant d’une idée plutôt originale, tel est le cocktail tendu comme un miroir qui attend le spectateur. Un camaïeu de situations très réalistes, plutôt drôle, même si un peu inégal.

« M. et Mme X ont la joie de vous inviter à leur cérémonie de rupture ». Le carton d’invitation ne s’invite pas sur la scène et pourtant... Camille et Simon ont en effet décidé de faire partager à tous leurs convives venus en masse (les salauds ! que ne ferait-on pas pour quelques agapes !) leur bonheur de se séparer. Ils ont vécu heureux, malgré des adultères à la pelle et des griefs à se reprocher dans une parfaite bilatéralité. Mais voilà, ils n’ont pas vraiment l’intention de finir comme Ghislaine et Geoffroy, le couple d’amis parangon de mésentente (la conne et l’intello) et qui n’est, comme disait Guitry, séparé que par le mariage.

A partir de cette situation plutôt originale, même si après tout on pourrait y songer plus souvent –ça éviterait d’engraisser des notaires et avocats qui n’ont vraiment pas besoin de ça- l’auteur a échafaudé un tour d’horizon de ces péripéties qui émaillent inévitablement 7 années de mariage. L’écriture épouse d’ailleurs assez bien les variations que connaît une relation conjugale : elle affiche en effet aussi bien la brillance de l’apogée d’une idylle (dans le sketch de la place de parking ou le final franchement génial) que la monotonie d’une soupe à la grimace dès que le remplissage fait office de texte.

Une interprétation vitalisante

Car, de ce sujet si souvent rebattu, l’auteur aurait pu tirer quelque chose de plus subtil, de moins consensuel aussi. La férocité est ici noyée dans une doucereuse et lénifiante gentillesse qui, même si elle trouve sa raison d’être dans la péroraison de ce discours amoureux, plombe un peu l’ensemble. Tout comme cet incoercible besoin de faire remarquer systématiquement tous les calembours (souvent calamiteux) dont les dialogues sont truffés.

Si à la longue, dans ce spectacle, ne s’installe pas cette lassitude qui gangrène une liaison qui s’enlise dans sa triste et morne quotidienneté, si ce processus cumulatif de gags trop souvent effleurés au lieu d’être pimentés d’un peu de férocité ne fait pas sombrer le spectateur dans un ennui total, c’est parce que l’interprétation réussit à insuffler une énergie très communicative. Les deux comédiens incarnent chacun une galerie de personnages très variés, laissant libre cours à leur réel plaisir de jouer. Ils compensent par leur vitalisante voire athlétique présence sur scène les quelques faiblesses du texte et donnent quelques salvateurs coups d’accélérateur, ceux-là même qui évitent au mariage d’être un repas qui commence par le dessert et ici sauvent ce spectacle de l’apathie.

Franck BORTELLE (Paris)

Toi zé Moi dans « Noces de plomb »
Texte d’Alain Chapuis
Mise en scène Marie-Blanche
Avec Marie-Blanche et Alain Chapuis
Durée 1h30
Théâtre de la Comédie de Paris, 42 rue Pierre Fontaine, 75009 Paris (M° Blanche)
Réservations : 08.92.70.77.05
Du mardi au vendredi à 20 heures.

Partager cet article

Repost 0
Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2007-08
commenter cet article

commentaires

Chronique Fraîche