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Festival d'Avignon

15 août 2008 5 15 /08 /août /2008 14:23
ANIMALITE EDULCOREE

La création de la  19ème  promotion du CNAC mise en scène par Fatou Traoré explore la part de bestialité contenue dans chaque homme. Une création ambitieuse où la mièvrerie de la forme l'emporte sur l'énergie du fond.

Chaque promotion du Centre national des arts du cirque clôt sa formation par un spectacle mis en scène par un artiste différent, issu ou non du cirque. Véritable tremplin, la création positionne ainsi d'emblée les circassiens dans le monde du travail. Mais cette collaboration est un exercice périlleux... Et, c'est le jeu, certains crus du CNAC sont meilleurs que d'autres.



Fatou Traoré n'en est pas à sa première rencontre avec le cirque, et outre ses mises en scène de La Syncope du 7 (spectacle du collectif AOC) et du Vertige du papillon (création de la compagnie Feria Musica), la chorégraphe est également conseillère pédagogique pour la danse au CNAC. Pour la Part du loup, la chorégraphe a fait le choix de ne pas s'appuyer sur une narration linéaire, préférant l'entrelacement des différentes disciplines. La promotion réunissant essentiellement des aériens, funambules, trapézistes, acrobates, etc., Fatou Traoré a souhaité tisser des lieux de rencontres entre les pratiques. On évolue ainsi entre ciel et terre et les techniques se croisent simultanément, sollicitant régulièrement le regard d'une zone à l'autre. La piste circulaire, dont le sol-miroir renvoie les corps et les prouesses, devient un lieu de jeu incessant. Durant près de deux heures, les circassiens passent de leur spécialité à un instrument de musique, d'une simple déambulation à de la danse. Rapidement on comprend que quelque chose de sensuel et d'intime se noue dans ce groupe – 7 filles, 2 garçons - et que le féminin ne cesse de s'affronter au masculin. Sortes de muses, nymphes par instants légèrement sauvages, tandis qu'à d'autres minaudant ou se jaugeant, les souples créatures esquissent de multiples espaces. Mais ces paysages édulcorés demeurent souvent inaccessibles et en dépit de toutes les sollicitations, il est difficile de ne pas rapidement lâcher prise face à la création.



Le charme du vide

Si la part du loup est une zone de bestialité que chaque être humain possède, cette singularité reste au final trop peu visible. L'intention de créer des images à la puissance d'évocation est perceptible, mais l'absence cinglante de construction et de cohérence, tant dans les choix musicaux que scénographiques, maintient l'ensemble au stade du projet. Les atmosphères douces et jolies se succèdent, mais elles manquent souvent de profondeur et on les frôle sans les voir s'épanouir. Ainsi, le souci – plus que louable - de vouloir mêler les disciplines tend ici plus à diluer le propos, qui peine à s'affirmer. Pourtant, les qualités techniques et l'énergie des circassiens sont bel et bien visibles, mais le manque de parti pris fort, catégorique, atténue le relief des numéros. Au final, on regrette une absence de prise de risques, ou tout au moins de postures tranchées et vives, qui auraient évité l'écueil d'une atmosphère perpétuellement douce aux teintes pastel. Et l'on se prend alors à rêver de la même équipe, aux atouts indéniables, mais dans une proposition moins édulcorée, véritablement physique, et éloignée de toute mièvrerie. Seul demeure le sentiment d'avoir vu une communauté en scène et saisi à la volée quelques instants de grâce charmants.


Caroline CHÂTELET (Paris)

La Part du Loup
Spectacle de sortie de la 19e promotion du Centre national des Arts du cirque
Mise en scène et chorégraphie Fatou Traoré
Musique : Erwin Vann
Lumières : Philippe Baste
Scénographie : Simon Siegmann
Avec les étudiants du Centre national des Arts du cirque : Mathieu Antajan (corde lisse, clarinette, sax soprano), Tatiana-Mosio Bongonga (funambule), Elsa Caillat (corde lisse, accordéon), Jennifer Hugon (fil), Sandrine Juglair (mât chinois), Clémentine Lamouret (corde lisse, accordéon), Paula Paradiso (trapèze ballant, flûte traversière), Odilon Pindat (acrobatie, trombone), Anne Pribat (trapèze ballant, flûte traversière)


Du 16 juillet au 16 août
Du mercredi au samedi à 20h30
Espace Chapiteaux / M° Porte de la Villette
Info/Résa : 01.40.03.75.75., www.villette.com
En association avec le festival Paris Quartier d'Eté


Photo © Philippe Cibille


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Published by Caroline CHATELET - dans À Paris 2007-08
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