Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Retrouvez nos critiques théâtrales sur :
Les informations sur nos cours d'improvisation théâtrale à Paris :

Musarder



Inscrivez-vous
au Club des abonnés (gratuit)




Découvrez nos cours d'improvisation théâtrale

Tous niveaux - 7e année

Les inscriptions sont ouvertes pour les cours d'improvisation à Paris qui débutent en septembre. Au choix, en français ou en anglais.



Nouveau !

Rejoignez notre cours d'impro en anglais :



Coaching prise de parole

           

Mois Après Mois

Festival d'Avignon

22 août 2008 5 22 /08 /août /2008 10:47
L’HOMME ENTRE L’ABYSSAL ET LE COSMIQUE

Des marionnettes manipulées à vue tentent de poser visuellement la question du destin de l’homme à travers les millénaires.

Si vous êtes écolo convaincu, vous risquez d’être choqué par le papier aluminium, polluant notoire, qui habille tous les pantins et tous les accessoires. Dans le cas contraire, vous trouverez ce matériau plutôt scénique par son brillant, très souple pour les mouvements des personnages et les transformations qu’ils subissent.


Chaque séquence met en situation un animal ou un humain qui s’élance dans l’espace. Il cherche la plupart du temps à s’élever, à se lancer à la conquête d’un lointain élément, représentation visible d’un idéal, d’une espérance, d’un besoin de dépassement. Ce sera le ciel, les étoiles, la lune, le cosmos. Chaque fois, il y aura confrontation avec la difficulté. Les obstacles surgissent : feu, rochers, boue, intempéries, pesanteur, fatigue, découragement…

Obstinément, l’être humain marche, franchit, escalade, s’obstine. Chaque fois, il devra, comme Sisyphe, recommencer. À moins qu’il ne se fasse engloutir, dévorer par ce qu’il désirait réaliser. Il lui arrive de sombrer au plus profond des abysses, aspiré par quelque vide, par quelque néant entraperçu peut-être à l’instant où il s’aperçoit que sa foi ne reposait sur rien. Le penseur lui-même, celui dont la tête a pris le volume de tout ce qui habite sa pensée, est entraîné vers le bas par le poids de son cerveau, l’encombrement de ses soucis.

Le propos a des intentions philosophiques. Il est empreint d’un pessimisme lucide qu’on imagine malaisément être à la portée des enfants de 5 ans. La forme ne se renouvelle guère et bien des épisodes ressemblent aux précédents. Malgré l’évidente envie de partager leur art et leur réflexion avec le public, les très jeunes comédiennes marionnettistes Karine Birgé et Marie Delhaye n’ont pas encore trouvé la formule qui convaincrait. Même en s’entourant de pas mal d’atouts.

Les compositions musicales de  Vincent Cahay suscitent des climats renouvelés. Elles savent s’appuyer sur l’évocation spatiale, la puissance des rythmes, l’émotion de l’angoisse, la légèreté d’une recherche chorégraphique, les stridences de la violence. Le chant vient parfois alléger l’atmosphère et quelques mots ajoutent une autre poésie à ce qui se regarde. La matière est là, sa forme est, à l’image du destin des individus, en devenir.

Michel VOITURIER
 
Aux Rencontres du Théâtre Jeune Public de Huy les 19 et 20 août 2008


Le Destin (à partir de 5 ans)

Auteur : Karine Birgé et Marie Delhaye
Mise en scène : Agnés Limbos
Distribution et marionnettes : Karine Birgé et Marie Delhaye
Regard rythmique sur la mise en scène : Bernard Massuir
Musique : Vincent Cahay
Lumières : Nathalie Borlée

Production : Compagnie Gare Centrale asbl

En tournée :  www.garecentrale.be; agenda

Photo © Mélanie Rutten

Partager cet article

Repost 0
Published by Michel VOITURIER - dans En Europe 2007-08
commenter cet article

commentaires

Chronique Fraîche