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Festival d'Avignon

22 août 2008 5 22 /08 /août /2008 14:53
« Chaque artiste se confronte au chaos pour en faire un cosmos… non sans humour! »

A Bruxelles, le « Brigittines International Festival  est un événement hybride de théâtre et de danse contemporains, véritable rencontre d’ovnis où le spectateur accepte de se laisser bousculer. Fidèle à lui-même, le festival s'affiche cette année en "Abîmes secrets" et annonce de l'étrangeté… Patrick Bonté, co-directeur artistique des Brigittines s’explique.

Tout œuvre est avant tout une confrontation de l’abîme dites-vous…
"Effectivement, toute œuvre (qui nourrit une certaine ambition) se construit sur l’abîme, sur une prise de risques de l’artiste, sur une mise en cause des acquis de l’art et sur une confrontation déstabilisante à la page blanche, à la scène vide, etc. On avait le désir de mettre l’accent là-dessus. Car chaque artiste se confronte à un chaos… et il faut bien en faire faire un cosmos! Si cette recherche n’est pas en jeu, ce n’est pas une œuvre."

« Abîmes secrets » : ça promet d'être ultra sombre ?
(Rires) "Non! Il y a beaucoup d’humour (au second degré) et d’émotion forte dans chaque spectacle. "

« Abîmes secrets »: s’agit-il de nous rappeler que l’artiste crée dans la souffrance ?
"Pas forcément. Mais face à notre époque aussi soumise à la rentabilité et aux fascinations faciles de la culture du divertissement et de la communication, il n’est pas inutile de rappeler que l’œuvre exige... Parfois, j’ai l’impression qu’on ne fait pas toujours la distinction entre une mise en scène d’un texte de Molière et une création à partir d'un plateau nu où l’on se risque…"

Pourtant, Isabella Soupart met en scène Hamlet de Shakespeare, un classique…
"Mais le risque que prend Isabella Soupart est de rendre l’énergie du texte sur scène, de rendre palpables tous les enjeux de pouvoir, de folie et d’amour qui sont dans Hamlet. C’est cela qui est envoyé au spectateur et non une restitution fidèle du texte! Et puis, il ya son travail sur la forme. Elle se risque, jouant sur une déstructuration construite, jouant sur une confusion des registres: vidéo, danse, scènes jouées, tirées du cinéma, d’autres inventées, et le texte même de Shakespeare. On reçoit une émotion qui nous concerne, de ce qu'«Hamlet» pourrait nous dire aujourd’hui. C’est ce genre de démarche qu’on cherche à défendre. "

Pour quel rôle ?
"Le premier rôle de l’art est de créer un monde différent du réel, qui nous permet de re-formuler notre regard sur celui-ci. Il y a donc un aller-retour inévitable mais c’est la traversée qui est importante. Aux Brigittines, on a envie de rendre perceptible l'imaginaire, les univers singuliers d’artistes qui traversent les disciplines parce qu'ils ne se satisfont pas seulement du théâtre ou de la danse. Beaucoup de disciplines artistiques sont convoquées dans chaque spectacle."

Le festival frôle chaque fois le « sold out» :  qu’est ce qui fait son succès ?

"La curiosité des spectateurs et l’envie de se laisser surprendre… Et puis, il y a la Chapelle des Brigittines, une scène et un lieu particuliers: en plein spectacle on entend le train passer, le bruit des ambulances, etc. Cette atmosphère permet des allers-retours entre le réel et l’imaginaire et provoque une proximité avec le public."

Propos recueillis par Nurten AKA

« Brigittines International Festival », du 21 août au 06 septembre, à la Chapelle des Brigittines, 1000 Bruxelles, entre le Sablon et les Marolles. Infos: 032/2/213.86.10. www.brigittines.be

Mondes parallèles
Ambiance intimiste dans cette petite chapelle du 17ème siècle, qui s’est donné un jumeau très contemporain et réussi. Deux chapelles donc pour une dizaine de spectacles singuliers où prime la démarche de l’artiste. C’est que le «Brigittines international festival» trace cette année son fil rouge sur les «abîmes secrets» qui animent les artistes.

A voir et peut être à comprendre, notamment avec une des deux conférences du festival, Le Vertige et l’abîme, donnée par Carlo R. Chapelle, un «conteur tous azimuts», véritable érudit, drôle et passionnant!

Du côté des spectacles, épinglons la tragédie musicale en notes d’humour du chorégraphe français, Alain Buffard, dans (Not) a Love Song, un quatuor autour du déclin de deux ex-divas, balancées dans un "after-monde", entre Kurt Weill et David Bowie.

En théâtre, le collectif flamand «Abattoir Fermé» nous invite à son Tourniquet, une descente glauque dans une maison hantée par trois esprits. En danse, le duo de Bud Blumenthal Rorschach, où deux corps tentent de se "prendre et déprendre".

En trio, c'est Leks de Dorina Fauer : deux hommes, une femme et quelques jeux de parade. De l'hybride avec K.O.D (Kiss of Death), inspiré d’Hamlet, créé par Isabella Soupart et son style de déconstruction savante, bourré de références artistiques.

A découvrir : la chorégraphe israélienne Yasmeen Godder et son Sudden birds, où quatre femmes vont s'affronter pour affirmer leurs différences dans une danse annoncée concise, délicate et… physique.

Enfin, il y a le fabuleux style «tableau vivant et baroque» de la chorégraphe Ingrid von Wantoch Rekowski transposé par ses étudiants de l'Insas avec Seul celui qui jamais ne connut la peur: un canevas délirant autour de l'héroïque Siegfried de Richard Wagner…Les rencontres insolites sont toujours au rendez-vous de ce festival aventureux.

Nurten AKA (Bruxelles)

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Published by Nurten AKA - dans En Europe 2007-08
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