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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

25 août 2008 1 25 /08 /août /2008 15:37
L’AUTOCHTONE ET L’ALLOTOCHNE

Un gamin de 11 ans s’inquiète de la disparition d’une immigrée clandestine qui tenait la sandwicherie où il achetait sa nourriture.

Bastian aimait bien celle qui lui vendait à manger. Elle n’était pas comme les autres. Et lui, il  trouvait auprès d’elle une chaleur humaine qu’il avait cherchée vainement ailleurs y compris dans sa famille.  Alors, maintenant que le snack est fermé, sans avertissement, Bastian se tracasse. Ce n’est pas normal, cette fermeture. Pas normal non plus, du moins à ses yeux, que personne ne se manifeste pour réagir à la disparition de la jeune femme.


Toute l’histoire tient dans cette rencontre, cet apprivoisement d’un gosse du quartier et d’une étrangère. Elle débouche sur une réflexion à propos de la politique de refoulement quasi systématique des sans papiers, des demandeurs d’asile. Guera – c’est le nom de la restauratrice – a reçu de l’administration un ultimatum l’enjoignant à quitter le royaume dans les cinq jours. Elle refuse de retourner d’où elle vient parce qu’un mariage forcé, elle n’en veut pas.

Elle préfère se cacher, fuir, renouer avec les peurs déjà vécues lors de précédentes cavales. Elle est prête à tout pour ne pas se retrouver embarquée dans un avion entre deux policiers. De son côté, le garçon est prêt à tout entreprendre afin de mobiliser les autres, d’empêcher l’expulsion. Comme s’il voulait prendre son aînée sous sa protection dérisoire.

Dumont a l’art de donner parole à ses personnages. Bastian parle l’ado langage d’aujourd’hui. Il est écorché, révolté et ne craint pas de lancer ses vérités. Il est plus proche du tagueur que de l’étudiant respectueux des règlements. Derrière ses provocations, il y a la curiosité de l’autre, l’appétit de rencontrer des êtres avec qui communiquer. Il possède la générosité de la solidarité. Guera a aussi ses écorchures. La vie ne l’a pas épargnée. Elle a appris à se fondre dans le paysage urbain pour risquer le moins. Elle a l’entêtement de celles qui connaissent le prix de la liberté.

Julien Collard traduit la vitalité du gamin, sa gouaille, ses fragilités. Valérie Joyeux réussit une composition différente de ses emplois habituels et incarne bien la volonté d’un désespoir qui s’efforce d’encore espérer.

Michel VOITURIER

Aux Rencontres du Théâtre Jeune Public de Huy le jeudi 21 août 2008

Chogan (à partir de 8 ans)

Texte, mise en scène : Luc Dumont
Distribution : Valérie Joyeux et Julien Collard
Scénographie, lumières : Fred Limbrée
Son : Marie-Agnès Beaupain-Parott
Costumes : Dominique Thonnard


Production : Justine Duchesne

En tournée : le 14/10/08 (Rochefort), le 31/10/08 (Sugny), du 18 au 20/11/08 et du 3/03 au 6/03/09 aux Chiroux (Liège), du 30/11 au 1/12 (Waremme).

Site web : www.zetetiquetheatre.be

Photo © Jonas Luyckx

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Published by Michel VOITURIER - dans En Europe 2007-08
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