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Festival d'Avignon

1 septembre 2008 1 01 /09 /septembre /2008 13:11
CONTE À USAGE DU MULTILINGUISME

Voilà un petit bijou de finesse destiné aux écoliers en immersion linguistique, pédagogie à la mode depuis l’intégration européenne et l’exacerbation des problèmes communautaires belges.

Au commencement, le public pénètre dans une salle du palais du roi. Elle est décorée de nombreux tableaux. Certains sont attribuables à Warhol, Pollock, Mondrian, Picabia, Picasso… et cachent des surprises. Un Magritte servira de porte. Un portrait royal classique, agrémenté d’une mention faisant à l’évidence allusion à l’appellation donnée à la Joconde par le surréaliste  Marcel Duchamp (« LHOOQ »), dissimule le souverain.


Une guide mène les visiteurs à leur place. Elle explique ce qui est arrivé à ce monarque rondelet, souriant, presque béat. Il est devenu dépressif parce que ses souliers d’or, dont il était tellement fier, ont disparu au beau milieu d’une nuit. La même comédienne se déguisera en cuisinier, en princesse à marier, en silhouettes diverses pour incarner des rôles pittoresques.

L’humour est délicat, à la fois pince sans rire et clownesque. Les personnages sont pétris de tendresse. Et la morale de la fable s’avère susceptible d’aider les petits adopter une conduite sociale positive : à savoir que ce qu’on donne permet aux autres d’obtenir ce dont ils ont besoin, que donner procure davantage de joie que posséder pour soi seul.

L’emballage est nourri de gags en cascades, surprenant dans le kitsch joyeux des costumes, les possibilités secrètes du décor, la variété des accessoires. Les mots sont simples. Ils sont, comme les phrases, répétés, car qu’ils soient dits en version française ou flamande, ils sont là pour aider les enfants à acquérir un vocabulaire de base dans une langue qui n’est pas la leur.

Le conte, les plaisanteries et les jeux de mots qui l’accompagnent captivent, amusent, ravissent. Tout y est juste, attirant. Le fait que le décor fasse des allusions à l’histoire de l’art est en outre un excellent support d’animation pour la découverte de la peinture moderne. La pédagogie, très élaborée, n’empêche en rien l’utilisation intelligente des procédés propres au théâtre. Ils sont d’autant plus efficaces que l’intimité du lieu facilite l’échange avec les spectateurs sur des thèmes tels que la déception, la tristesse, le bonheur, le désintéressement.

Michel VOITURIER

Aux Rencontres du Théâtre Jeune Public de Huy les 20 et 21 août 2008

Le Roi déchaussé (de 2 ans ½ à 4 ans)
Texte : Frans Van der Aa, Raf Walschaert
Mise en scène : Frans Van der Aa
Distribution : Fabrice Delecluse, Liesa Naert
Décor, lumières: Kris van Oudenhove, Ilse Vynckier

Production : 4 Haut Théâtre



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Published by Michel VOITURIER - dans En Europe 2008-09
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