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Festival d'Avignon

1 septembre 2008 1 01 /09 /septembre /2008 13:29
DES JEUX ET DU PAIN

« Je n’attends pas seulement de l’art qu’il soit bon en tant qu’art, mais qu’il soit aussi ancré dans la vie. Je préfère entendre résonner Chopin dans la rue par une fenêtre ouverte que dans une salle de concert avec toutes ses fioritures. » Witold Gombrowicz
C’est avec cette citation que débute votre lecture du programme de la Trilogie Pagnol. Et si vous la relisez une fois le spectacle terminé, vous la trouverez des plus pertinentes. Des fioritures effectivement il n’y en a aucune… Enfin du théâtre intelligent et intelligible qui est ouvert à tous et à toutes, qui rit au nez de ce théâtre élitiste, prétentieux et par trop souvent artificiel.

Le chant des cigales ? Un goût de pastis dans la bouche ? Pas de cigales au canal de l’Ourcq, plutôt le ronronnement de quelques zodiacs allant d’une rive à l’autre. Le pastis ? Non plus… plutôt le parfum d’une bière flamande. Alors, évidemment au début, il y a comme une sensation de décalage, parce que, quand même, César qui troque l’accent provençal pour l’accent flamand, cela fait un peu bizarre… Puis, par une telle absence d’artifice, on se laisse complètement envahir par ce qui se passe sous nos yeux : les acteurs-personnages sont on ne peut plus attachants, et les apparentes incohérences— l’accent, l’âge respectif entre rôle et comédien—  deviennent les qualités du spectacle, le tout étant offert avec générosité et talent.


Une cuisine théâtrale trois étoiles

 On vous accueille en vous offrant une délicieuse soupe froide concombre-aneth, à la pause on trinque tous ensemble à la bière flamande, un repas d’inspiration méditerranéenne (poissons, artichaut…) vous est servi à la fin de la première pièce. Ces repas et ces pauses gustatives, plus que la volonté de créer une communauté autour des spectacles, contribuent à ce que le public entre dans l’univers des personnages, car les acteurs toujours en endossant leur rôle s’adressent à vous, conversent avec vous et vous entrez par cette même porte dans leur bulle de fiction.

Section plein air de la compagnie De Onderneming, la Comp. Marius joue toujours cette pièce au bord de l’eau, afin de symboliser la Méditerranée, un personnage à part entière dans l’œuvre de Pagnol. Marcel Pagnol, qui, d’abord enseignant avant de demander un congé pour littérature, avait la conviction que Marius était « une œuvre locale mais profondément authentique et sincère, [pouvant] parfois prendre place dans le patrimoine d’un pays et plaire dans le monde entier ». Notre compagnie flamande semble honorer ces dires, surtout lorsqu’on précise que le tout est servi dans un lieu improbable : aux bords du canal de l’Ourcq, dans un terrain vague près d’un bâtiment insalubre et tagué, sur les anciennes voies ferrées…

Ce spectacle pourrait être appréhendé avec quelques préjugés : Pagnol, c’est un peu folklorique, un peu kitch, un peu poussiéreux, l’imagerie populaire et commune se réfère à un film en noir et blanc, à un César portant les traits de Raimu, à un monument sur la vie marseillaise… Finalement, on regrette juste que l’orage survienne et que la Compagnie Marius se doive d’interrompre la représentation pour causes climatiques… Car ce Pagnol là était bien loin d’être pastoral. Merci aux Flamands de redonner un coup de jeune à notre auteur académicien.

Florence LE JUEZ (Paris)

La trilogie Pagnol Comp. Marius

Fantaisie flamande en français
Marius (une comédie qui se termine mal)
Fanny (un drame)
César (une tragédie qui se termine bien)
Un spectacle de et avec : Waas Gramser, Kris Van Trier (traduction, adaptation, jeu) Frank Dierens, Koen Van Impe, Anne Dewilde, Yves Degryse/Filip Jordens
Traduction française : Monique Nagielkopf
Costumes : Thijsje Strypens
Cuisine : Koen Kampioen, Vincent Goedemé
Aménagement du lieu : Stevie Van Haver
Durée : 4h45 (repas inclus)
www.marius.be

Festival Paris Quartier d’Eté édition 2008

                           

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Published by Florence LE JUEZ - dans En Europe 2008-09
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