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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

25 mars 2006 6 25 /03 /mars /2006 20:31
HUIS CLOS HÔTELIER

Un homme peut en cacher un autre. Al contrôle l’application de la charte de qualité dans les chambres d’hôtel « Qui dort bien ». Nuit après nuit, hôtel après hôtel, il se retrouve seul, dans une chambre inexorablement semblable à celle de la veille. Seul ? Pas complètement, Eg, sa conscience, est toujours là.

Leur rencontre est explosive. « Je n’ai pas voulu cette vie là, mais ce n’est pas pour ça que je l’ai refusée », s’exclame Al, trois minutes à peine après le lever de rideau. « T’es pas terrible, tu le sais bien » lui rétorque Eg. L’ambiance est plantée. Sarcasme et lassitude vont rythmer cette introspection grinçante d’un homme perdu dans son propre quotidien.
Al est un anti-héros : marié, deux enfants, la maison en banlieue, la Peugeot de fonction. Jusqu’à son travail, tout respire la banalité. : « A 20 ans, à l’age des idéaux et des révoltes, j’ai voulu mettre mon avenir dans la force de vente ». Et ce soir là, dans sa chambre d’hôtel, il fait le bilan de sa vie, un rien schizophrénique. Son interlocuteur est Eg, le reflet du miroir.

Interprétés avec un très grand dynamisme, les deux personnages, joués par David Friszman et Mattéo Porcus nous entraînent sur un rythme haletant, dans les méandres de la vie de Al. Son enfance, sa vocation avortée pour le théâtre, sa femme, ses enfants, les prostituées, son petit penchant pour le couteau... Comme les personnages, on passe rapidement du spleen au rire, emporté par ce tourbillon verbal et gestuel. Eg a un coté « génie d’Aladin », complètement fou et fantasque. Confettis, battements de tambours, délires des acteurs montant sur les tables, sont à l’image de la mise en scène de Mattéo Porcus, très efficace et enjouée.

David Friszman, l’auteur, fait naître un personnage dans lequel on se reconnaît un peu tous, navrant et attachant à la fois. Il explore toutes les petites facettes de cet homme ordinaire, en appuyant là où ça fait mal. Les tentations de la consommation, les vacances en Bretagne, les crédits, le regard des autres et les mirages de la télévision, rien n’échappe à sa plume. L’amour non plus. On se laisse totalement prendre au jeu car sa « petite douleur », à Al, puisée dans « la douceur des baisers », c’est aussi un peu la nôtre…

Marion ROTRUBIN (Paris)

Lire aussi l'interview de David Friszman et Régis Romélé, par Marie-Pierre FERRÉ

Ta petite douleur - Metteur en Scène : Mattéo Porcus. Auteur : David Friszman. Comédiens : David Friszman, Mattéo Porcus, Régis Romele (en alternance)
Au Guichet Montparnasse, Paris XIVe, du mercredi au samedi à 20 h 30, jusqu'au 11 mars 2006. Rens. : 01 43 27 88 61.
Le vendredi 17 mars au théâtre Georges Brassens à Villemomble, 20h30.
Durée du spectacle : 1h30. Réservation au 01.41.53.97.96

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Published by Marion Rotrubin - dans Chroniques 2005-06
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