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Festival d'Avignon

9 septembre 2008 2 09 /09 /septembre /2008 01:13
DANS LA TOURMENTE DE LA PASSION

L’un des plus beaux textes de Stefan Zweig est défendu au théâtre Essaïon par la petite-nièce du célèbre « Monocle » au cinéma. Le résultat, malgré quelques hésitations et une mise en scène un peu trop accessoirisée, vaut largement le détour.

Au début du siècle, une femme raconte la journée qui a marqué sa vie pour toujours. Dix ans après, elle se souvient comme si c’était hier de cet homme pris dans l’infernal engrenage du jeu qu’elle sauva du suicide. L’histoire tant d’une passion fugace et explosive que d’une renaissance.



La petite scène du théâtre Essaïon, sous les voûtes médiévales aux pierres apparentes semble le lieu des plus idoines pour cette histoire intime où la passion gronde comme un volcan. Ce condensé de la journée de cette femme est servi par un texte fort dont la densité n’empêche pas la totale fluidité. L’évolution dramatique, comme un gouffre sans fond, mène les personnages à un point de non retour. C’est un broyage psychologique, un laminoir impitoyable où l’on retrouve les thèmes chers à Zweig : le hasard des rencontres, les impondérables de l’existence, la destinée, le jeu, la mort. Ce brassage trouve dans ce texte du génial nouvelliste toute sa fièvre destructrice mais aussi permet au personnage principal, telle une chrysalide (symbolisée par un changement de costumes, simple mais efficace), de (re)naître à la vie, de se débarrasser de ses oripeaux d’antan.



Inutiles accessoires

Si la performance de Laure Meurisse, malgré quelques hésitations qui, sans aucun doute, s’effaceront très vite, est indéniable et relève de la gageure, ne serait-ce que mémoriser un tel texte, le travail de Freddy Viau à la mise en scène pêche un peu par excès de boursouflures. Son récent et excellent « Dard dard comédie insecticide » donnait lieu à un travail de mise en espace avec de très nombreux personnages dans lequel, de toute évidence, il est plus à l’aise que dans ce registre où le texte, et seulement lui, doit cristalliser l’attention du spectateur. Le décor, les accessoires, sont ici quasiment inutiles, parfois encombrants, au point de gêner même les mouvements de la comédienne sur une scène déjà petite. L’épure la plus totale aurait probablement donné un relief que seuls des interludes musicaux apportent à cette mise en scène phagocytée ici par une volonté expressionniste sans intérêt. C’est un peu dommage, même si l’on réussit grâce à la digne héritière du géant « Monocle » chez Lautner à se laisser porter au gré de ce récit passionnel qu’elle livre avec une fougue incandescente.


Franck BORTELLE (Paris)

24 heures de la vie d’une femme
D’après la nouvelle de Stefan Zweig
Mise en scène : Freddy Viau
Avec : Laure Meurisse, Mona Lou
Musiques : Bartok, Vivaldi, Bach, Trenet
Costumes : Rick Dijkman
Décors : Nicolas de Ferran
Durée : 1h10
Théâtre de l’Essaïon, rue Pierre-au-Lard, 75004 Paris
Réservations : 01 42 78 46 42 ou sur www.essaion.com
Du 26 août au 6 novembre, les mardis, mercredis et jeudis à 20 heures

Photos DR

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Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2008-09
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