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Festival d'Avignon

9 septembre 2008 2 09 /09 /septembre /2008 01:26
COUP DE CŒUR RUE DU THEATRE

ERE DE CONQUETES, CONQUETE DE L’AIR

La scène du Théâtre 13 vrombit sous les applaudissements quand tombe le rideau. Les spectateurs transportés dans cette formidable aventure de l’aéronautique viennent d’assister à une pièce de haut vol magistralement pilotée par un équipage aussi soudé qu’heureux d’être là. Vertigineux ! Epique ! Renversant !

Trois ans auront été nécessaires pour monter cette pièce, convaincre qu’elle pouvait tenir la route, sans crash avant le décollage. Une épopée qui en raconte une autre. La belle métaphore…

Le Théâtre 13, dont la rigueur et la qualité de la programmation ne sont plus à démontrer, a encore réussi un sacré pari. Après l’épique « Genghis Khan » et l’incandescent « Marie Stuart », pour ne citer que ces deux-là, c’est l’histoire des frères Wright, pionniers de l’aviation, qui atterrit sur cette scène.



Au delà de la simple évocation de ces deux frangins aussi différents de caractères qu’unis dans un même dessein (faire mentir le dogmatisme scientifique pour imposer leurs conclusions sur la toute naissante aéronautique), c’est un vibrant hommage à ces hommes qui osent que rend Georges Dupuis. Hommage également incarné à travers le personnage de la photographe (nous sommes au balbutiement de cet art en ce début du 20ème siècle) qui non seulement exerce un métier nouveau et dévolu aux hommes mais ne se laisse pas embrigader par des principes phallos pourtant bien ancrés dans cette époque. Une pionnière dans son genre bien avant les féministes…



Un spectacle bimoteur

La grande qualité du texte de Georges Dupuis est de permettre à chacun des personnages d’exister vraiment. Ils sont sept sur scène avec des rôles aussi forts, aussi bien écrits les uns que les autres. Leurs différences, leurs antinomies même qu’induit un conflit intergénérationnel ne virent pas à la caricature, véritable gageure dans une pièce dont le propos est résolument tourné vers la comédie. Car on rit beaucoup. De la rigidité du père (pasteur dont les cieux n’ont pas le même potentiel que pour ses deux rejetons et auquel Jean Hache impose une présence stoïque et hiératique à souhait mais drôlissime). De la débonnaireté de Madame Brighton, la restauratrice voisine (irrésistible Firmine Richard, la Juliette chez Coline Serreau et la Madame Chanel de « 8 femmes » d’Ozon) De la juvénile fougue des frangins (qu’incarnent les frères Ivancic, déjà vus dans « Marie Stuart » récemment). De la pétulante fougue de la photographe (Valérie Karsenti dans son élément).

L’épopée au théâtre est un exercice de haut vol. La mise en scène d’Yves Pignot, gadgétisée juste ce qu’il faut (pour un final bien trouvé) a quelque chose de très cinématographique notamment grâce à des flashbacks itératifs donnant un relief supplémentaire au récit de cette épique époque. Modernité et humour : avec ces deux moteurs et un équipage au top, pas de doute que ce spectacle lumineux aux costumes et décors fin 19ème décolle sans la moindre secousse.

Franck BORTELLE (Paris)

Le Vol de Kitty Hawk
De Georges Dupuis
Mise en scène : Yves Pignot assisté de Hélène Lebarbier
Avec Laurent Benoît, Jean Hache, Pascal et Philippe Ivancic, Valérie Karsenti, Firmine Richard, Rosalie Symon
Costumes : Emily Beer
Décors : Jacques Voizot
Lumières : Jacques Rouveyrollis
Théâtre 13, 103A Boulevard Auguste Blanqui, 75013 Paris
Du 2 septembre au 12 octobre
Les mardis, mercredis, vendredis à 20 h 30, les jeudis et samedis à 19 h 30, les dimanches à 15h30
Non-voyants : audiodescription via casque les jeudi et dimanche entre le 18 septembre et le 5 octobre 2008
Durée : 1 h 45 sans entracte
www.theatre13.com
Réservations : 01 45 88 62 22

Photos H. Marcouyau

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Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2008-09
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