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Festival d'Avignon

29 mars 2006 3 29 /03 /mars /2006 01:15
 « SAINT JEAN-BAPTISTE »

Au théâtre de la Madeleine, la scénariste et réalisatrice Coline Serreau a décidé de monter  L’École des femmes et de jouer elle-même le rôle d’Arnolphe. Vieux et obstiné, Arnolphe cherche à s’assurer de la fidélité d’Agnès, sa future épouse. Exigée par le vieil homme, la jeune fille n’a reçu qu’une éducation sommaire de manière à limiter son intelligence et à la contraindre à l’obéissance absolue. « Tant, que j’aimerais mieux une laide, bien sotte, qu’une femme fort belle avec beaucoup d’esprit », répond-il à son ami Chrysalde. Sortie du couvent où Arnolphe l’avait placée depuis ses quatre ans, Agnès est surprise à la fenêtre de sa chambre par le jeune et fougueux Horace. Il s’éprend d’elle et lui fait découvrir les charmes et les joies d’un amour sincère. Naïf, il se confie à Arnolphe (ami de son père Oronte) croyant trouver en lui un confident sincère. S’ensuit une série de quiproquos où Arnolphe voit s’effondrer le monde qu’il s’était créé. Furieux, il tentera de raisonner la jeune fille qui se révèlera de moins en moins servile. « Vous avez là-dedans bien opéré vraiment, et m’avez fait en tout instruire joliment, croit-on que je me flatte, et qu’enfin dans ma tête je ne juge pas bien que je suis une bête ? Moi-même j’en ai honte, et dans l’âge où je suis je ne veux plus passer pour sotte, si je puis. »

Cette pièce écrite en 1662 se joue des mœurs de l’époque et de ce que l’on appelait sournoisement « le mariage de raison ». L’amour véritable enrichit et grandit celui qui l’éprouve ; voilà l’école des femmes. Coline Serreau a choisi d’interprèter le rôle d’Arnolphe ; est-ce novateur ? Choquant ? Surprenant ? Déstabilisant ? Non, car elle est avant tout un clown dans cette pièce, aséxué. Et nous ne voyons pas la femme prendre le rôle d’un homme. Elle s’agite comme un pantin, fait des pantomimes et pousse son personnage vers la farce. Les autres comédiens tels les Augustes surenchérissent et vociférent jusqu’à nous faire perdre le fil du texte. Le travail sur les inflexions manque de nuances et de finesses ce qui rend la compréhension des dialogues mal aisée.
La fougue du jeune Horace est celle d’un halluciné. Est-ce un parti pris de le faire courir à tort et à travers sur scène et de l’entendre déclamer son texte à corps et à cris ? Dirigés de la même façon, les autres acteurs, avec moins d’apparitions sur scène, faut-il le préciser, s’en sortent mieux. Les valets d’Arnolphe dans un numéro complémentaire éprouvent de la difficulté à être justes tandis que le notaire en débardeur court et moulant "rappe" vaguement son texte.

Les costumes colorés et destructurés accompagnent les comédiens dans cette mise en scène burlesque. Même la scénographie aurait pu être intéressante mais la répétition des chutes des pans de rideaux finis par lasser. Il faut attendre la dernière scène pour voir apparaître le plus beau tableau de la pièce ; des branches illuminées apparaissent des coulisses et une luminosité toute particulière couvre la scène silencieuse. La chute du rideau met un point final à ce spectacle qui manque malheureusement de subtilités et d’audace. Non, décidement, préférez au sein de Coline Serreau, le texte de saint Jean-Baptiste Pocquelin.

Priscilla GUSTAVE-PERRON (Paris)

L'École des femmes, de Molière
Mis en scène par Coline Serreau
Théâtre de la Madeleine 19 rue de Surennes 75008 Paris
Réservation 01 42 65 07 09
Une production Théâtre de la Madeleine - Théâtre de la Porte Saint-Martin

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Published by Priscilla GUSTAVE-PERRON - dans Chroniques 2005-06
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