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Festival d'Avignon

15 septembre 2008 1 15 /09 /septembre /2008 00:45
LA PURE FOLIE DES HOMMES

Présenté dans le cadre de la 9ème édition du Festival Rue Léon « Léon l’Africain », ce texte admirable de l’Ivoirien Koffi Kwahulé est défendu corps et âmes par un Denis Lavant transcendé qui hante la scène pendant une heure et demie et les mémoires longtemps après les applaudissements. Immanquable.

Qui est Monsieur ? Qui est Stan ? N’y a-t-il qu’un seul personnage comme il n’y a qu’un seul acteur sur la scène ou sont-ils vraiment deux ?
Où sommes-nous ? Qui sommes-nous ? Spectateurs d’un jeu proche du cirque ou acteurs voyeurs d’une mort en direct après interrogatoire aussi cruel qu’absurde ?
Celui qui exige de se faire appeler Monsieur, c’est le bourreau. Un bourreau d’obédience parnassienne. « Pas un petit bourreau merdeux . Un artiste». Sa victime s’appelle Stan parce que Monsieur en a décidé ainsi. Monsieur veut faire de cet interrogatoire son œuvre d’art. Délire de mégalomane mais avec des moyens ridicules, grossiers. Ce qui ne l’empêche pas de citer Cocteau mais dans une anecdote des plus graveleuses. Monsieur finit par s’enfermer dans sa propre névrose alors que Stan, à force de silence, devient presque bourreau.



Crudité, cruauté, lucidité

L’intrigue qui amène cet interrogatoire n’est qu’un prétexte. Le propos n’est pas là. Dans son texte admirable de crudité, de cruauté mais aussi de lucidité, l’Ivoirien Koffi Kwahulé met le spectateur face à ses démons parfois les plus enfouis. La dichotomie bourreau/victime prend ici toute sa puissance dans l’implacable machine de l’interrogatoire où se perdent ces deux êtres qui n’en sont qu’un sur la scène. Un subtil jeu de miroirs en somme doublé d’un parcours initiatique sans retour. Tout cela par la force du mot, par la force du besoin de les exprimer. Besoin de sortir d’un anonymat mortifère, maladie de ce siècle pourtant saturé de moyens de communication. Emphase et décadence d’un monde qui ne tourne plus très rond.

Le décor est quasi inexistant. La scène prend les allures froides d’une salle de torture au beau milieu de laquelle, un comédien. Un vrai. L’acteur fétiche de Léos Carax que quelques poignées de spectateurs auront également vu dans l’excellent « Camping sauvage » il y a quatre ans livre une composition sidérante. Mêlant expressionnisme brutal avec un jeu de mimiques faciales, numéro de cirque qui déclenche quelques rires et une performance vocale bluffante en alternant les deux voix dans les limites parfois d’une même phrase, viscéralement habité par son double rôle, il est la tête et les jambes (car l’exercice physique est aussi de la partie) de ce spectacle indispensable à plus d’un titre car aussi intemporel que tristement contemporain.

Franck BORTELLE (Paris)
Big Shoot (Paris)
Texte de Koffi Kwahulé
Mise en jeu : Michèle Guigon
Avec Denis Lavant
Théâtre du Lavoir Moderne, 35 rue Léon, 75018 Paris (Métro Château-Rouge)
Réservation : 01 42 52 09 14
www.rueleon.net
Présenté dans le cadre du 9ème festival Rue Léon « Léon l’Africain » du 20 août au 14 septembre, ce spectacle sera repris au Lavoir Moderne à partir du 8 octobre.




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Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2008-09
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