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Festival d'Avignon

15 septembre 2008 1 15 /09 /septembre /2008 01:03
QUAND LE TANGO SE DECHAÎNE

Spectacle argentin qui a fait vibrer Buenos Aires, « Tanguera » vient aujourd’hui échauffer les planches du théâtre du Châtelet à Paris le temps d’un show chorégraphié tout en tension. Danse, musique, décor, tout est ici réuni pour étourdir le spectateur. On se laisse prendre au jeu aisément sans toutefois être pleinement transporté.

« Tanguera » s’ouvre sur un bandonéoniste inspiré qui plonge le public dans l’atmosphère tortueuse du tango. Après cet intermède musical joliment interprété, le rideau se lève sur plusieurs personnages déambulant dans le quartier mal famé de la Boca, à Buenos Aires. L’histoire, racontée en trois chansons, prend place en pleine vague d’immigration, au début du XXe siècle. L’héroïne est une jeune française immigrée, Giselle. Cette passionnée de tango va connaître une série d’expériences initiatiques qui vont l’amener à découvrir la vie de bordel et à se perfectionner en danse au contact de deux hommes. Amour, mort, prostitution, rivalité et déception sont autant d’éléments qui vont rythmer les aventures tumultueuses de Giselle.



Ce mélodrame, qui puise sa source dans les poncifs du genre et qui est on ne peut plus prévisible, n’est en fait qu’un prétexte pour donner vie aux multiples danses qui ponctuent le spectacle. Plus ballet que comédie musicale, l’intérêt de « Tanguera » réside avant tout dans la qualité des danses, l’éclectisme de la musique, le rythme enlevé de la mise en scène et l’esthétique des décors. Le spectateur se laisse séduire par une frénésie qui va crescendo : l’abondance croissante de chorégraphies vives et le soin apporté aux effets visuels, de plus en plus inquiétants et sombres, permettent d’accentuer la dimension dramaturgique du spectacle.

Sexe ou sensualité ?


Si on ne peut que s’incliner devant la performance dynamique et enthousiaste des 30 danseurs, une question reste sur les lèvres. Le tango est-il une danse à ce point sexuelle ? Les chorégraphies suggestives de Mora Godoy et l’utilisation ambiguë de la danse lors des scènes de bordels, fait glisser la sensualité propre au tango vers une sexualité particulièrement marquée et phallocrate. Cette érotisation excessive du tango, qui va pourtant dans le sens de l’histoire, enlève de ce fait le charme et l’élégance qui caractérisent d’habitude cette danse impérieuse. Moins « d’exhibition » aurait paradoxalement donné plus de force au spectacle.

On regrette donc que « Tanguera » tâtonne entre ballet et comédie musicale car c’est justement cette hésitation qui lui fait perdre de son ampleur émotionnelle et artistique.

Cécile STROUK (Paris)

Tanguera (Paris)
Auteur : Diego Romay et Dolores Espeja
Mise en scène : Omar Pacheco
Chorégraphie : Mora Godoy
Direction musicale, arrangements et composition : Gerardo Gardelin
Décors : Valeria Ambrosio
Costumes : Cecilia Monti
Lumières : Ariel Del Mastro
Orchestre : Buenos Aires Tanguera Ensemble

Du 2 au 21 septembre 2008 au théâtre du Châtelet, du mardi au jeudi à 20h, du vendredi au dimanche à 15h et 20h

Photo DR

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Published by Cécile STROUK - dans À Paris 2008-09
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