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Festival d'Avignon

17 septembre 2008 3 17 /09 /septembre /2008 21:08
C'EST LA FAUTE AUX HORMONES, SIMONE !

Deux silhouettes noires, de dos, sur un haut tabouret. La première est tout en longueur, un "élègant spaghetti". La seconde est plus rebondie, avec un "certain répondant". Deux croquis, deux visions sur La Femme, cette "moitié du monde" que la parolière Anne Sylvestre a su traduire à travers une plume incisive, drôle et sensible, mais jamais complaisante.

Souvent, femme varie... aime à dire ce vieux proverbe macho comme le monde. Capricieuse, lunatique, hystérique, gracieuse, tendre, sensible, bougonne, la Femme, "la bourgeoise", comme on l'appelle, est à elle seule toute une galerie d'humeurs et de personnalités.

Justement, à partir de ces défauts, les deux comédiennes, Katia Redier et Anne Veyry, prennent de la hauteur. D'abord, sur un tabouret, puis dans l'élégance poétique des vers d'Anne Sylvestre.


Dans la pénombre bienfaisante de l'Essaïon dont la superficie favorise l'intimité entre les acteurs et le public, deux voix s'élèvent dans une protestation rude sur l'attribution du Péché Originel. C'est la faute à Eve, paraît-il. De là, les ennuis commencent pour les descendantes de la pécheresse. Et d'en conclure "J' irai en enfer tout droit. Le Bon Dieu est misogyne, mais le Diable, il ne l'est pas !" Le ton est donné. Nous sommes de celles sera tour à tour satire, pamphlet, tranches de vies, le tout dans un marathon d'une heure où moments de drôlerie, de tendresse et de poésie pure parleront de La Femme dans tous ses états.

Benoîte, Guliverte, Simone, les blondes, les rondes, les brunes et les autres...

Dès les premiers personnages, on s'emballe pour ces frangines. La gouaille de Benoîte "qu'a mis l'bonheur au frais", la ballade moyenâgeuse de Guiliverte, les bien-pensantes et contrites vertus de bourgeoises qui "n'se voient pas du tout", la connivence féroce entre deux ex-amantes d'un
petit bonhomme "tout feu, tout braise", s'emballent dans une diction des plus séduisante.



Et leurs prières au Seigneur, jusque dans le métro, ne les délivreront pas de "ces filles sans fesses", ces ingrates au 36 de salsifis. Oh non, le Tout-Puissant se vengera, à coup sûr, prenant en traître toutes ces Venus pleines de confiance par l'arrivée d'une blonde, à qui les hommes "font la haie".Résultat, "en deux secondes, le ciel s'obscurcit (...) Et  le monde entier nous oublie". Le spectateur, quand à lui, se régale de ce duo parfaitement coordonné sur fond de guitare et de mandoline. Car, il émane de Katia Redier et d'Anne Veyry une telle complicité que leur tandem fonctionne à merveille, équilibrant les moments de lumière sur chacune.

Diatribe sur les filles de pub irréelles, gueuloir criant en boucle un obsédant « C'est la faute aux hormones, Simone, c'est la faute aux hormones ! »  pour expliquer l'insondable mystère féminin, Nous sommes de celles dilue aussi de véritables instants de grâce et d'émotions où la poésie pure nous parle de la jeunesse qui fleurit, de la maternité, de la sexualité jusqu'à la vieillesse où le renoncement à toutes ces belles colères et à toutes ces vacheries magnifiques est inéluctable.
Nous sommes de celles est un hymne à l'identité féminine, une ode à la liberté, un délicieux réticule de petites cruautés où il fait bon fouiller pour en extraire le trésor des mots.

                                                                   Marie-Pierre CREON (Paris)


Nous sommes de celles, une version théâtrale des chansons de Anne Sylvestre.
Interprétation et mise en scène: Katia Redier et Anne Veyry
Musique : Mandolines et guitares, Ensemble Gabrielle Leone
Lumières : Rémi Godfroy

Du 27 aôut au 27 septembre 2008, du mercredi au samedi à 20H. Puis du 29 septembre 2008 au 26 janvier 2009 tous les lundis à 20h. Durée : 1h05
Réservations : Théâtre de l'Essaïon, 6 rue Pierre au Lard (à l'angle du 24 rue du Renard), 75004 Paris. Métro: Rambuteau/ Hôtel de Ville.
Téléphone : 01-42-78-46-42 ou www.essaion.com


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Published by Marie-Pierre CREON - dans À Paris 2008-09
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