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Festival d'Avignon

18 septembre 2008 4 18 /09 /septembre /2008 23:34
UNE GENESE EN LUPANARD

Trazom, c’est l’anagramme de Mozart. Dans une hypothèse folle, Dorine Hollier a imaginé les sources d’inspiration de Wolfgang. Et si les alcôves enfiévrées des maisons closes parisiennes renfermaient la genèse d’une œuvre ? Et si L’Enlèvement au Sérail devait aux ondulations d’une catin dans ses voiles d’orient ? Ou Dom Giovanni à l’inconstance d’un roi ? C’est ce que propose Trazom, dans une joyeuse mise en scène colorée et rebondie.

Lors d'une de ses tournées Européennes, Trazom, 15 ans, accompagné par son père Léopold, vient se produire à Paris, à la Cour. Ce jour là, le 17 mai 1771, les mathématiciens du Roi ont prédit une éclipse solaire et Trazom, accidentellement séparé de son père, se voit contraint de se réfugier dans la première hôtellerie à proximité répondant au jeu de mots coquin de «  La Flûte Enchantée ». Dans sa grande naïveté, il ignore qu'il s'agit en fait de la première maison close de Paris. Tenu par Madame Regina della Notte, ce lieu de perdition, microcosme coloré, miroir décalé de la société de l'époque, est le tableau de nombreuses scènes que le jeune Trazom emmagasinera dans son esprit.


Il joue divinement bien du clavecin. Entre ses mains prodiges naissent les plus beaux opéras, les plus beaux morceaux de musique. Il est jeune, passionné par l’amour qu’il ne connaît pas. Son père étouffe sa fougue d’étalon dans les boursoufflures grossières d’un pantalon et d’une veste aussi grande qu’un étendard. Et, sous la perruque immaculée affublée d’un énorme nœud de satin bleu pâle, git un corps d’adolescent tourmenté par le désir. Alors, imaginez donc le jeune Trazom délesté de toute autorité paternelle lâché dans une maison de plaisirs ! Dans les costumes somptueux du XVIIIème siècle, dans l’éclipse faisant s’agiter de ténébreuses silhouettes dans un ballet envoûtant, dans un décor au Baroque stylisé, le spectateur entre dans cette folle nuit, fruit des caprices du soleil et de la lune. Dans ce barnum de péripatéticiennes où la sainte côtoie la dominatrice, la vierge à l’escarpolette, la pirate sabrant les cœurs, on rit, on batifole…en chansons ! Rien de sérieux dans Trazom, même les larmes ont le goût de la fantaisie.

Les leçons du boudoir


C’est ainsi que d’intrigues en intrigues, amoureuses et politiques, le jeune Mozart va découvrir en une étrange journée masquée par la lune, l’envers du monde laissant tomber subitement le masque des apparences : un roi prêt à abandonner son royaume pour les beaux yeux d’une courtisane, un paternel autrefois pris dans les affres de la passion, le goût du travestissement, la vierge prédatrice en jupons blancs, la rouerie féminine, la tentation de la chair, l’ivresse amoureuse et même de la magie noire…

Trazom concentre dans un spectacle léger et enlevé les prémisses de l’œuvre future de Mozart inspirée par une galerie de personnages hauts en couleurs. Servi par des chanteurs et danseurs de talent, dans une mise en scène sautillante et pleine de fraicheur où la musique a la modernité des spectacles de Broadway, Trazom se laisse écouter et regarder avec un plaisir d’enfant. Et déguster comme une gourmandise aux mille saveurs.


                                       Marie-Pierre CREON (Paris)

Trazom
Paroles et livret : Dorine Hollier
Musique : Fréderic Dunis
Mise en scène : Dorine Hollier
Assistante mise en scène : Céline Ronte
Chorégraphie : Laurie May
Décor : Farru
Lumière : Jean Tantaroli
Costumes : Mucha
Au Théâtre des Variétés, du 16 au 20 Septembre 2009 à 20h30.
7 boulevard Montmartre, 75002 Paris.
Métro : Drouot-Grands Boulevards. Tarifs : de 20 à 38 euros.

Photo DR

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Published by Marie-Pierre CREON - dans À Paris 2008-09
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