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Festival d'Avignon

23 septembre 2008 2 23 /09 /septembre /2008 15:46
DELIRANTES POQUELINADES 
 
Pascal Zelcer sort du tiroir le méconnu texte en alexandrins d’un auteur quasiment oublié pour en faire un spectacle pétillant et résolument moderne grâce à un énorme travail de mise en scène. Pari réussi : l’ensemble est aussi drôle qu’inventif.  Et kitschissime à souhait !

L’intrigue des « Folies amoureuses » est à l’image de la vie de son auteur : à cheval entre Molière et Marivaux. Jean-François Regnard (1655-1709) s’exprime en alexandrins comme le Sieur Poquelin dont il emprunte pléthore d’expressions mais le fond lorgne plus souvent du côté de l’auteur du « Jeu de l’amour et du hasard ».

La jeune Agathe est enfermée par son terrible tuteur Albert, un homme jaloux et possessif qui veut lui ériger une prison dorée. La servante de ce dernier soutient la malheureuse car elle subit le même sort. Albert, sentant que son âge va lui faire perdre Agathe projette de l’épouser alors que la jeune femme n’a d’yeux que pour le jeune et sémillant Eraste. Un stratagème pour confondre le tyran va être élaboré par les deux femmes, aidées par Eraste et le valet de ce dernier, l’espiègle Crispin.



Folies tous azimuts

Loin des spectacles empesés et corsetés mettant en scène tous les Alceste, Trissotin et autres Sganarelle, cette adaptation énergique d’un texte du 17ème siècle ne se contente pas d’affirmer un modernisme total. Elle donne souvent à en rire. C’est ainsi que notamment notre fâcheuse propension aux liaisons dangereuses (lorsque nous parlons, bien sûr, Choderlos de Laclos n’a rien à voir là-dedans…) trouve ici un écho très drôle par un simple effet de mise en scène, tout comme notre incoercible prurit à nous montrer, nous mettre en valeur. Ainsi le micro et le playback s’invitent-ils, tout comme la vidéo, à ce spectacle qui fait donc un bond radical de son 17ème natal vers nos ères de l’image et du caméscope.
Erigé en postulat dans cette énorme déconnade, le décalage prend aussi son ancrage dans la diction des alexandrins. Les comédiens réussissent ce tour de force de ne jamais les déclamer tout en appuyant suffisamment la cadence à douze pieds et les rimes, allant jusqu’à accentuer les hiatus, ce qui évidemment provoque les rires.



Très accessoirisée et énergique, cette pièce qui érige un pont entre les Lumières déjà lointaines et notre sombre XXIème siècle ne se prend jamais au sérieux et même en rajoute dans la totale fantaisie grâce à cet énorme travail d’un metteur en scène qui maîtrise son art à la perfection. N’hésitant pas à recourir à la technique ni aux effets de pur burlesque, Pascal Zelcer sait utiliser l’espace scénique dans toute ses dimensions. Mais tant qu’à parler de dimension, on retiendra forcément celle du comique qui habite ce spectacle auquel les comédiens, pris dans ce tourbillon de folie, insufflent jeunesse, fougue et talent.

Franck BORTELLE (Paris)

Les Folies amoureuses
De Jean-François Régnard
Mise en scène : Pascal Zelcer
Assistante à la mise en scène : Elodie Kugelmann
Costumes : Sophie Papiernik
Lumières : Eric Blévin
Scénographie : Charlotte Villermet
Vidéo : Yann de Sousa
Avec Frédéric Chevaux, Benjamin Guillard, Lara Neumann, Laurent Richard, Anne Saubost
Au Vingtième Théâtre, 7 rue des Plâtrières, 75020 Paris (Métro : Ménilmontant)
Tel : 01 43 60 01 13
Du 5 septembre au 26 octobre 2008
Du mercredi au samedi à 21h30 et le dimanche à 17h30
Durée : 1h30

Photos : Matthieu SALAS

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Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2008-09
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